dimanche 24 février 2013

Aikido avec Endo Shihan

Endo Shihan était de passage à Hong Kong ce week-end pour un stage. J'avais déjà vu un certain nombre de vidéos et j'avoue que si je n'accrochais pas particulièrement, j'étais curieux de voir sa pratique de plus près.

Ce stage a confirmé ma première impression et je ne suis pas plus convaincu qu'avant. Pour être honnête, si mon premier cours d'Aikido avait ressemblé à ça, il n'y en aurait probablement pas eu de deuxième.

Un protocole excessif
Si je suis pour le respect de l'étiquette, je ne suis en revanche pas pour l'excès. La demie heure de seiza avant de commencer en est un exemple, et explique que je ne finisse pas le stage. Il m'a fallu une demie heure ce matin pour pouvoir poser le talon droit par terre et je ne me suis pas senti le courage de remettre ça cet après midi, avec le risque de flinguer définitivement mes ligaments. En effet, si on peut étirer des muscles, il est plus difficile d'étirer une articulation ou des ligaments... Sans compter que sur un cours de 2h quand on passe déjà 30 minutes à genoux, il reste peu de temps pour pratiquer.

Je n'ai pas trop compris non plus pourquoi mon prof a débarqué avec une ceinture blanche, mais c'était peut être une erreur.

Beaucoup de parlote
je m'attendais à ce qu'Endo sensei parle beaucoup, vue sa réputation. J'avais d'ailleurs tenté de préparer mes genoux au mieux (manifestement ça n'a pas suffi). Je n'ai pas été déçu. Beaucoup de blabla, dont les traductions ne nous sont pas réellement parvenues, le son ne passant pas bien dans le gymnase (il y avait pourtant des hauts parleurs, dommage que nous n'ayons pas pu les utiliser). Entre deux explications, on fait le mouvement 2-3 fois et c'est reparti pour une explication. Ça a quand même été mieux aujourd'hui et nous avons pu passer plus de temps à pratiquer et aussi écouter les explications debout pour mieux voir et sauver nos articulations

C'est dommage parce que les principes évoqués sont très intéressants: connexion-déconnexion à uke, écoute, sentir les lignes de force, relâchement, etc. et j'aurais vraiment aimé avoir l'occasion de les explorer un peu plus

L'Oscar du meilleur acteur
J'avais aussi entendu que si Endo sensei est très compétent, ses uke ont tendance à surjouer. En effet... Il est d'ailleurs amusant de voir les réactions des personnes normales en comparaison de celles des gradés qui le suivent partout dans le monde. Édifiant. J'ai d'ailleurs trouvé un peu dommage qu'il démontre surtout sur ses uke favoris. Il est vrai que nous étions nombreux mais je n'ai pu sentir sa technique qu'une seule fois. Sensation intéressante mais qui ne m'a pas donné la même impression qu'avec Akuzawa sensei. J'ai ressenti quelque chose de normal fait à un excellent niveau, alors qu'Akuzawa fait pour moi quelque chose de "différent" corporellement parlant.

J'ai aussi eu droit à un classique de l'Aikido que je n'avais pas encore eu: un gradé qui commence à m'expliquer la vie avant même que je commence. Il ne faisait pourtant pas l'exercice mieux que moi. Du coup après quelques minutes quand il m'a dit "tiens fort", je l'ai tenu, il n'a plus bougé et comme par magie il a arrêté de me distiller sa science.

En fait le meilleur moment du week-end a probablement été juste avant le stage quand un des gradés du club m'a gentiment offert une nouvelle ceinture blanche. J'utilise depuis des années une vieille ceinture de rouleau et je dois avouer qu'elle ne ressemble plus à rien et qu'elle tient assez mal ma veste. Je suis touché qu'il y ait pensé.

Bref, je suis un peu déçu par ce stage. C'est peut être du au côté "star" des grands maitres de l'Aikikai mais j'apprécie plus ma pratique au dojo de même que j'avais beaucoup plus apprécié mon passage au Kishinkan. Comme quoi...







7 commentaires:

Fred Lespine a dit…

Ça correspond malheureusement à cet aïkido caricatural et mis en scène qui m'agace encore. Comme je dis toujours en pareil cas: j'aime l'Aïkido mais je n'aime pas les aïkidokas.

Ça reste néanmoins une expérience instructive à défaut d'enrichissante.

Xavier a dit…

Tout a fait et je ne regrette pas d'y être allé. Il me semble préférable d’aller se faire une idée soi-même quitte à ne pas aimer plutôt que de se contenter de CR de deuxième ou de troisième main, en particulier quand on ne connait pas leurs auteurs.

Mais je ne regrette pas non plus d’être parti avant la fin, je ne pense pas que j’aurais gagné autre chose qu’une semaine de repos pour mon genou à rester plus longtemps

Anonyme a dit…

Hello!

Je te trouve très très dur. Je comprends tout à fait que tu n'as pas exactement trouvé ce que tu cherchais. Et que tu n'aimes pas particulièrement rester à genoux trop longtemps. Cela dit je lis quand même des choses intéressantes entre les lignes. La philsophie de sa pratique me semble digne d'intérêt et mérite de pouvoir y réfléchir (pratiquer étant le mieux bien sûr!). Il y a toujours du bon à prendre malgré les quelques aikidoka imbus de la couleur de leur akama!
Si tu veux je peux te prêter ma ceinture blanche!!

Anonyme a dit…

Pardon, j'ai oublié de signer : Johanna

Xavier a dit…

Tu noteras que j’ai quand même souligné les points intéressants et notamment sa capacité d’écoute et son principe de connexion/déconnexion. Je n’ai juste pas insisté dessus parce que la pratique d’Endo sensei est très connue et que de nombreux articles l’expliquent bien mieux que je ne pourrai le faire (et pour cause, je ne l’ai vu que 2x2h quand de nombreux pratiquants le suivent depuis des années).

Mais si sa pratique est tout à fait digne d’intérêt (ce que je ne nie pas, il y a quand même peu de gens de son niveau à travers le monde), j’ai de gros doutes sur l’approche pédagogique. D’abord parce que j’ai eu l’impression d’être a une conférence et que sans sentir c’est difficile. A fortiori quand l’enseignant ne fait sentir sa technique quasiment qu’a ses Uke favoris. Quand je vois les vidéos de Kuroda sensei, il semble démontrer une pratique très fine mais le fait du coup en petit comité, fait sentir aux élèves et leur permet de le toucher quand il effectue une technique pour sentir quels sont les muscles mis en action. Ça me semble honnêtement difficilement faisable avec 100 personnes dans la salle (mais je ne peux pas lui en vouloir de ne pas se déplacer pour 10 pelés).

Ensuite parce que son niveau actuel est lié à un cheminement et qu’il me semble périlleux de vouloir sauter directement à la dernière étape sans avoir suivi les premières. Je trouve très positif de donner des pistes de travail, a fortiori aussi avancées, mais pour atteindre la lettre X de l’alphabet en partant de A ou B, il y a quand même un sacré nombre de lettres à voir. Endo sensei encourage les élèves à réfléchir et à se poser des questions, et je trouve ça très bien. Je regrette juste qu’il n’y ait pas eu de pistes plus accessibles.

Cela dit, comme je te le disais hier, je n’avais pas d’attentes particulières. J’avais entendu de bonnes choses sur sa pratique et de mauvaises choses sur ses Uke et le coté conférencier de ses stages, il n’y a pas eu de surprise. Je voulais voir et surtout toucher. C’est fait, j’ai trouvé ça bien mais sans que ça me parle plus que ça.

Je ne pense pas avoir été particulièrement dur en fait, dans le sens où en aucun cas je ne remets en cause son niveau, ce que je n’ai objectivement pas les moyens de faire. En revanche j’ai trouvé les à côté excessifs et parfois à la limite de la caricature. Ce sont des points de l’Aikido qui rebutent beaucoup de gens et je trouve ça dommage maintenant que j’ai pu essayer un Aikido « normal ».

Pour la ceinture blanche, je suis équipé maintenant mais c’est gentil :) en revanche il va falloir que je m’occupe de te trouver une belle ceinture orange

GREG a dit…

Dommage que ce stage t'es "déçu". Les grands noms ne font pas forçément les grands pratiquants. Comme dit mon sensei, les grands enseignants n'attirent pas toujours le plus grands nombres car on ne comprends toujours la qualité de leur travail au premier abord. L'inverse est vrai aussi.
Tu trouveras mieux au prochain ...

Xavier a dit…

Ca n'est pas grave en soi, je voulais voir, j'ai vu. Je n'ai pas accroché mais je n'ai pas non plus de regrets.

Pour etre honnete j'attends mon passage a Paris en avril (et donc mon passage au Kishinkan) avec plus d'impatience: la recherche me parle, il y a moins de monde, les enseignants sont plus accessibles, etc.

Cela dit, tant mieux si des gens y ont trouvé leur compte