lundi 11 juillet 2016

Cours de Self Défense chez SWIFT

Il m’a récemment été proposé d’animer des cours de self-défense pour mes collègues. Deux cours dans un premier temps, un dans chaque bureau pour toucher le plus grande nombre de personnes.

La Self Défense n’est plus depuis plusieurs années au centre de mes préoccupations, mais je trouve toujours intéressant d’y revenir ponctuellement. Replacer ma pratique dans un cadre différent, moderne, avec tout ce que la notion de défense personnelle implique hors de l’approche technique.

J’ai les deux fois commencé par une approche théorique de la self défense, et en particulier le triangle du crime et les codes couleurs de Cooper. Le triangle du crime met en avant la nécessité de trois éléments pour qu’une agression arrive : une victime, un agresseur, une opportunité. Enlevez l’un d’entre eux et l’agression n’arrivera pas. En conséquence si on ne peut éviter la présence d’un agresseur, on peut éviter de se retrouver au milieu de Central Park à 2h du matin quand on est une jeune fille seule, de même que l’on peut éviter d’être perçu comme une victime par sa posture et son état d’alerte. Les états d’alerte étaient l’autre élément théorique de ce cours, essentiel à Hong Kong à mon avis dans une ville tellement sure que 99% de ses habitants ont les yeux rivés sur leur téléphone et pourraient se faire poignarder 50 fois sans s’en apercevoir.




Passée la partie théorique et comment éviter une confrontation en n’en créant pas les conditions, nous sommes passés à l’étape suivante : se désengager d’une confrontation. Calmer la situation si c’est possible, prendre une posture apaisante (et qui mettra les témoins de son côté le cas échéant) mais capable de servir de garde, parler poliment, voire encore amener les témoins discrets de l’évènement à intervenir. Distance, Te Hodoki et attitude étaient les principaux éléments de cette partie.

Est enfin arrivée la partie « technique » à proprement parler, quand tout le reste a malheureusement échoué. Nous avons travaillé des techniques relativement simples, à bases de saisies de poignet, de revers, ou d’étranglements mais le groupe a aussi proposé quelques attaques que nous avons pu utiliser comme base de travail. Les défenses étaient simples et les mêmes idées étaient reproduites sur chaque attaque pour permettre de créer un certain niveau d’automatisme. Tout cela dans la bonne humeur.

Si cette initiation n’a pas vocation à être plus que ça (apprendre à se défendre ne se fait pas en 1h30), j’espère avoir pu faire passer quelques messages lors de ces deux cours. A défaut, on aura au moins passé un excellent moment.






2 commentaires:

olivier ROY a dit…

Là je dis bravo! Les compétences transverses ne sont que très peu développées et utilisées en FRANCE, malheureusement. Une piqure de rappel des dangers sur des trajets domicile -travail ou carrément en soirée est souvent bien nécessaire par les temps qui courent.
On s'habitue, on oublie et nos sens ne sont plus attentifs: Les yeux sur le portable.
On ne prends plus conscience de nos postures et du message qui pourrait être véhiculé par nos tenues vestimentaires.Je pense notamment aux femmes.
Sans tomber dans la paranoïa,il faut apprendre à reconnaitre l'entrée en conflit et de savoir s'en désengager sans aller à la confrontation physique obligatoirement.
Pour ma part c'est déjà un bon travail de maitrise de soi, de lucidité et cela quelque soi les circonstances.
En France, maintenant, beaucoup de gens voudraient une arme pour tirer sur ceux qui les gênes.
Merci pour ton action, continu.

Xavier DUVAL a dit…

Merci Olivier, je t'avoue qu'Hong Kong est pour ça un peu à l'opposé de la France parce que les risques sont tellement négligeables que personne ne prête plus attention à rien. Mais les hongkongais voyagent et ailleurs la situation peut être bien différente... Je ne sais pas s'il leur restera quelque chose de cette session mais je crois que ça ne fait de toute façon pas de mal