samedi 18 août 2012

Le 6ème kyu le plus fort de la ville

Mon cours d'Aikido présente l'avantage de ne pas séparer les élèves par groupes de niveaux: toutes les techniques sont travaillées par tout le monde, et tout le monde pratique avec tout le monde. Chose que j'apprécie particulièrement. Mais à de très rares occasions, l'enseignant décide de séparer le groupe par grades. Ce fut le cas ce matin.

Il appelle donc d'abord ceux qui sont en dessous du 5ème kyu. Groupe composé d'enfants, de deux jeunes filles, et de vitre serviteur, qui s'obstine à ne pas passer ses grades. Je m’assois tranquillement avec le groupe, et l'intégralité des adultes explose de rire. Le prof se marre, me regarde et me dit de retourner m'asseoir avec les autres. Finalement je travaillerai avec le dernier groupe.

A la fin du cours, un australien, solide et 1er kyu avec qui j'aime beaucoup pratiquer vient me chercher pour le dernier exercice et me dit en se marrant: "j'arrive pas à croire que je viens chercher un 5ème kyu". Je l'ai bien sur immédiatement corrigé: je ne suis que 6ème kyu. Je me suis permis d'ajouter "peut être le 6ème kyu le plus fort de la ville".

Passé ce bon moment de rigolade, il y a derrière cette anecdote quelque chose que je trouve vraiment très appréciable: personne ne se soucie de votre grade officiel, tout ce qui compte c'est la façon dont vous pratiquez. Dans la même situation à Taiwan, il est probable que personne ne verrait de problème à ce que Fred pratique avec les marmots, puisque après tout c'est son grade...

4 commentaires:

Pakpeiju a dit…

Héhé ce n'est pas rien d'être le plus fort de son grade après tout ;)

Sinon oui, j'ai pratiqué avec des enfants, j'ai même passé un grade avec un père et sa fille de 7 ans. :)
L'adoption des groupes de niveaux et des ceintures de couleurs n'est pas ma tasse de thé mais je m'y plie. L'illusion des grades et la rigidité de la hiérarchie sont tenaces. Ça a quand même son revers avec les deux tiers des derniers promus shodan, nidan qui ne sont pas réapparus en cours depuis leur passage de grade, il y a deux mois. Leur mission était accomplie après tout :P

Xavier a dit…

C'est une des grosses limites du système, en ne parlant que de grades on finit par faire oublier aux gens qu'ils ne sont qu'un détail de la pratique et on se retrouve avec des pratiquants obsédés par ça. Je trouve la situation de mon club beaucoup plus saine par rapport à ça, et ça me fait bien plaisir

Anonyme a dit…

Hello!

Je ne peux m'empêcher de laisser un petit commentaire sur ce post (après avoir découvert le blog grace au lien vers la démo nippon budo chose).
Je ne sais pas dans quel club tu pratique l'aïkido à HK mais pas dans celui où j'ai pratiqué (ce qui ne laisse que 1,5 autres possibilités...).
Là où j'allais le cours du samedi matin était pour débutants et les (3) mêmes techniques ont été pratiquées durant 8 mois. Sans exception.
Pour les autres cours je suis arrivée avec ma ceinture blanche normale de 4kyu et tout le monde avait l'air offusqué de me voir travailler avec des plus "colorés".
Je pourrais en écrire des tartines mais je m'arrête là. Le pire a quand même été de sentir que en tant que faisant partie du sexe féminin, cela n'enchantait pas les mecs de bosser avec moi. Les autres filles ayant évidemment le même problème.
Pas l'aïkido que j'ai appris en France. Si cela avait été pour aller vers du meilleur OK, mais là c'était franchement une expérience frustrante.

Enjoy your aïkido practice

Johanna

Xavier a dit…

Salut Johanna,
Tu confirmes un point que j'entends très souvent: on choisit un enseignant plutôt qu'un art martial. Que ça soit pour sa pédagogie, son niveau technique ou tout simplement l'ambiance et l'amabilite des élèves! (qui vient souvent de quelque part)

En revanche, je trouve ce genre de problèmes assez récurrent en aïkido et je ne suis pas vraiment certain de savoir pourquoi. Excès de zèle? Hiérarchie trop marquée et manque d'opposition? C'est quand même dommage, la discipline elle même est très intéressante