vendredi 25 mai 2012

Est-ce du snobisme de s’intéresser à l’Histoire ?

Petite réflexion suite à ce sujet sur Kwoon dans lequel les « érudits », comprendre ceux qui ont eu le malheur de s’intéresser un minimum à leur discipline, passent pour des snobinards, intellos et arrogants. Pourtant à mon sens, ce devrait être une norme à partir d’un certain niveau de pratique et non pas une exception.
Je ne parle bien sûr pas d’avoir des connaissances équivalentes à celles de Lionel qui est un vrai spécialiste du Karaté d’Okinawa et de ses origines, mais de savoir le minimum. Je me souviens en effet du « cours d’histoire » lors de mon passage de DIF. Nous étions 2 sur une vingtaine à avoir des connaissances solides (pas exceptionnelles), et j’ai été frappé par l’ignorance ambiante. Encore une fois je ne parle pas d’une connaissance universelle de tous les styles depuis que le premier primate a collé un pain à son voisin. Juste qu’un futur enseignant de Karaté courant Kase sache qui est Kase, ou sache qui est Jigoro Kano qui reste celui qui a permis au Karaté de s’implanter en métropole. Finalement, une simple base pour pouvoir répondre aux questions de débutants, de parents ou d’enfants.

Connaitre son passé évite de faire ou dire des choses un peu ridicules comme expliquer que le salut en Karaté vient du sabre, ou encore que le Ju Jutsu est un mélange de Judo, de Karaté et d’Aikido. Ou de se retrouver gêné par la question : « c’est qui le monsieur ? » d’un enfant montrant la photo du fondateur. Après tout un gradé, et a fortiori un enseignant, représente son école et le minimum serait de savoir de quoi il parle. La question est d’autant plus vraie plus les grades et les responsabilités augmente. Dans le présent sujet, le président de la fédération de Karaté qui ne connait pas vraiment l’historique de sa discipline, ça me dérange un peu. Mon côté Geek Martial sans doute.

Les passages de grade en Nihon Ju Jutsu avec Roland Hernaez incluent un court entretien sur l’histoire et l’esprit des Budos. Rien de très détaillé, il s’agit surtout de comprendre grossièrement qui a fait quoi. Pouvoir situer Kano, Ueshiba, Funakoshi et bien évidemment Mochizuki. Pas de questions sur le Katori Shinto Ryu ou le Gyokushin ryu pourtant pratiqués par Mochizuki, le but n’est pas de piéger ou de former des historiens mais d’inciter à s’intéresser et à s’inscrire dans une tradition qui nous dépasse. Car c’est finalement la que le bât blesse : c’est aussi cette tradition qui fait de nos pratiques plus que de simples sports.

1 commentaire:

GREG a dit…

Effectivement.
Cela rejoint tout ce qu'on a pu dire récemment. La pratique dans tout ce qu'il y a de plus superficielle ou les arts martiaux ne sont qu'un divertissement, un moyen de montrer ses biscottos et son grand écart.
Bref, rien qui ne soit réellement dans l'esprit des AM.