vendredi 1 juin 2018

Aunkai à Tōkyō

Revenir à Tōkyō pour pratiquer l'Aunkai est toujours un moment que j'apprécie particulièrement, car ce sont des occasions rares de voir Akuzawa sensei et ses étudiants, de ressentir comment leur pratique a évolué et d'essayer de saisir un peu plus la complexité des principes biomécaniques utilisés en Aunkai.Aunkai est simple. Pas facile. C'est le meilleur résumé de ce que l'on ressent lorsqu'on pratique l'Aunkai. La plupart des arts martiaux se concentrent sur le fait d'ajouter: l'ajout de techniques, l'ajout de puissance, la construction vers la complexité. Au fur et à mesure que les élèves progressent, ils apprennent de nouveaux katas, de nouvelles formes, de nouvelles techniques. Aunkai prend le chemin inverse, et il est avant tout question d'enlever: enlever les tensions, enlever la force, enlever tout sauf l'essentiel. C'est simple en effet, car il suffit de faire ce qui est nécessaire. Mais ce n'est clairement pas facile car cela nécessite de re-câbler profondément notre cerveau et notre corps, de la même manière que vous changeriez le système d'exploitation de votre ordinateur ou de votre téléphone.

Pour ce séjour, j'étais accompagné par mon ami aikidōka, Christian et je suis heureux d'avoir pu lui permettre de ressentir en direct la pratique de sensei. Si je peux donner une idée du potentiel d'Aunkai, et si Rob a déjà donné plus de précisions lors de ses stages à Hong Kong, toucher directement sensei est une expérience qui marque quelqu'un, car seule une poignée d'adeptes peut montrer ce niveau de qualité corporelle.Le contenu a a été relativement intense. Séminaire avec sensei et les élèves de Rob le samedi matin, cours réguliers le soir, cours particuliers le dimanche, cours réguliers le jeudi soir, entraînement avec Rob et ses élèves le samedi matin et retour au Hombu le samedi. C'était tout simplement génial, sensei nous a montré certains éléments que nous n'avions pas vus auparavant, ou du moins pas de cette façon, et qui mettent en lumière bon nombre d'autres choses qu'il fait.  

Un accent particulier a été mis sur les atemi le premier week-end. Les coups de poings et de pieds en Bujutsu diffèrent beaucoup de ce qui est couramment pratiqué dans les sports de combat ou dans la plupart des pratiques martiales actuelles. Dans un contexte de Bujutsu, frapper consiste à transférer son poids et sa force au corps de l'adversaire. C'est très différent d'un jab qui vise à maintenir la distance, atteindre une cible éloignée, ou percuter. Le dernier samedi s'est concentré beaucoup plus sur le travail au corps à corps, avec beaucoup d'exercices avec partenaire (kuzushi ou des exercices de push out en libre).



Aller à Tōkyō est toujours une expérience formidable qui me permet de m'entraîner avec sensei, mais aussi avec ses élèves, dont certains s'entraînent sous sa direction depuis déjà de nombreuses années, deux fois par semaine, et sont donc une incroyable source d'idées nouvelles. Comme déjà mentionné, Aunkai est loin d'être facile. Akuzawa sensei a une qualité de mouvement que seule une poignée d'adeptes a, et cela va avec une conscience du corps extrêmement aiguë. En tant que simples mortels, nous en comprenons des bouts.  Mais pas toujours les mêmes en fonction de notre corps, de notre état d'esprit ou de notre parcours martial, et avoir l'opportunité d'échanger avec les élèves avancés de sensei tels que Rob, Miyakawa-san, Gernot , Murata-san est toujours pour moi une grande source d'inspiration.


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