mercredi 24 juillet 2013

Le pouvoir de dire non

J'ai très récemment reçu une proposition pour enseigner le NTJ dans un studio de muay thai à Hong Kong dont le propriétaire veut aujourd'hui offrir une palette plus large de disciplines martiales. Je l'ai rencontré, nous avons discuté de son projet, j'ai vu la salle et j'ai dit non. Pour un certain nombre de raisons:
  • Si le studio est probablement très bien pour de la boxe thai, du BJJ ou des cours d'arnis, il présente un certain nombre de contraintes pour enseigner le Nihon Tai Jitsu sans danger. Déjà parce qu'il est divisé en plusieurs sections, étroites avec des angles un peu partout. Connaissant le contenu technique de mon école, il n'est pas réaliste de s'entrainer là sans danger. Ou alors il faut commencer par enlever les sutemi et quelques autres techniques. C'est aussi bas de plafond, ce qui veut dire enlever les projections de type ippon seoi nage. Au final que reste-t-il?
  • Le deuxième problème est le prix des cours. Et aussi surprenant que cela puisse paraitre, mon problème est que c'est trop cher. Je donne mes cours à un prix dérisoire par rapport aux standards hongkongais. Pour plusieurs raisons dont le fait que je trouve normal qu'une offre de qualité à un prix accessible existe (on reste quand même sur quelque chose de l'ordre de 40 euros par mois pour quelqu'un qui ferait tous les cours, c'est déjà pas si mal). Avoir un cours ailleurs à 20 euros de l'heure serait difficilement justifiable et pourrait facilement entrainer une migration d'un cours vers l'autre
  • J'ai décidé d'intégrer South China Athletic Association il y a quelques mois, car je crois que c'est une étape importante pour le développement de notre école. Les locaux sont exceptionnels, les prix raisonnables et l'association nous apporte potentiellement plus de visibilité. Au contraire, enseigner dans ce studio augmenterait MA visibilité et accessoirement MON compte en banque. Je ne crois pas que ça soit en ces termes que je veuille réfléchir. Je suis engagé vis à vis de SCAA et de mes élèves et ne compte pas remettre en question cet engagement
  • En termes de locaux, je dois avouer que le côté bad boy du MMA ne m'excite pas plus que ça et que mon vieux dojo traditionnel me convient mieux et met probablement l'ensemble du groupe dans des meilleures conditions de travail
La proposition est malgré tout sympathique et il est toujours agréable d'être reconnu pour son travail. Mais arrive à un moment où il est important de définir ce que l'on recherche, d'avoir sa feuille de route et de s'y tenir. Dans mon cas mes buts principaux sont d'améliorer ma pratique en ayant des partenaires d'entrainement réguliers, implanter le Nihon Tai Jitsu à Hong Kong de façon pérenne. Gagner de l'argent n'est pas un critère, j'ai un travail à côté qui me permet de faire mes choix de façon libre. Suivre la mode et enseigner à quelques étrangers de passage ne m'intéresse pas non plus puisque cela n'a rien de pérenne. Il faut parfois savoir dire non et ne pas sauter sur toutes les opportunités qui se présentent.

1 commentaire:

Fred Lespine a dit…

Le côté obscur rejoint tu n'as pas. Bien fait tu as. :P