lundi 23 avril 2018

Que peuvent nous apprendre les maitres du passé?

Cet article a été publié dans Dragon Spécial Aikido en janvier 2018.


L’apprentissage d’un art martial traditionnel venu d’extrême orient n’est pas anodin. Il nous place dès le départ dans une lignée, une tradition dont nous ne sommes finalement qu’un rouage. Dans le cadre de cette transmission il est fréquent de se référer à deux types de personnes : notre professeur ou nos référents techniques, et les maitres du passé. S’il semble évident de se référer à nos référents techniques, contemporains qui nous transmettent leur savoir, on peut en revanche se demander ce que peuvent nous apporter des maitres décédés depuis plusieurs années quand ce ne sont pas plusieurs siècles.

Je disais que le choix d’un art extrême oriental n’est pas anodin car il est souvent lié à une certaine image que l’on a du Japon, de la Chine, ou du pays d’origine quel qu’il soit. La légende du Samurai vertueux, prêt à jeter son sabre à terre après avoir désarmé son ennemi sur le champ de bataille pour continuer le combat à armes égales a la peau dure, comme l’ont d’autres images d’Epinal. Pour le pratiquant d’Aikido, la référence la plus universelle sera évidemment le fondateur, Morihei Ueshiba, auquel s’ajouteront les référents plus proches à l’ origine de la lignée choisie. Chaque école a ses fondateurs et piliers auquel il est de bon ton de se référer. Les Judoka s’intéressant à la tradition parleront de Jigoro Kano et Kyuzo Mifune avec émotion, les Karateka Shotokan de Gichin Funakoshi et probablement de Taiji Kase s’ils sont en France. De manière plus générale les pratiquants de Budo se réfèreront assez facilement à des adeptes d’exception comme Miyamoto Musashi ou Munenori Yagyu dont les ouvrages sont parvenus jusqu’à nous.

Jigoro Kano and Kyuzo Mifune



Pourquoi se référer aux adeptes du passé ?
 

Ayant des enseignants vivants et capables de nous enseigner, on peut se demander quel est l’intérêt de se référer à des adeptes ayant vécu il y a des décennies et dont nous ne pourrons malheureusement jamais sentir la technique. C’est pourtant logique dans le cadre qui nous intéresse, celui d’une tradition martiale, puisque nous cherchons à marcher dans les pas de ceux qui nous ont précédés et qu’il semble donc utile, à défaut d’être nécessaire, de comprendre ce que furent leurs pratiques. Avec les limitations que l’on connait parfois.

 Loin de moi l’envie de tirer sur l’ambulance, mais la référence à O’Sensei par exemple peut facilement prêter à sourire quand elle justifie des choix de pratique aussi divers qu’opposés. Il est évident que la pratique du fondateur a évolué avec le temps et que ces différentes pratiques peuvent légitimement s’y référer malgré leurs grandes différences, de même que l’on peut facilement accepter le fait qu’il est difficile de justifier sa pratique en la faisant reposer essentiellement sur le ressenti d’une personne que nous n’avons pas connue.

Morihei Ueshiba and Minoru Mochizuki


Les arts asiatiques ne sont d’ailleurs pas les seuls dans ce cas. Les Arts Martiaux Historiques Européens (AMHE) s’ils ne se réfèrent pas forcément a des individus mais plutôt à des Codex font face à un problème similaire puisqu’il s’agit avant tout d’interpréter les sources disponibles tout en acceptant qu’une interprétation n’est qu’une interprétation et que sans machine à voyager dans le temps il sera impossible d’obtenir une confirmation que notre compréhension est la bonne. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille ignorer les écrits et paroles qui sont parvenues jusqu’à nous, bien au contraire.


Les maitres du passé : entre légende et inspiration 

De nombreuses informations parviennent jusqu’à nous et si elles sont évidemment partielles, elles contiennent aussi de grandes sources d’inspiration pour peu que l’on puisse séparer la légende de la réalité. La légende a évidemment son intérêt, et je ne crois pas trop m’avancer en disant que beaucoup d’entre nous ont commencé les arts martiaux grâce à ses légendes. Qui n’a pas eu l’espoir secret de voir les trajectoires des balles comme O’Sensei ou de battre des taureaux à mains nues comme Mas Oyama ? Au-delà de la réalité parfois améliorée des faits, chercher à comprendre ce que fut la pratique d’un homme, sa façon de s’entrainer ou d’enseigner, peut être aussi sa façon d’être au quotidien sont autant de clés de compréhension pour nous, modestes pratiquants sur la voie.

Mas Oyama


Des ouvrages de qualité existent d’ailleurs qui nous permettent d’avoir une idée plus juste de ce qu’était la pratique des anciens. L’excellent ouvrage « Aikido : Les maitres d’avant-guerre » de feu Stanley Pranin est de ceux-là, et c’est personnellement un ouvrage que j’ai plaisir à lire et relire car il livre des informations croisées sur ce qu’étaient les premiers pas de l’Aikido, à travers des interviews des grands pratiquants de l’époque. Plus récemment, le blog Aikido Sangenkai de Christopher Li est également devenu une source au contenu considérable qui permet de se faire une meilleure idée de ce qu’était l’Aikido des débuts et de l’évolution qu’il a subie au fil des années. Comprendre ce qu’était ce point de départ, le point où nous sommes aujourd’hui et le chemin qui les relie est je pense extrêmement positif pour comprendre la richesse de notre pratique, quelle qu’elle soit.

Les pratiquants s’intéressant au principe Aiki et aux origines du Daito Ryu auront surement aussi regardé du côté des ouvrages de Tatsuo Kimura sur Sagawa sensei, contemporain d’O’Sensei réputé pour sa maitrise de l’Aiki et bien connu des pratiquants d’Aunkai puisqu’il fut l’un des enseignants d’Akuzawa sensei. En tant que pratiquant d’Aunkai, je reconnais que ces ouvrages ne sont jamais bien loin de ma table de chevet et que je me réfère aux citations du maitre régulièrement. Si celles-ci avaient peu de sens à ma première lecture, elles en gagnent au fur et à mesure que j’avance dans ma pratique et que ma compréhension s’affine. Encore une fois quand on parle des maitres du passé et en l’absence de contact direct tout est affaire d’interprétation. Rien ne nous empêche en revanche, au contraire même, d’aller à la rencontre de personnes ayant côtoyé ces maitres pour obtenir des informations de première main quand cela est possible.

Si la légende tient de la mystification (ou du marketing), l’inspiration en revanche est beaucoup plus positive. Les retours de pratiquants ayant côtoyé O’Sensei sont par exemple unanimes et laissent percevoir une pratique d’un niveau exceptionnel. Les personnes ayant reçu sa technique se font bien sûr de plus en plus rares mais les pratiquants qui auront été considérés comme contemporains par les plus avancés d’entre nous deviennent à leur tour des « maitres du passé » pour les nouvelles générations arrivées trop tard pour les rencontrer.

Yukiyoshi Sagawa
 
 

Les maitres du passé : des précurseurs qui nous ouvrent la voie

Les images et propos de ces maitres sont une invitation à explorer la pratique avec la plus grande conviction, pas à faire un travail d’archéologue pour comprendre comment reproduire à l’identique ce qui fut la pratique d’un homme à un instant T. Une chose que les plus grands adeptes nous ont apprise est que leur pratique a sans cesse évolué. Quand je regarde ceux à l’origine des arts que je pratique, Mochizuki sensei (Yoseikan Aikido) et Sagawa sensei (Daito Ryu Aikijujutsu), je vois des hommes qui n’ont eu de cesse de chercher, d’approfondir, de modifier l’enseignement qu’ils ont reçu, et qui auraient continué à le faire si le temps n’avait pas eu raison d’eux. C’est ce refus d’une pratique figée qui leur fait traverser les décennies pour arriver jusqu’à nous. Si Morihei Ueshiba avait simplement enseigné le Daito Ryu tel qu’il l’avait reçu de Sokaku Takeda, parlerait-on de lui aujourd’hui ?

Forts de ce constat, nous devons nous appuyer sur l’exemple de ces maitres, leur volonté d’aller plus loin, pour nous même chercher à les dépasser et non juste à les copier, et peut-être un jour devenir nous-mêmes des « maitres du passé ».



vendredi 13 avril 2018

Paroles d'experts - Lionel Froidure

Lionel Froidure est le fondateur d'Imagin'Arts et d'En Terre Martiale. Né dans une famille de Karateka, Lionel est tombé dans le chaudron quand il était petit et il partage aujourd'hui sa passion à travers ses cours mais aussi ses nombreux DVDs et documentaires, ainsi que ses articles que vous pouvez retrouver sur le blog d'Imagin'Arts. 6e dan de Karate et 4e d'Arnis Doblete Rapilon, Lionel est un pratiquant acharné et travailleur dont la qualité du travail n'a d'égale que sa gentillesse et son ouverture d'esprit. 

J'ai eu la chance en 2013 de rencontrer Lionel lors d'un stage à Paris avec Washizu sensei et de passer une bonne partie de la soirée à discuter avec lui et cela reste pour moi une de mes plus belles rencontres. Je ne peux que vous inviter à rencontrer Lionel si vous en avez l'occasion et à défaut à suivre son travail.




1. As tu une routine matinale (liée ou non aux arts martiaux) ?

Tous les matins, je me lève plutôt tard la plupart du temps, mais je me couche tard. Cela peut expliquer. Debout à 8h et tous les matins je m’occupe de mon fils. Le soir je suis en cours, donc je profite de toutes les matinées pour être avec lui, lui donner une bonne énergie pour qu’il commence bien sa journée. Ces moments avec lui, me rappellent les choses importantes : la famille. Sans ma famille qui me soutient dans tout ce que je fais, je ne pense pas que je pourrais le faire. Pour l’instant il est trop petit pour comprendre que papa n’est pas là comme les autres papas, mais j’espère qu’il le comprendra, l’acceptera et pourquoi pas, partagera la même passion que moi du tatami.

Après l’avoir déposé, mon autre routine, avant de commencer à travailler, je prends 10 minutes pour me faire un réveil articulaire et musculaire. Relâchement, décontraction, auto-massage. Tout pour mettre le corps en route et en même temps cela me permet de faire le point sur la journée qui commence : Point urgent et important, point urgent mais pas important, point pas urgent mais important et bien sur les pas importants et pas urgents. Cela me permet de mieux gérer mon temps et d’être plus efficace.  Ce n’est qu’ensuite, que j’ouvre mon ordinateur, me connecte aux réseaux, regarde mes emails et commence mes montages (pas forcément dans cet ordre 😃)

2. Si tu avais seulement 10 minutes pour pratiquer, que ferais-tu ?

Si j’avais, en fait des fois je n’ai pas 10 minutes mais le peu que j’ai ces jours là, je fais de la visualisation ou je relis mes notes.

3. Quel est le meilleur investissement que tu aies fait sur toi-même? Sur d'autres?

Se nourrir sans attendre d’être nourri. Je pense que c’est une façon peu orthodoxe de pratiquer pour la plupart des pratiquants mais pour beaucoup de mes amis et frères d’armes, c’est la seule manière de réellement investir à très long terme dans sa pratique. Ne pas attendre d’être digne de recevoir tel enseignement, ne pas attendre que l’on donne une réponse à la question que tu ne peux pas poser, ne pas rester en arrière et attendre que l’on te dise, mais viens donc devant petit, tu verras mieux. Je vais de l’avant, je glane les informations, je pose mes questions à tous ceux qui veulent bien me répondre, peu importe l’art martial. Le but étant de trouver d’abord ce qui nous manque dans notre pratique puis d’aller le chercher auprès de ceux qui connaissent la réponse. Une fois la réponse acquise, savoir s’entraîner seul avec comme objectif d’implémenter ce nouveau savoir.

Sur d’autres : J’ai formé un certain nombres d’élèves et la vie à fait qu’ils sont partis dans une autre région. On le sait très bien, les élèves ne nous appartiennent pas. Il est donc important à mon sens de leur donner les outils pour qu’ils puissent un jour continuer leur chemin, leur apprendre à s’entraîner seul, à comprendre analyser décortiquer tout ce qu’il les entoure. Ce qui en fera peut-être des pratiquants libres qui pourront s’intégrer partout et se nourrir dans les cours, les stages et trouver ce dont ils ont besoin. Le pire, pour un avancé, est je pense, de toujours attendre que l’enseignant vous donne les informations que vous avez besoin. Vous devez aller au devant, ne pas attendre.


Lionel au Yoseikan Dojo à Shizuoka, Japon, lors d'un documentaire En Terre Martiale

4. À ton avis, quelles sont les principales erreurs que font les gens lorsqu'ils pratiquent? Au contraire quels sont les éléments que tu penses être faciles pour les gens dès le début de la pratique ?

Ils veulent aller plus vite que la musique. Nous vivons dans un monde où l’on doit arriver à tout faire dans l’instant sinon on passe à autre chose. C’est bien malheureux, car on oublie la nécessité de prendre du temps pour y arriver. Demandez à un forgeron de vous faire une lame dans l’heure, vous verrez ce qu’il vous dira. Du temps, du temps. Il me faut plus de temps pour faire une lame de qualité. Sinon tu peux aller au supermarché et en acheter une.

Mais le temps ne fait pas tout, il faut qu’il soit associé à un dur labeur et une introspection personnelle sur son évolution et sa compréhension. Il faut du temps et beaucoup d’entraînement pour pouvoir avancer. Seul ceux qui s’entraînent beaucoup et constamment réussissent à progresser. Et plus on avance, plus on rentre dans de la motricité fine et plus cela prend du temps. Comme quand on passe de la forge au polissage. Les premières années de pratique nous forgeons, les années suivantes on s’affute, on polit, on enlève le superflu en ne gardant que l’essentiel.

Une chose facile quand on débute est d’aller s’entraîner. Régulièrement n’est plus très simple de nos jours mais avec de la volonté, et une bonne gestion de son planning c’est réalisable. Ensuite rien n’est simple pour un débutant, il arrive dans un monde dont il ignore tout : techniques, culture, étiquette, vocabulaire… Il doit tout apprendre. Pour cela il peut faire une chose encore très simple : écrire ce qu’il a retenu des cours dans un carnet et le relire avant chaque cours.

Dernier point et je dirai qu’il est crucial : laisser son ego, son histoire, ses croyances sur l'art au vestiaire. Nul ne peut remplir un verre si celui-ci est déjà plein.

5. Est-ce qu'une situation d'échec que tu as rencontrée dans le passé t'a aidé à devenir meilleur dans ce que tu fais? As-tu un échec préféré que tu pourrais partager ?

Je pars du principe qu’un échec, quel qu’il soit, permet de s’améliorer. Gagner, réussir ne nous remet jamais en cause, pour sûr, on a réussi. La gestion de l’échec est primordiale dans ma façon d’aborder les choses. Je suis un insatisfait né. Je n’aime pas me regarder réaliser des techniques, pourtant je les partage sur internet. Même si j’adore partager ma passion avec d’autres enthousiastes, et internet est un superbe outil, cela me permet surtout de figer un instant et de revenir dessus, de le décortiquer pour pouvoir faire mieux la fois suivante.

Un échec cuisant fut quand j’ai loupé par deux fois ma ceinture noire, le premier dan. Je n’étais pas prêt car je ne m’entraînais pas à faire des katas, kihon… Je m’entraînais au combat car j’étais en équipe de France. Au Shodan, j’ai échoué. Je pensais que ce n’était pas de ma faute. Je l’ai donc repassé sans changer mes entraînements. Résultat identique. Même si j’étais un combatant aguerri, je n’étais pas assez technique. Depuis ce jour, je n’ai jamais échoué à mes passages de grade, j’étais prêt car j’avais fait bien plus en amont que ce que l’on pouvait me demander. J’ai appris de mon échec, j’en retiens toujours la leçon et j’essaye de la transmettre à mes élèves. Comme tu le sais, certain échecs doivent être vécus pour qu’ils puissent nous faire grandir.

6. Quand tu atteins une période de stagnation, ou un plafond dans ta pratique, comment passes-tu ce cap ?

Elle est assez marrante ta question 🙂 Je m’entraîne tout simplement. On pense souvent qu’il faut trouver la technique, le moyen pédagogique pour parvenir à passer ces caps. En pensant ainsi on oublie une chose : le temps. Chaque chose que l’on crée prend du temps, certaines plus que d’autres. Le temps vient à bout de tout mais pour cela il faut persévérer.

Si j’ai conscience d’un point faible et que je connais un sensei qui pourra me le transmettre, je vais le suivre sans cesse et chercher dans son travail ce qu’il me manque, de trouver les points clés et principes qui me permettront dans le futurs d’y arriver. Le plus complexe, c’est quand on a le savoir mais pas le savoir faire. C’est frustrant. Il faut donc relever les manche et aller s’entraîner et parler de ce problème avec des frères d'armes. Des fois, les stagnations ne sont pas physiques mais mentales.



Lionel est également pratiquant d'Arnis Kali

7. Quelle est la question qu'on ne te pose jamais et que tu aimerais qu'on te pose ?

Quel futur pour Lionel ?

Je n’ai que peu de vision, de futur planifié, martialement parlant. Beaucoup se projettent et font des plans sur la comète en pensant à demain. Si j’avais fait ça il y a 10 ans, jamais je ne me serais vu là où je suis aujourd’hui. La vie est pour cela magique, elle nous surprend toujours. Il faut s’adapter et suivre le flow. Je pense plutôt à aujourd’hui, à demain, aux projets que j’aimerais réaliser dans un futur proche mais je ne pense pas à comment je serai dans le futur. J’aimerais juste que sur mon lit de mort je me dise que j’ai eu une belle vie, que j’ai aimé, que l’on m’a aimé, et que j’ai été un homme passionné, comme disait Paulo Coelho : un guerrier de la lumière. Des choses simples pour un homme qui veut vivre une vie remplie de simplicité. Comme dans les arts martiaux, toute la complexité réside dans sa simplicité. 

8. Quels conseils donnerais-tu à une version plus jeune de toi-même ?

Je pense que lui donnerais plusieurs conseils, en voici quelques uns qui me viennent à l’esprit.
1. Continue à bien prendre soin des tiens et de ceux qui comptent pour toi, car sans eux, aucun chemin que tu parcourras ne te comblera
2. Ecoute tes ainés
3. Remets toujours en question les paroles de tes ainés, compare, teste et garde que ce qui marche pour toi (mais ne bois pas les paroles comme de l’eau bénite)
4. Avance sans te soucier des autres car on est toujours le con de quelqu’un
5. Fais confiance à ton instinct plus qu’au jugement des autres
6. Ne lâche rien, soit persistant mais pas têtu
7. Crois en tes rêves et fais tout ce qu’il faut pour y arriver sans pour autant délaisser ceux qui sont à côté de toi.