lundi 14 novembre 2011

2eme passage a Taichung

Comme déjà indiqué sur le blog de Fred, j’étais de retour a Taichung ce week end, enthousiaste a l’idée de retrouver notre pratique et bien sur mon camarade de jeu. Comme la première fois, nos amis taiwanais nous ont gracieusement fourni une salle superbe, pleine de charme, grande, bref le rêve.

En partant nous ne savions pas combien nous serions. Cela pouvait être Fred, Wesley et moi seulement. Il était possible que Sam vienne également puisque c’est lui qui fournit la salle. En revanche pour les autres, nous étions dans l’inconnue. En arrivant a la salle, le cours d’Aikido précédent venait de finir et quelques élèves et enseignants souhaitaient regarder. La camera est installée sur son pied, les chaises sont posées au bord du tatami, on se croirait presque a Bercy. Qu’a cela ne tienne, nous commençons a nous échauffer, 2-3 shiko et on rentre dans le vif du sujet : te-hodoki puis self souple suivi de nos exercices de contres et surpassements, et même quelques sutemis histoire de bien se réveiller.

Tout cela ne laisse manifestement pas nos spectateurs indifférents puisque plusieurs élèves se changent et nous rejoignent sur le tapis. Nous les invitons à nous rejoindre et commençons a pratiquer. Comme Fred a pu le dire, le panel technique a été particulièrement large, mais il s’agissait de montrer les différentes facettes d’une pratique et ses rapports avec l’Aikido. Les seules choses qui n’ont pas été tellement évoquées sont les atemis (même si présents dans les techniques) et les étranglements (qui présentent moins d’intérêt pour des aikidokas). Nous avons fait un travail de projection (tai otoshi, ippon seoi nage, o soto gari, hachi mawashi, do gaeshi) et de sutemis (uki waza, yoko wakare, yoko guruma) dans un premier temps, notamment en insistant sur la création du déséquilibre, nécessaire pour ne pas y aller comme un bœuf. Puis se sont greffés pêle-mêle clés de doigts, points de pression, techniques de contrôle ainsi que quelques amenées au sol en utilisant le haut du corps sur le bas du corps du partenaire (notamment celle du Tai Sabaki no Kata). Egalement quelques défenses au sol suite à une demande en ce sens.

Nos camarades ont semblé particulièrement intéressé, et ont voulu nous tester un peu (et ils ont bien raison), notamment sur des sorties de clés ou d’immobilisations. Fred a démontré a plusieurs reprises comment le relâchement pouvait aider à sortir de situations délicates, alors qu’il était très bien tenu.

Faute de langue commune, il est difficile de savoir ce que nos camarades ont pensé de ces 4h, mais les quelques commentaires sur facebook (je remercie par avance Google d’améliorer son traducteur depuis le Chinois…) semblent tres positifs et j’espère que nous serons encore plus nombreux la prochaine fois.

Apres cet excellent entrainement, le BBQ sur le rooftop a été plus qu’apprécié et j’avoue qu’a 23h j’avais déjà l’impression qu’il était 3h du matin… Dimanche matin j’ai eu la bonne idée de commencer par un peu de yoga pour me débarrasser des courbatures de la veille, notamment dans le dos, et dans la foulée j’ai pu repartir comme en 40 faire quelques tanren et poussées de mains dans le parc avec Fred. Un entrainement assez court cette fois, de l’ordre d’1h30, mais qui permet de revenir un peu aux fondamentaux, et notamment aux fameux push out qu’il nous est difficile de travailler sinon.

Ce fut donc un week end excellent et j’ai hâte de remettre ca début 2012. Je mettrai quelques photos et vidéos plus tard.


vendredi 11 novembre 2011

Rester neutre

Une discussion sur Kwoon au sujet de l’inertie (et du tristement célèbre Ju Jitsu Butokukai) m’a rappelé les remarques fréquentes auxquelles j’ai droit en Aikido lorsque, selon mes partenaires, je ne pousse pas ou ne mets pas d’intention.

Dans les principes énoncés du JJBu, il est dit : « On tire profit du fait que personne ne peut se passer de sa propre inertie ». Et pourtant, ca me semble non seulement faisable mais également souhaitable… Ne pas se passer de son inertie veut dire que chaque mouvement (frappe, saisie, poussée) implique de se mettre de soi même en déséquilibre en se lançant dans le mouvement, ou tout du moins de casser sa structure et la neutralité qui va avec. Comme pousser une porte de toutes ses forces avant qu’elle ne s’ouvre brutalement. En général, il s’en suit une belle chute. Tout simplement parce que le déséquilibre est compensé par la présence de la porte : quand la porte s’ouvre, la structure est brisée. Un principe de base consiste à utiliser ce phénomène d’action réaction pour faire chuter un adversaire. Mais honnêtement, si ca marche c’est que la personne en face n’est pas si avancée que ca… Et du coup on est en droit de se dire que le but est de déstructurer un mec qui tient debout pas un qui tombe tout seul.

La encore c’est la pratique d’Aunkai qui m’a donné les clés de compréhension, notamment par le biais des exercices de push out. Une erreur commune consiste à mettre le poids de son corps en avant, et dans ce cas si le partenaire se retire, on tombe. Une autre erreur est de pousser en mettant le ventre en avant, les conséquences ne sont pas les mêmes, mais le résultat n’est pas brillant non plus. La bonne manière consiste à pousser depuis une position neutre, verticale. A tout moment le partenaire doit pouvoir enlever brusquement les mains sans que cela change quoi que ce soit à sa propre structure. Ce principe me semble aussi se retrouver en Aikido, mais je n’ai pas l’impression qu’il soit toujours bien compris… mes partenaires me trouvant sans intention quand je me contente de pousser en essayant de conserver une certaine neutralité pour ne pas leur faciliter la tache.

Une idée de base dans les AM est de ne pas se mettre en danger, un bon début me semble être de tenir sur ses jambes.