vendredi 16 février 2018

Paroles d'experts - Romain Guihéneuf


Romain pratique les arts martiaux depuis plus de 15 ans. En 2005 il découvre le Hapkido puis le Hankido qu'il enseigne aujourd'hui à Nort sur Erdre, près de Nantes. Atteint d'une maladie génétique qui affecte sa vue, Romain a fait très tôt le choix d'une pratique fine, en sensation, qu'il a complétée par un travail thérapeutique via le Reiki et le Shiatsu. Il avait déjà répondu à une interview sur sa pratique sur ce blog.


1. As-tu une routine matinale (liée ou non aux arts martiaux) ?

Pour être honnête je n’ai pas de rituel particulier.  Par contre en Hankido, nous avons une partie qui s’appelle Hwansang Do Beop, ce qui signifie la voie vers la visualisation des techniques. Cette partie est composée de 24 formes respiratoires, 12 qui représentent celui qui fait (techniques du ciel) et les 12 autres celui qui reçoit (technique de la terre). C’est un travail assez similaire au qi gong. En pratiquant ces formes j’ai pu mieux comprendre la logique du corps dans le mouvement et ainsi améliorer ma pratique avec un partenaire.

A côté de cela, il m’arrive régulièrement de pratiquer les Makko Ho qui sont des exercices d’étirements basé sur les méridiens du corps. Ce sont des exercices que j’ai découverts lors de ma formation en shiatsu. Bien exécutés dans le relâchement, ces exercices peuvent être très efficaces. Personnellement, je suis quelqu’un qui analyse beaucoup, ce que j’aime dans les arts martiaux c’est cette recherche permanente.

2. Si tu avais seulement 10 minutes pour pratiquer, que ferais-tu ?

Je pense qu’il faut rester simple et se fixer un objectif. Si nous avons une technique ou un geste qui nous parait difficile, il faut se focaliser là-dessus en le travaillant lentement. Votre cerveau analysera mieux ce que vous voulez lui demander. Le plus important si l’on veut être efficace est de ne pas s’éparpiller. 

3. Quel est le meilleur investissement que tu aies fait sur toi-même ? Sur d’autres ?

Je dirais que c’est lorsque j’ai ouvert mon Dojang à Nort-Sur-Erdre, cela m’a obligé à me remettre en question. Quelle valeur je voulais réellement enseigner. Etre plutôt dans le réalisme pur ou plus dans le développement personnel. Cela m’a pris du temps, je me suis pas mal cherché puis lors d’un stage, j’ai redécouvert le Hankido avec un enseignement qui me correspondait davantage.  A partir de là, j’ai travaillé dans ce sens et c’est ce qui a fait que j’ai grandi martialement.

Après pour les autres, on va prendre l’exemple de mes élèves, la plus belle récompense pour moi, c’est de les voir s’épanouir dans l’art martial et en dehors. Le plus sympa c’est avec les enfants.

4. À ton avis, quelles sont les principales erreurs que font les gens lorsqu'ils pratiquent ? Au contraire quels sont les éléments que tu penses être faciles pour les gens dès le début de la pratique ?


C’est très difficile de répondre à cette question d’un point de vue technique car chacun a ses propres difficultés et ses propres facilités, par contre, si l’on pense plus dans le sens développement personnel, je dirais que ce sont nos croyances qui peuvent être à l’origine ou la cause de nos blocages.

En soi ce n’est pas grave de faire des erreurs, je dirais même que l’on doit en faire car c’est grâce à elles que l’on grandit.


5. Est-ce qu'une situation d'échec que tu as rencontré dans le passé t'a aidé à devenir meilleur dans ce que tu fais ? As-tu un échec préféré que tu pourrais partager ?


A part mon passage de grade du 2ème Dan qui a été laborieux car les conditions n’étaient pas optimales, non je n’ai pas rencontré de grande difficulté. Enfin si (rire), grâce à toi, après ton premier passage, j’ai passé une saison où ma pratique a été brouillon car beaucoup d’informations à digérer et à intégrer. Mais bon dans ce moment-là, il faut lâcher prise, être patient et faire au mieux.

6. Quand tu atteins une période de stagnation, ou un plafond dans ta pratique, comment passes-tu ce cap ?


Très souvent une période de stagnation signifie que notre pratique va évoluer et qu’il faut laisser le temps au corps de digérer toutes les nouvelles informations. Par exemple, parfois au retour de vacance on a l’impression d’avoir progressé alors que l’on n’a pas pratiqué.  Par contre, si cette période dure trop longtemps, c’est peut-être parce que l’on a atteint son plafond technique. 

Comment s’en sortir ? Déjà si l’on a conscience que l’on a atteint ses limites ou que l’on reste sur nos acquis, je dirais qu’une partie du chemin a été faite. A ce moment-là, je pense qu’il faut s’intéresser à d’autres pratiques, ou d’autres manières d’enseigner. Cela peut aider à passer le cap.

8. Quels conseils donnerais-tu à une version plus jeune de toi-même ?

Etre toujours curieux, toujours prendre du plaisir à pratiquer et surtout de se préserver dans le temps.

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