lundi 25 février 2013

Un compte rendu doit-il nécessairement être positif?


Suite à mon compte rendu sur le stage d’Endo sensei, je m’attends à ce que mes critiques ne soient pas forcément appréciées. Je me suis bien gardé de porter toute critique sur le niveau technique présenté, bien au-delà de ce que je suis capable de faire, mes critiques portant surtout sur l’excès de protocole, l’aspect conférencier du stage (avec peu de pratique), les uke trop complaisants qui desservent leur enseignant plus qu’ils ne le mettent en valeur et la durée du seiza qui est une position que mes genoux supportent très mal.

Mais est-il seulement permis de critiquer ? Et dans le cas contraire, qu’apporte un compte rendu positif ? Il est de bonne guerre de ne pas le faire, voire même souvent de faire de la lèche aux maitres reconnus (qui n’en ont pourtant pas besoin), et au contraire d’enfoncer plus bas que terre ceux dont la pratique n’arrive pas à ces sommets. Pourtant il peut y avoir de bonnes et de mauvaises choses chez les deux, même si les proportions diffèrent. J’écris peu d’articles négatifs. Le plus souvent je mets le positif en ligne et je garde le négatif (quand il existe) pour moi. Mais est-ce bien raisonnable ?

Je comprends que la critique soit un art délicat puisque les pratiquants contrairement à un critique culinaire sont jugés par ces pratiquants de haut niveau. Il y a donc un respect pur et simple de la hiérarchie et une sorte d’entente cordiale : « je ne dis pas de mal des maitres et si un jour je deviens un maitre à mon tour, on ne dira pas de mal de moi ». C’est d’autant plus gênant pour des gens connus/reconnus qui sont plus exposés car plus visibles. J’ai la chance de ne pas être connu/reconnu, je ne suis qu’un pratiquant qui travaille dans son coin, du mieux qu’il peut. Ce blog est une sorte de carnet de bord, qui raconte le cheminement d’un pratiquant lambda : ses obstacles, ses découvertes, ses désillusions. Tout ne peut pas y être positif, mais tout apporte certainement quelque chose. Le compte rendu de mon séjour en Corée était relativement négatif, parce que je n’y ai pas trouvé ce que je cherchais, ou avec le recul peut être pas compris ce qui m’était présenté. Mais c’est aussi ça le cheminement : ne pas comprendre quelque chose, ne pas aimer, mais peut-être y revenir plus tard. Ou pas.  Jour après jour le pratiquant se construit, et ce blog n’est que le témoignage d’une construction, parmi des milliers d’autres.

Ne pas parler du négatif me semble dangereux. D’abord parce que cela reviendrait à ne montrer qu’une partie du chemin, et peut être pas la plus intéressante. Les remises en question viennent souvent des échecs et des déceptions et ce sont souvent elles qui nous font avancer. Ensuite parce que je me sens libre de mes paroles et qu’il me semble important que mes retours soient perçus comme honnêtes même si infiniment subjectifs. Lorsque je fais un compte rendu d’une rencontre que j’ai particulièrement appréciée, je ne souhaite pas que le doute plane sur l’honnêteté de ce retour. Et les retours positifs sont nombreux, que ça soit avec des gens « connus » comme Akuzawa sensei, Maul Mornie, Fred Evrard ou des gens qui le deviendront peut-être et qui gagnent en tout cas à être connus comme Fred, Yannick Le Fournis, Romain Guiheneuf, Jacques Chopin, etc. pour n’en citer que quelques-uns.
Je continuerai quand même de garder la majeure partie du négatif pour moi, car certaines choses ne méritent pas forcement d’être racontées. Le négatif, comme le positif, doit amener à une réflexion et à l’étape suivante. S’il n’a pas d’impact il est sans doute préférable de passer à l’expérience suivante.

2 commentaires:

Fred Lespine a dit…

Disons qu'un compte-rendu critique est plus facile si la cible est consensuelle, comme le Cerveau défense™ ou le Karaté de Boulevard®. ;)
Sinon les goûts et les couleurs font qu'il y a autant de détracteurs que de fans, donc autant de discussions sans fin à mener. Comme tu es sur un blog et pas un forum, comme ton avis est certes critique mais respectueux et argumenté... tu fais ce que tu veux :)

Xavier a dit…

Autant le Karaté de Boulevard® je vois bien ce que c’est, autant j’avoue que le Cerveau défense™ ça ne me dit rien. J’évite de tirer sur les ambulances autant que faire se peut, ça n’a rien de positif à apporter.

Mais maintenant que j’ai ton aval, les grands de ce monde ont du souci à se faire :)