vendredi 1 mars 2013

Veste bleue

A mes débuts en Nihon Tai Jitsu, il y a maintenant quelques années, j'ai rencontré Max Lormeteau. A l'époque 7e dan (ce que j'ignorais), j'avais été frappé par le fait qu'il faisait plus jeune que son âge (67 ans à l'époque si je me souviens bien) et par sa veste bleue. Je fus frappé plus tard par la ceinture rouge et blanche qu'il ne portait que lors de stages officiels.

Mon autre enseignant ne portait pas de veste bleue, et à cette époque je pense que je l'associais à un niveau de maître ou quelque chose comme ça. Cette idée n'a plus grand sens pour moi aujourd'hui. Ce qui est sur, c'est que les vestes bleues étaient moins courantes dans l'école qu'elles ne le sont aujourd'hui. Certainement grâce à Florent de Rioki qui nous a permis d'avoir des tenues de qualité et homogènes. Je me souviens encore avoir voulu posséder moi, un jour, une veste bleue. Comme de nombreux débutants souhaitent porter un jour une ceinture noire ou un hakama. Un vœu assez puéril mais somme toute compréhensible.

Et puis l'usage des vestes s'est démocratisé grâce à Rioki. Tous les enseignants ont commencé à en porter, et j'ai commencé à travailler dans mon coin, faute de club à proximité. Quand je suis arrivé à HK, Fred m'a poussé à faire 3 choses: passer mon sandan, enseigner et acheter une veste bleue. La première fois qu'il m'en a parlé doit remonter à 4 ans. Sans élèves, la veste bleue n'avait aucun intérêt. Nous nous entrainions ensemble et je n'avais rien à lui enseigner, j'ai donc botté en touche un long moment.

Mais je me suis finalement décidé à enseigner, et ma seule excuse venait de partir en fumée. Certes j'avais des élèves, mais vu leur nombre avais-je vraiment besoin d'une veste bleue dont l'intérêt principal est que l'enseignant soit facilement répérable? Et de toute façon il n'y en avait plus en stocks. Mais avec deux cours par semaine et une humidité ambiante qui ne permet pas à mon gi de sécher rapidement, un deuxième ne pouvait qu'être utile. Et dans ce cas, pourquoi pas un bleu?

Mais ce qui m'a surtout fait réfléchir, c'est ce qu'on met dans son enseignement. Ne s'agit-il que de techniques ou y a-t-il d'autres éléments à incorporer? Je sais que les enseignants de NTJ portent une veste bleue, mais mes élèves le savent-ils? Comment pourraient-ils le savoir si leur enseignant ne le fait pas? D'un bête rêve d'ado je suis donc passé à une logique rationnelle de transmission, aussi légère qu'elle puisse paraître, pour un résultat pourtant similaire.

2 commentaires:

Froidure Lionel a dit…

Bonjour Xavier,

On a tous des images gravées de nos débuts et au moment où nous arrivons à cette étape de notre pratique elle ne correspond pas forcément à ce que l'on attendait.
Moi c'était la ceinture noire, un rêve de gamin comme tout débutant. Et ma prochaine étape n'est pas la veste bleue étant donné qu'en karaté on ne la porte pas mais la ceinture blanche et rouge pour le 6ème dan (j'ai encore du temps). A chaque étape on se rends compte qu'il y en a une autre après, on ne se sent jamais arrivé.

A bientôt

Lionel

Xavier a dit…

Bonjour Lionel,

Merci pour ton message. J'ai effectivement aussi eu la ceinture noire, mais bizarrement elle m'a moins marqué. Sa remise à l'arrache dans le vestiaire par contre est restée un moment marquant, parce qu'il est justement venu la désacraliser immédiatement.

Je lisais une interview intéressante d'Henri Plée récemment où il disait que l'intérêt du 10e dan, c'était d'être la dernière carotte et qu'à partir de là il n'y avait plus que la pratique qui comptait, puisqu'il ne restait plus de grades ou titres. Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle et c'est vrai qu'en y repensant il n'a pas tort, avant le 10e dan on poursuit toujours quelque chose même si ce qu'on poursuit à moins d'intérêt que ce qu'on vit

A bientôt,
Xavier