jeudi 14 février 2013

Aunkai - Retour à Tokyo

J'étais donc à Tokyo essentiellement pour pratiquer Aunkai, ou du moins essayer de comprendre un peu mieux la pratique. Mes entrainements ont eu lieu en trois sessions:
- le cours normal du samedi au dojo
- un séminaire ouvert aux personnes extérieures à l'école le lundi dans une école
- un cours privé avec Akuzawa sensei et Miyagawa-san mardi dans le dojo du Shinjuku Sports Centre

L'ensemble a été sans appel sur mon niveau et ma compréhension. Je ne dirais pas que tout est à jeter, mais pas loin. Le cours du samedi mené par Rob a été de haute volée. Rob a donné de très nombreuses explications sur la façon d'utiliser son corps, sans aller contre la gravité ou contre une force extérieure. Des informations trop compliquées à mettre par écrit, et probablement inutiles sans un contact direct. Ce qui est certain c'est que j'étais loin d'avoir compris tout ça. Le bon point c'est que même les autres élèves, beaucoup plus avancés, découvraient tout un univers.

Le plus frustrant a sans doute été de se retrouver face à des gens que je suis toujours incapable de bouger. Et cela inclue également les débutants. En fait la sensation est la même que celle que Kimura Tatsuo décrit à son arrivée au dojo de Sagawa:

"J'étais supris de voir que les disciples soi-disant mauvais aux dires de maître Sagawa étaient en fait très forts. [...] Mais dans ce dojo, d'une certaine manière, les disciples étaient forts comme je ne l'avais encore jamais vu ailleurs"

Je ne saurais décrire mieux cette impression et la frustration qui en découle après tant d'années de pratique. Mais aussi l'envie de comprendre qui y est liée. Car les possibilités sont peu nombreuses: arrêter et retourner à sa pratique "normale", arrêter simplement la pratique ou chercher à comprendre et à faire la même chose.

Les seuls élèves que j'ai pu bouger facilement étaient les extérieurs, ce qui est assez représentatif. J'ai pu  bouger un élève débutant de sensei uniquement lorsque l'exercice "kuzushi" avec le Jo était réalisé en mouvement, ce qui m'a permis de compenser mes faiblesses.

Le cours privé a également été passionnant et a été l'occasion de revenir sur les trois tanren de base, maho, TCJ et Shiko, d'une manière différente de ce que je faisais jusque là (certainement à tort). Sensei m'a fait comprendre un bon nombre de choses, à commencer par le Nihon Tai Jitsu qu'il comprend manifestement mieux que moi... En tout cas en suivant ses conseils mes techniques sur Miyagawa-san passaient alors qu'il me bloquait sans difficulté deux minutes avant.

Mais si ce passage a été une baffe, il a été très positif. J'ai refait le plein de sensations, compris de nouvelles choses et ai rempli mes valises de conseils pour mieux pratiquer. Akuzawa sensei m'a aussi autorisé à partager avec mes élèves, ce qui me permettra sans doute de revenir l'air moins bête la prochaine fois (depuis le départ de Fred, je pratique peu les kunren et ça se ressent dans ma pratique). Je suis aussi content d'avoir senti à nouveau la pratique de sensei, et j'ai remarqué des changements notables dans sa façon de créer le déséquilibre: moins perceptible qu'avant, parfois même "absent"mais toujours aussi efficace.

J'ai maintenant de quoi travailler en attendant de pouvoir repasser à Tokyo, ou mieux de pouvoir inviter Akuzawa sensei à Hong Kong!

2 commentaires:

kiaz a dit…

C'est toujours surprenant de voir (sentir!) la vitesse de progression des élèves d'Akuzawa senseï.

Bon tanren!
kiaz

Xavier a dit…

C'est très impressionnant, à tel point que je me suis demandé s'il était réellement possible d'acquérir ces qualités sans toucher régulièrement sensei… Je souhaite que ça soit le cas vu le nombre d’heures que je passe à faire mes tanren. Ça m’a confirmé aussi l’importance des Kunren dans la pratique, qui se nourrissent mutuellement avec les Tanren. J’espère que le fait de les inclure dans la pratique avec mes élèves permettra de comprendre mieux et plus vite, seul c’est quand même assez compliqué et j’ai vu une nette différence après le départ de Fred

Bon Tanren a toi aussi !