vendredi 12 août 2011

S’entrainer au Japon

Comme beaucoup de pratiquants, j’ai longtemps rêvé de m’entrainer au Japon. Le rêve (l’illusion ?) d’être Uchi Deshi et de s’entrainer sous la direction d’un maitre. Il m’aura fallu quelques années et de la persévérance pour y parvenir, aller s’entrainer au Japon n’étant pas forcement simple pour un Gaijin.

Plusieurs lieux peuvent accueillir les pratiquants, et pour chacun d’eux les formalités sont différentes. Une lettre de recommandation n’est pas toujours nécessaire, mais souvent recommandée.

Les Hombu Dojos des grandes associations
C’est certainement le plus simple. Le Kodokan, l’Aikikai, le Kyokushinkai, et d’autres sont ouverts aux étrangers qui souhaitent s’entrainer de quelques jours a plusieurs mois, ainsi bien entendu qu’aux résidents. Pour les pratiquants de ces disciplines, c’est bien évidemment le chemin le plus simple !

A ma connaissance, avoir une recommandation pour ces lieux n’est pas nécessaire mais elle peut ouvrir quelques portes. Si Christian Tissier vous recommande chaudement auprès de l’Aikikai, votre visite ne sera certainement pas la même.

Les disciplines plus confidentielles
La c’est tout de suite plus difficile et une recommandation sera vivement recommandée. Celle-ci ne peut pas être écrite par n’importe qui, et il n’est bien sur pas possible de recommander 50 personnes par an sans engager sa crédibilité…

Il m’aura fallu presque 2 ans entre mon arrivée en Asie et mon premier entrainement dans un dojo de ce type. J’avais alors rejoint un groupe de pratiquants du Nihon Tai Jitsu, recommandé par Roland Hernaez. L’entrée dans ces dojos est plus difficile, mais vous faites partie de la famille. Evidemment, pratiquer la discipline au préalable peut grandement faciliter, en particulier si votre prof fait partie des grandes figures.

Chez certains maitres, c’est au contraire beaucoup plus facile. Notre visite chez Akuzawa sensei a par exemple été permise par Kwoon Info, grâce a l’un des élèves avancés du maitre.

Une fois que les personnes sont connues, tout est immédiatement plus simple. Je peux ainsi repasser facilement chez Akuzawa sensei et j’ai tissé d’excellents liens avec le Seibukan lors de ma deuxième visite puis de leur passage a HK.

Plusieurs autres éléments sont à considérer pour pratiquer au Japon, notamment la barrière de la langue et le logement.

La barrière de la langue
Certains diront que dans une discipline corporelle, il n’est pas nécessaire de parler et que l’enseignant arrivera toujours à faire comprendre par les gestes. Ca me parait plus difficile que cela pour certaines disciplines. Par exemple, je ne conçois pas Aunkai sans explications, la force de la discipline réside dans la précision des explications d’Akuzawa et dans la générosité avec laquelle il les dispense. Au Daito Ryu, on pourrait penser que le geste aurait été suffisant, mais ils avaient embauché un traducteur. En plus de la facilité pour communiquer pendant le diner, les explications sont toujours les bienvenues.

Bien sur, si vous parlez japonais ca règle le problème et vous ouvrira également d’autres portes. Le Japon est un pays que l’on ne peut vraiment comprendre qu’en parlant la langue (a mon grand regret parfois, même si mes amis japonisants me donnent des pistes de compréhension).

Le logement
Dormir au dojo fait partie du rêve, mais comme on peut le deviner a la lecture de mon article précédent, ca n’est pas toujours possible, les associations étant souvent locataires.

Se loger au Japon a clairement un prix. Les hôtels sont chers, les chambres petites et les entrées de gamme n’existent pas réellement. Un hôtel convenable à Tokyo (pas du grand luxe) coute facilement 100 euros la nuit. Certains Ryokan comme le New Koyo par exemple sont tres peu chers mais nécessitent de réserver longtemps à l’ avance.

2 commentaires:

Yakimono a dit…

vous avez bel et bien raison, j'estime que c'est toujours mieux d'apprendre un art martial dans on pays d'origine !

Xavier a dit…

Je ne sais pas si la qualité de l'enseignement y est forcément meilleure, on a la chance d'avoir aujourd'hui des experts un peu partout. La France notamment en est remplie et beaucoup d'autres experts voyagent pour donner des stages. Au final on peut avoir accès à ce savoir sans se déplacer

L'intérêt du voyage est surtout culturel je pense: aller à la source, voir comment les locaux s'entraînent, mais aussi découvrir le pays. En ce qui me concerne, vivant de toute façon en Asie, il est plus simple d'aller au Japon qu'en France donc la question ne se pose pas réellement mais je crois qu'il faut être conscient que ce qu'on trouvera dans le pays d'origine ne sera pas forcément techniquement meilleur mais qu'il faut y aller pour un ensemble