vendredi 13 juin 2014

Les katas de base en Nihon Tai Jitsu






Le curriculum du Nihon Tai Jitsu contient 13 katas. 3 de base étudiés avant le premier dan et effectués seuls, 6 de Nihon Tai Jitsu avec partenaire(s), 4 de Nihon Ju Jutsu (2 venant de l’IMAF et 2 du Yoseikan Aiki) avec partenaire. Les katas de base ont vu le jour il y a une trentaine d’année et ont été créés très rapidement à la demande de la FFKAMA (aujourd’hui FFKDA) qui souhaitait voir un travail plus proche de ce qu’ils connaissaient pour les examens.

Si tout le monde apprend ces katas, je n’ai en revanche jamais eu l’impression qu’ils avaient une place centrale dans la pratique. Moi-même je les pratiquais régulièrement en dehors des cours par défaut mais sans vraiment comprendre les éléments clés présents derrière la forme. Ces katas sont sortis du programme des grades FFKDA récemment, j’en déduis donc que le travail effectué dessus ne va pas aller croissant.

Comme toute partie du curriculum, ces katas font partie de ce que j’enseigne à mes élèves, et ce même si ça n’est pas la partie la plus amusante et que je préfèrerais qu’ils les bossent chez eux quand ils n’ont pas de partenaire. N’étant pas vraiment satisfait du résultat, j’ai remis en question il y a quelques semaines la façon dont je les enseignais pour amener mes élèves à les appréhender comme des outils pour développer leur pratique.

Doit-on pratiquer seul (au début) ? 

Mon premier constat a été que mes élèves copiaient au mieux la forme et que les mêmes erreurs revenaient à chaque fois : mauvaise répartition du poids, bras mal placés, alignement cassé, etc. J’ai inlassablement (ou presque) rappelé à chaque fois les consignes, les replaçant  moi-même dans la bonne position si besoin. Sans grand résultat puisque les mêmes erreurs revenaient à la session suivante…

Arrivant au bout de ma patience légendaire, j’ai cherché des exercices avec partenaire pour faire comprendre chacun des mouvements clés. On me dira que les katas Shodan/Nidan/Sandan sont basés sur les katas de base et que je peux donc les utiliser au lieu de me prendre le chou. Je répondrai que c’est vrai, mais qu’on peut aussi pratiquer ces katas en regardant la forme et en oubliant le fond.

En quoi consistent ces exercices ? Il s’agit de découper le kata pour chercher le travail de structure et de stratégie qui se cache derrière. Pour prendre le plus basique des exemples, le changement de garde :

  • Tori et Uke sont en garde, face à face, jambe gauche devant, avant-bras en contact
  • Tori avance, Uke recule. A chaque pas on change de garde.
  • La pression au niveau de l’avant-bras reste constante pour ne pas donner de signal
  • Les deux partenaires gardent leur structure lors du changement pour ne pas être sanctionnés

 Je passe sur les détails plus précis de l’exercice qui ne sont pas le sujet de l’article. Pratiquant avec chacun de mes élèves, mon rôle est de leur faire ressentir le mouvement qu’ils doivent rechercher (vs. le mouvement qu’ils effectuent), mais aussi de « sanctionner » les erreurs :

  • Utiliser leur déséquilibre
  • Appliquer une clé de bras si le bras est déconnecté du corps (coude ou épaule relevés)
  •  Dans une position kokutsu dachi, si Tori est en zenkutsu, lui proposer de compter jusqu’à 3 et qu’à 3 Tori et Uke frappent mae geri jambe avant. Le résultat est normalement sans appel même sans se presser

Faire des erreurs est une bonne chose, et souvent la meilleure façon d’avancer et de comprendre le fond des choses. Les reproduire inlassablement est en revanche évidemment une impasse, mais peut-on reprocher à un débutant de faire des erreurs s’il ne comprend pas en quoi elles en sont ? Le travail avec partenaire amène cette réflexion et permet de ressentir en quoi les détails font la différence.

Une fois cette prise de conscience effectuée, je pense qu’il sera plus simple pour eux de travailler en solitaire en gardant à l’esprit les nombreux détails et leurs raisons. Après la première séance, l’un d’eux m’a dit : « je ne pensais pas que c’était aussi compliqué, je pensais que ça n’était qu’une forme ». Maintenant il sait qu’une pratique martiale est un tout cohérent et qu’un exercice n’est jamais la complètement par hasard.

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