mercredi 30 août 2017

Premier cours de Shorinji Kempo

Le Shorinji Kempo est considéré comme l’une des influences principales du Nihon Tai Jitsu, avec évidemment l’Aikido Yoseikan. Du moins sur le papier car si la forme d’atemi, et le premier kata montrent cette influence, le fait est que peu de pratiquants aujourd’hui à l’exception du fondateur ont pratiqué le Shorinji Kempo. Partant de ce constat, je me suis toujours demandé quel était le “goût” réel de cette école que je n’avais pu approcher que par vidéo et commentaires de seconde main.

Il y a quelques jours j’ai découvert par hasard la formation récente d’un groupe de Shorinji Kempo à Hong Kong et je me suis donc empressé de les contacter pour voir s’il était possible de venir essayer. Le typhon de la semaine dernière ayant eu des conséquences sur nos emplois du temps, c’est donc hier que je me suis rendu au cours.

Autant le dire tout de suite j’ai passé un excellent moment. Déjà parce que les deux instructeurs sont très sympa. Ensuite parce que pédagogiquement c’était limpide, certainement plus que dans mes cours, enfin parce que j’ai pu voir des choses très proches de ce que l’on fait au NTJ (la deuxième base clé) notamment… mais avec des principes différents de ce que je fais d’habitude. Pourtant je ne serais pas surpris que ça soit la version d’origine.

Le cours de 2h s’est divisé en deux parties: Goho et Juho, avec quelques minutes de méditation au milieu.

Goho est la partie “dure” du Shorinji Kempo, et donc en particulier le travail des frappes et blocages. Nous avons donc travaillé les frappes de base et leur génération de force, puis des exercices à deux, d’abord relativement statiques puis dynamiques pour comprendre le fonctionnement des blocages et les contres qui les accompagnent.

La partie Juho est la partie “souple”, notamment les clés et projections. En gardant les principes de la première partie nous sommes passés à un travail sur saisie croisée, avec recherche du déséquilibre, travail sur la qualité du contact, frappes, te-hodoki (je ne me souviens plus du nom en SK), clé et amenée au sol. Des choses simples et qui visuellement sont on ne peut plus proches du NTJ (2e base clé du NTJ comme je le disais) mais avec un travail suffisamment différent pour me sortir un peu de mes habitudes.

J’ai vraiment passé un excellent moment et je compte y retourner régulièrement pour assouvir ma curiosité regardant cette école qui fait partie de notre histoire.

mardi 29 août 2017

Pratiquer sous forme de drills

La structure pédagogique du Nihon Tai Jitsu se décompose grosso modo de la manière suivante:
·         Kihon
o    Ukemi
o    Tai Sabaki
o    Te Hodoki
o    Atemi
·         Techniques de base
o    Atemi
o    Cles
o    Projections
o    Sutemi/Etranglements
·         Kata
o    Kata de base par atemi
o    Kata superieurs de Nihon Tai Jitsu avec partenaire(s)
o    Kata de Nihon Jujutsu avec partenaire
·         Goshin Jutsu (techniques de self defense)
·         Randori

Une pédagogie relativement exhaustive mais qui présente un inconvenient principal, les roles d’Uke et Tori sont majoritairement fixes, à l’exception du Hyori no Kata et dans une certaine mesure des randori. De même, très souvent les kata se retrouvent effectués comme une simple forme, sans véritable intention, avec un Uke qui sert la soupe à Tori sans essayer de le mettre reellement sous pression, au contraire des anciens kata de Kenjutsu.

C’est ce qui fait que le travail des techniques de base et des kata de base est souvent perçu comme ennuyeux et statique, et ce fut longtemps également mon ressenti. Pourtant ce contenu de base est déjà largement suffisant pour s’amuser et c’est avec cette idée que j’ai testé certains drills au dojo.

La base de travail est le 1er kata, et le kata Shodan (son equivalent avec partenaire), auxquels on ajoute par la suite les techniques de base. Dans ces drills les rôles de Tori et Uke s’inversent de facon régulière, au point que ces rôles n’existent plus réellement. Seuls restent les frappes, les blocages et l’intention de toucher et de ne pas être touché de part et d’autre. On débute par le travail des frappes/blocages des kata, avant de venir saisir le poignet de l’adversaire, amenant à un travail libre sur les techniques de base. Un exercice intéressant, dans l’esprit des Embu du Shorinji Kempo qui permet un travail plus dynamique et intéractif.


 Nihon Tai Jitsu no Kata Shodan, la base de l'exercice proposé

 

samedi 19 août 2017

Entrainement au couteau

Deux des entrainements de la semaine dernière ont été consacrés à l’entrainement au couteau, travail que je ne me permets qu’en fonction des personnes présentes parce qu’il amené a un travail qui demande plus de rigueur tant mentalement que physiquement. La pratique aux armes, a fortiori avec des lames présente cet avantage de replacer la pratique dans une réalité « crue », ce que je trouve profondément sain.

La différence la plus marquante entre le travail au couteau et le travail à mains nues est l’aspect psychologique. S’il n’est pas rare de ne pas voir Uke réagir ni chercher à se protéger quand une frappe se rapproche de son visage, c’est moins courant avec une lame (même si ça arrive), a fortiori quand elle est en métal, les reflets sur la lame jouant probablement avec nos sensations. C’est d’autant plus le cas quand les attaques sont faites avec de l’intention et on peut rapidement sentir Tori sous pression, perdre sa verticalité, enlever la partie visée au détriment de sa structure, etc. Le couteau pour cela est un excellent révélateur, il permet d’augmenter sensiblement le niveau de pression exerce sans forcément aller plus vite ou créer plus de danger, si tant est qu’on travaille avec une lame en aluminium évidemment.

Techniquement le couteau requiert également plus de rigueur. Etre touché avec une lame, même légèrement peut créer des dommages dramatiques, ce qui n’est pas forcément le cas à mains nues. Une mauvaise gestion de la distance sur Shiho Nage et la fémorale y passe, une saisie en force du poignet qui tient la lame et c’est l’artère ulnaire. Une perte de contrôle du bras en changeant de main et on se retrouve éventré. Bref les erreurs se paient cash. A mains nues les erreurs se paient aussi, mais de façon probablement moins visible, ce qui encourage peut être moins à les accepter. Il est difficile de négocier sur le fait qu’avoir été éventré n’est qu’une « légère égratignure ».

Le couteau, manié correctement, permet aussi de travailler sur la fluidité, en évitant l’attaque unique en tsuki et en passant d’une attaque à l’autre tant que Tori n’a pas pris un contrôle définitif. Encore une fois c’est un travail qui pourrait, et devrait, se faire à mains nues mais ne l’est que rarement, a fortiori dans les arts japonais où l’attaque unique a encore de beaux jours devant elle.

J’ai un gout particulier pour le travail au couteau, et comme les lecteurs de ce blog le savent pour les arts du Sud Est Asiatique en général. Mais sans aller jusqu’à transformer nos cours de Jujutsu/Aikido/Karate en cours de Kali, le travail au couteau est un excellent outil pédagogique permettant de travailler dans un cadre asymétrique en rajoutant un certain nombre de contraintes et de difficultés qui ne peuvent que nous aider a progresser.

mardi 8 août 2017

5 ans d'enseignement à Hong Kong

C’est en avril 2012, frustré dans ma pratique après le départ de Fred, que l’idée d’ouvrir un dojo à Hong Kong pour pouvoir continuer la pratique qui m’intéressait a germé. Si la première tentative n’a pas vraiment pris, le « re-launch » de juillet aura été le véritable point de départ de ce qui s’appelait à l’époque Nihon Tai Jitsu Hong Kong, et qui deviendra par la suite le Seishin Tanren Dojo.


Une croissance régulière

Cinq ans, c’est beaucoup et peu à la fois. Si nous ne sommes toujours pas des centaines, et que nous ne le serons probablement jamais, environnement de Hong Kong et pratique de niche obligent, nous avons un groupe de pratiquants réguliers qui avancent, dans les pas de Hugh. Hugh a commencé au tout début, en juillet 2012 et malgré un Age relativement avance pour débuter un art martial, il s’est vite retrouve l’élevé le plus assidu, présent a presque chaque cours, et j’ose dire le seul a réellement comprendre la pratique proposée. 1er Kyu depuis maintenant un an, il est dans la dernière ligne droite pour le Shodan, étape importante pour lui évidemment, mais également pour moi puisqu’il est un pur produit du dojo (sans expérience préalable) et qu’il deviendrait ma première ceinture noire.

Au début, un seul cours par semaine était proposé, de 2h le jeudi soir. Aujourd’hui nous proposons des entrainements les mercredis, jeudis et dimanches, en Aunkai et Nihon Tai Jitsu, tout au long de l’année, à l’exception des jours fériés.

La pratique a aussi fortement évolué au cours de ces années, comme Hugh me le fait régulièrement remarquer. Le travail propose n’a plus grand-chose à voir et c’est probablement une bonne chose parce que je suis convaincu qu’une pratique personnelle qui n’évolue pas est une pratique morte.

Des invités de qualité

Cette évolution dans la pratique a aussi été permise par la venue de pratiquants de grande qualité dans notre modeste dojo. Romain qui m’a le premier fait l’amitié de venir et qui nous a présente le Hankou. Akuzawa sensei qui est venu en 2013 pour aider à développer l’école dans la région, accompagné de Manabu qui reviendra deux fois. Filip Maric venu de Nouvelle Zélande pour un stage d’Aunkai mais qui en profitera pour nous proposer un excellent cours d’Aikido. Ka Seom Beok, bien connu pour son travail sur le corps via son école GNK Core en Corée. Et enfin Leo Tamaki dont le travail est toujours une grande source d’inspiration. Sans compter Kawano sensei, le Kancho du Seibukan qui vient annuellement à Hong Kong et que j’ai toujours à grand plaisir à voir.

Six pratiquants pour lesquels j’ai le plus grand respect et qui ont fait le trajet pour nous. Considérant notre taille restreinte, c’est d’autant plus appréciable. Je ne peux que souhaiter que cela continue et essayer de faire au mieux pour continuer à recevoir des experts, quelle que soit leur discipline d’origine. Peut-être même du Nihon Tai Jitsu un jour, qui sait.

L’inverse est aussi vrai et j’ai pu ces dernières années donner plusieurs stages à travers le monde, à Taiwan, au Vietnam, à Singapore, en Belgique, en Italie et en France

Plusieurs démonstrations

Une belle reconnaissance du travail accompli ces dernières années, j’ai participé au festival annuel du Seibukan en 2012, 2013 et 2015. Je n’ai pas pu m’y rendre depuis faute de temps mais je prévois d’y aller en 2018. Plus récemment j’ai eu la chance de participer à la NAMT, quelque chose que je ne suis pas prêt d’oublier et qui m’a fait vivre mon art avec une intensité que je n’avais pas encore connue.

Cinq ans plus tard, je crois plus que jamais au fait que ce dojo pourra être plus qu’une parenthèse dans l’histoire de Hong Kong. Malgré un développement relativement lent et difficile, les choses avancent et avec d’ici un an notre première ceinture noire forme au dojo, une nouvelle étape s’ouvrira.