vendredi 4 mai 2012

Le tanto c’est pipo

J’ai depuis longtemps de gros doutes sur la pratique contre couteau dans les arts martiaux Japonais, doutes renforcés par mes quelques essais en Kali et Silat. Pour la première fois, nous avons travaillé les défenses contre tanto a l’Aikido, et j’avoue que mes doutes ne se sont pas évaporés, loin de là…

Un problème historique

Le principal défaut des arts japonais à ce niveau réside pour moi dans les attaques, stéréotypées et absurdes, du moins dans une situation moderne. Ce qui tient souvent plus à l’histoire et au contexte qu’autre chose. Imaginez un samurai en armure, le poignarder nécessitera des attaques franches, en piques et sur des points bien précis qui ne sont pas protégés par l’armure. Au contraire, imaginez un philippin en short et en tongs toute l’année, un slash sera dévastateur et changer de direction très rapidement deviendra particulièrement dangereux.

Le souci c’est qu’aujourd’hui on porte rarement des armures. En tout cas à HK il fait trop chaud et humide pour se le permettre (vous me direz a HK pour se faire agresser a l’arme blanche il faut quand même le vouloir).

Un Uke « absent »

L’autre chose qui m’a paru choquante était la qualité des attaques : attaquer en pique est une chose mais si Uke se casse déjà la gueule tout seul, je ne vois pas bien l’intérêt de la défense… dans certains cas j’ai eu l’impression que c’était le couteau qui entrainait Uke, et non Uke qui lui donnait vie. Ca et la gentillesse (à la limite de la narcolepsie) de Uke qui attend patiemment que Tori fasse sa technique alors qu’il n’est à aucun moment pleinement contrôlé et qu’il lui serait tellement facile de couper le bras en petits morceaux. Ca n’est bien sûr pas le cas seulement lors des techniques contre couteau (ni seulement en Aikido), mais je trouve ça plus visible dans cette situation. Sans y aller comme des brutes et sans perdre de vue l’esprit de l’Aikido, il me semble nécessaire de garder des attaques franches et crédibles. Sans attaque, la défense n’a pas lieu d’être.

4 commentaires:

PAKPEIJU a dit…

J'adhère. Tiens, ça marche aussi avec le bokuto (tant la rime que le contenu) :P

Xavier a dit…

Logique, un tanto est un beau couteau. Désolé.

GREG a dit…

Salut Xavier,
je suis d'accord également mais il existe peut-être une autre façon de voir la chose. Si effectivement l'aikido n'a pas pour vocation et esprit le côté martial comme on peut l'entendre avec le kali notamment, on peut y trouver un intérêt comme la possibilité de travailler la distance, vaincre son appréhension d'une arme, les techniques etc...
Essayons de voir le verre à moitié plein et non à moitié vide, lol.
À bientôt

Xavier a dit…

Salut Greg,
Tu as tout a fait raison, j'avoue avoir ete un peu de mauvaise foie, ou tout au moins de parti pris. C'est interessant en termes de distance mais aussi d'un point de vue pedagogique en travaillant des choses differentes, plus par plaisir qu'autre chose. C'est d'ailleurs la facon dont Roland Hernaez le presente. Le risque est par contre de vior des pratiquants croire qu'ils travaillent des vraies techniques contre couteau... Et surtout ca n'explique pas les mecs qui tombent tout seuls (mais encore une fois, ca se voit aussi sans arme)

A bientot