samedi 9 avril 2016

Disparition de Raymond Jugeau


Le Nihon Tai Jitsu vient de perdre l’une de ses plus grandes figures. Raymond Jugeau, 9e dan et l’un des pionniers de la discipline, également Hanshi en Judo, nous a quittés il y a quelques jours à l’âge de 85 ans.


Au premier abord, Raymond pouvait sembler froid, et pendant mes premières années, si je l’ai régulièrement croisé, j’avais beaucoup de mal à le cerner. Et puis un jour je me suis décidé à aller participer à son stage d’été sur l’ile d’Oléron et je me suis rendu compte que ma première impression ne pouvait être plus éloignée de la réalité.

Ferme pendant les entrainements, intransigeant sur la technique et les kata, Raymond était aussi doté d’un grand sens de l’humour et ne prenait personne de haut. Chaque soir, nous passions boire un coup de chouchen dans sa chambre. Il était accessible, sympathique, entier. A la fin du stage, comme la coutume le veut, Raymond remit à chacun un certificat de participation. Pour chaque personne, il dit un mot personnel, qui montrait qu’il avait pris le temps de s’intéresser à chacun de ses élèves. Ça peut paraitre peu, mais ce moment m’a profondément marqué.

Je l’ai revu plusieurs fois lors de stages jusqu’à mon départ pour Hong Kong, et de nouveau je n’ai jamais senti de barrière ou de distance. C’était tout simplement facile de discuter et plaisanter avec lui.

Je l’ai ensuite revu au stage de Washizu sensei à Paris il y a trois ans. Déjà très affecté par la maladie il avait beaucoup maigri mais gardait la dignité et l’élégance dont il avait toujours fait preuve. A la fin du diner, je me souviens qu’il est venu me voir et m’a dit « merci pour ce que vous faites », venant d’un homme comme Raymond, qui n’avait pas toujours le compliment facile, j’ai été surpris et touché. Je le suis toujours d’ailleurs. Ce seront les derniers mots que j’entendrai de sa bouche.

Merci Raymond pour le travail que tu as effectué, pour tout ce que tu as apporté au Nihon Tai Jitsu et à tes élèves, merci pour ta générosité. Tu nous manqueras.

Aucun commentaire: