mercredi 25 juin 2014

S’adapter à son partenaire



La notion d’adaptation à son partenaire recouvre de nombreuses choses. Si en premier lieu il s’agit déjà de s’adapter à une différence de gabarit et de niveau, quand vient le temps de la recherche personnelle le pratiquant doit apprendre à travailler avec des gens dont l’approche diffère parfois grandement.

Nous ne sommes pas tous égaux dans un cours d’arts martiaux. Physiquement d’abord, en termes de niveau de pratique ensuite, en termes d’objectifs et de recherche enfin. C’est particulièrement marqué dans mon dojo d’Aïkido qui, Hong Kong oblige, regroupe des pratiquants aux parcours très divers.  Ma pratique étant très orientée sur l’utilisation du corps et la légèreté au contact, j’ai souvent été frustré en pratiquant avec des partenaires très physiques jouant principalement sur la force et la contrainte. Pourtant si c’est mon droit d’avoir une recherche spécifique, c’est le leur d’avoir une recherche différente et il me semble essentiel de pouvoir travailler ensemble et apprendre quelque chose malgré tout.

L’un de mes partenaires me posait un problème particulier. Très explosif, ces attaques sont extrêmement rapides, mais son approche tend à saccader ses mouvements. Ma tendance naturelle est au contraire d’essayer d’aller lentement mais à vitesse constante, ce qui m’est encore difficile avec un partenaire travaillant différemment. Deux solutions aussi mauvaises l’une que l’autre s’offraient à moi :

  •  Continuer à aller lentement et prendre un Shomen Uchi sur deux dans la tête
  • Travailler physique et perdre les sensations sur lesquelles je travaille


J’ai finalement choisi une troisième voie. Bien que rapide, je ne suis pas aussi explosif que lui. En démarrant en même temps que lui – en fait après, à cause de mon temps de réaction - je me retrouvais régulièrement en difficulté et mes mouvements étaient massacrés. Mais comme le dit l’adage « rien ne sert de courir, il faut partir à point », je me suis donc essayé à conserver un travail relativement lent mais en démarrant non plus après mon partenaire, mais en même temps que lui en cherchant à percevoir son intention, voire légèrement plus tôt en créant moi-même l’intention.

Au final, un partenaire dont le travail est différent du notre est avant tout une opportunité d’apprendre quelque chose.

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