lundi 9 mars 2015

Aikido avec un Shihan japonais à Hong Kong


Il y a deux ans, Endo sensei etait venu donner un stage exceptionnel a Hong Kong. On s’en souvient
je n’avais pas du tout accroché. Ni à la pratique, souvent sur-jouée, ni à l’homme que j’avais trouvé particulierement arrogant et condescendant.

Cette fois, c’est l’un de ses élèves les plus avancés qui nous a rendu visite, un 7e dan japonais dont je tairai le nom sur ce blog (mais je peux le donner en privé) car il a profité d’un voyage d’affaires pour venir voir notre modeste dojo et qu’il n’a pas souhaité que trop de publicité soit faite avant sa venue.

Ma première impression de l’homme a été très positive. Naturel, agréable, souriant. Nous nous sommes positionnés pour le salut et il nous a rejoints 30 secondes après (sans comparaison avec les 30 minutes d’Endo sensei qui m’auront couté quelques séances d’ostéo). Il nous a gentiment remercié d’être venus, même si la reconnaissance devait naturellement aller dans l’autre sens, et nous a dit qu’il se concentrerait sur les bases pour cette première séance. Beaucoup de choses y sont passées et je ne ferai donc pas un compte rendu détaillé des techniques.

Martialement, j’avoue en toute honnêteté que ça ne m’a pas parlé, et que cette pratique va même aux antipodes de ma recherche. Arrogance de ma part peut-être (les commentaires sont ouverts si vous voulez me jeter des tomates). Je n’accroche pas avec le fait qu’Uke doive faire une part considérable du travail pour que cela fonctionne. Me tordre dans tous les sens pour garder la paume de ma main contre l’avant-bras de Tori par exemple me semble profondément illogique et pour que cela arrive, il faudra que Tori arrive à garder lui-même ce contact (ce qui est tout à fait faisable, l’ayant senti avec plusieurs personnes). Pendant un peu plus de trois heures, on m’a donc expliqué comment réagir pour que ça fonctionne. On aurait pu gagner un peu de temps en me disant directement comment chuter avant la saisie (s’il vous reste des tomates…).

Si la pratique elle-même ne m’a pas parlé, j’ai quand même passé un bon moment. Déjà parce que c’était agréable de passer trois heures entre nous à pratiquer. Ensuite parce que nous avons passé un très bon moment au restaurant tous ensemble après la séance et que cet aspect humain est peut être aujourd’hui le plus important pour moi dans la pratique de l’Aikido.

4 commentaires:

budoshugyosha a dit…

Je partage ton avis sur la pratique de ce type qui n'est effectivement pas ma tasse de thé. J'avais eu l'occasion d'assister à un cours d'Endo à Paris il y a de cela 15 ans et ensuite rien jusqu'à la semaine dernière où j'ai suivi son cours hebdomadaire à l'Aikikai (l'un des derniers car dès avril prochain il n'y enseignera plus).

Alors que dire c'est souple mais absolument pas naturel dans le sens où comme tu l'indiques le partenaire doit faire le gros du mouvement.

A bientôt.

Xavier DUVAL a dit…

C’est rassurant de voir que je ne suis pas le seul :P
A choisir je préfère assez nettement le Ki No Michi qui fait ce choix de manière beaucoup plus clair, sans parler de martialité. Je peux comprendre qu’on travaille ce type de choses pour améliorer la sensibilité de Uke, qu’il sache sentir les forces pour pouvoir passer plus facilement au travail des kaeshi waza, ou encore comme approche pédagogique pour les débutants pour qu’ils puissent travailler leurs déplacements, etc. En revanche quand le travail est uniquement ciblé sur le travail de Uke, je trouve ça plus dérangeant. Je ne m’attendais pas à être enthousiasmé, mais je n’imaginais pas non plus qu’un pratiquant annonçant ce niveau puisse se retrouver dans l’incapacité de me faire bouger… (sans résistance particulière de ma part je précise)

grimlockfr a dit…

Salut Xavier.
J'ai suivi pour ma part deux stages avec Endo shihan, plus jeune (certes, ça ne fait pas quinze ans) et un poil de kinomichi par la suite. Rétrospectivement, on retrouve effectivement un peu la même idée derrière (enfin sur les sessions que j'ai suivi), à savoir un maintien du contact (1) et un gros travail d'uke (2). Par contre, je n'ai jamais eu l'impression qu'Endo shihan était incapable de faire bouger quelqu'un : je l'ai vu faire sur un pratiquant qui devait faire le double de lui. A mon sens, c'est encore un problème entre exercice et application, comme tu le soulignes.
A bientôt,
G.

Xavier DUVAL a dit…

Salut Grimlock,
Pour être précis, je n’ai pas tant eu ce souci avec Endo sensei, qui ne m’avait touché qu’une fois et ça avait marché très correctement sans être enthousiasmant. J’avais eu l’impression de toucher quelque chose de « normal réalisé à un très bon niveau », ce qui n’est déjà pas à la portée de tout le monde. Malheureusement je n’ai pas l’impression que ça soit forcément le cas de tous les gens qui le suivent et qui n’ont pas son expérience (et qui cherchent de fait à faire du Endo sans en avoir les moyens)
A bientôt