mercredi 25 janvier 2012

Quand sort-on du cadre de sa discipline?

Une longue (et en grande partie inutile) discussion sur Kwoon m’appelle a me poser la question suivante: a partir de quel moment sort-on de son art pour pratiquer autre chose?

Je m’explique. Ma pratique est le NTJ depuis longtemps et le reste même si mes pratiques annexes ont pu apporter quelques éléments supplémentaires. Mais cela reste du NTJ tant que les principes de l’école sont respectes. A partir du moment où je sors de ces principes de base, il est difficile de considérer que je pratique l’école. A ce titre, les exercices type Aiki Age que je pratique de plus en plus régulièrement et la recherche de créer le déséquilibre sur une saisie sortent du cadre du Nihon Tai Jitsu, du moins tel que je le comprends. Et c’est pourquoi si j’utilise cette façon de faire, je ne l’enseigne pas, et ne compte pas l’enseigner (du moins sous l’appellation NTJ). En effet, le travail de base du NTJ repose sur le Te Hodoki : les dégagements. La réaction classique consistant à effectuer tai sabaki, atemi et te hodoki afin d’enchainer. Il me semble y avoir la une différence majeure avec ces exercices de mise en déséquilibre au contact tels qu’on peut les trouver en Daito Ryu, Hakko Ryu, etc. Est-ce pour autant moins bien ? Pas nécessairement, peut-être moins fin et plus rapide d’accès. Mais pratiquer et enseigner une école c’est suivre sa pédagogie et ses principes.

Je crois que la vision personnelle doit rester ce qu’elle est : personnelle. Les élèves n’auront pas forcement la même vision que leur enseignant et il me semble primordial d’enseigner les bases telles qu’elles sont pour permettre aux élèves a leur tour de se forger leur propre vision.

6 commentaires:

PAKPEIJU a dit…

Question difficile en fait. Car s'il est nécessaire de transmettre une base intacte, nous ne sommes pas des machines. Et l'appropriation qu'on s'en fait de par ses qualités/spécificités physiques et mentales reste inévitable.

La difficulté est alors pour un enseignant de savoir clairement ce qui est de la part de l'école (objectif) par rapport à son apport personnel (subjectif). Et voir ensuite quoi/quand/à qui transmettre cette part subjective.

Xavier a dit…

Bien d'accord, c'est pour ça que je parlais d'un angle plus stratégique comme le choix du te hodoki. Ca serait aussi valable avec une histoire de polyvalents à droite ou à gauche...

Sans être des machines, on doit savoir quand on reste dans la stratégie et l'esprit de l'école, non?

PAKPEIJU a dit…

"Sans être des machines, on doit savoir quand on reste dans la stratégie et l'esprit de l'école, non?"
Tout à fait :)

Je disais juste ça à propos de certains arts où les successeurs/héritiers affirment, souvent en y croyant, qu'ils reproduisent absolument à l'identique les mouvements reçus de leur professeur. Voire à l'identique de ce que faisait le fondateur, parfois quelques siècles plus tôt. C'est pour moi tout bonnement impossible.

Hé, si on lançait un sujet sur Couine-info ? :P

Xavier a dit…

Ca me parait impensable en effet. C'est pour ca a mon avis que les formes du Daito par exemple ne se veulent pas figees contrairement aux principes. Parce qu'au final on a pas tous le meme corps

Ca vaut le coup de lancer un pave dans la mare sur Kwoon, qui s'y colle?

PAKPEIJU a dit…

C'est parti... ;)

Jack a dit…

Je pense que la necessite de pratiquer et reproduire a l'identique est surtout pour la transmission et l'heritage. Car il faut toujours un cadre pour transmettre les principes et les ancrer dans le corps pour qu'ils fassent partie integrante du pratiquant. Mais au niveau de l'utilisation en situation de combat, puisque les principes sont la, au final on ne sort pas vraiment du cadre de la pratique.