mercredi 14 décembre 2011

Dogmatisme et arts martiaux

Le dogmatisme dans les arts martiaux, en particulier chez les férus de tradition, est assez courant mais une discussion sur Kwoon concernant Kuroda m’a confirme a quel point la doctrine peut être contre-productive.

Re-situons le contexte. Nous avons un pratiquant de Iaido, qui dit pratiquer depuis 9 ans (ce qui est à la fois beaucoup et assez peu) et qui nous dit en substance que Kuroda ne vaut pas un clou en s’appuyant sur une connaissance universitaire et des questions de filiation. En regardant la surface en fait.

Personnellement, je n’ai AUCUNE expérience du Iaido, c’est tout juste si j’ai effleuré le Hangumdo lors de mon séjour en Corée. Je ne cherche donc pas à replacer la pratique de Kuroda dans une filiation, tout simplement parce que je n’en suis pas capable. Je ne juge pas non plus de sa technique au sabre pour les mêmes raisons. Je comprends déjà mieux le Jujutsu (c’est pas difficile), et ce que je vois me semble d’un niveau particulièrement élevé. Pas forcement en termes de techniques, mais d’utilisation du corps : les mouvements ne sont pas lisibles (il semble qu’il soit déjà trop tard quand on comprend ce qui se passe) et la fluidité montrée est tout simplement étonnante. A défaut d’avoir moi-même un bon niveau, j’ai eu la chance de rencontrer un paquet de gens considérés comme très bons. Je n’en ai vu aucun bouger comme ca. Est-ce académique ? Je n’en sais rien, ce que je sais c’est que l’essence de la pratique est dans le mouvement et que cette façon de bouger est proprement incroyable. Ce que je vois dans ses vidéos de Iaido semble répondre exactement aux mêmes principes et j’en tire donc les mêmes conclusions. En se focalisant sur des détails qui tiennent plus de la doctrine qu’autre chose, ce pratiquant est pour moi passé à côté de l’essentiel.

Confondre tradition et dogme me semble dangereux. On voit souvent des pratiquants d’écoles authentiques mépriser les écoles plus modernes (alors que toute école a été moderne un jour) sur le seul critère de leur modernité. C’est léger. Ce qui compte dans une école, ce sont les principes et la façon dont ils sont travaillés, pas son âge, pas la clarté de la filiation. Aunkai et le Systema (pour prendre deux exemples qui n’ont rien à voir) n’ont pas ce qu’on pourrait appeler une filiation claire pourtant, malgré leur jeunesse, ces écoles sont visiblement de qualité et offrent un véritable travail de fond. Doivent-elles êtres moins considérées que le Daito-ryu ou le Yagyu Shingan Ryu?

jeudi 8 décembre 2011

Vider sa tasse

Expression courante dans les arts martiaux mais dont l’application l’est moins. Plus je pratique l’Aikido (ce qui, je dois le reconnaitre, reste assez limité) plus je me rends compte de l’importance de cette expression. Je me suis placé dès le premier cours dans une position de débutant qui vient découvrir une discipline nouvelle, même si mon parcours m’a amené à pratiquer des techniques proches. Pourquoi ? Parce que cette « proximité » technique ressemble plus à un piège qu’autre chose.

Prenons par exemple le cours d’hier. Là où sur Shomen Uchi Ikkyo, j’aurais tendance (comme on le voit sur Ippon Dori en Daito Ryu et même souvent en Aikido) à avancer pour mettre Uke en déséquilibre, mon enseignant lui ne le fait pas et précise même qu’il le fait volontairement. Ma façon de faire est-elle meilleure que la sienne ? Vus nos niveaux respectifs, j’en doute. Ma façon est-elle donc mauvaise ? Pas forcément, mais en faisant a ma façon, je ne comprendrai jamais les raisons qui le poussent à faire comme ca, et le cours perdra alors de son intérêt.

En y regardant de plus près, on pourra s’apercevoir que le corps avance légèrement, mais que les pieds ne bougent pas, le déséquilibre est amené mais plus légèrement, ce qui pourrait être un problème s’il faisait la suite d’Ikkyo en avançant, alors qu’ici il est plutôt fait en coupant latéralement. L’entrée est différente parce que la suite l’est également. Est-ce meilleur pour autant ? Je ne crois pas que ca soit le sujet.

Il me semble dangereux et contre productif d’aller dans une autre discipline en voulant faire comme dans la sienne, car chaque école a sa propre façon de faire, sa stratégie, ses principes, sa pédagogie. Certaines sont complémentaires, d’autres non. Dans mon cas, la complémentarité me semble claire : le NTJ pratique avant tout des techniques de combat (qui doivent mener aux principes), l’Aikido travaille sur les principes en utilisant des techniques que je qualifierai de pédagogiques. Une fois ces principes intégrés, leur application dans mes techniques habituelles se fera naturellement, mais griller les étapes n’amènera que de la confusion.

lundi 14 novembre 2011

2eme passage a Taichung

Comme déjà indiqué sur le blog de Fred, j’étais de retour a Taichung ce week end, enthousiaste a l’idée de retrouver notre pratique et bien sur mon camarade de jeu. Comme la première fois, nos amis taiwanais nous ont gracieusement fourni une salle superbe, pleine de charme, grande, bref le rêve.

En partant nous ne savions pas combien nous serions. Cela pouvait être Fred, Wesley et moi seulement. Il était possible que Sam vienne également puisque c’est lui qui fournit la salle. En revanche pour les autres, nous étions dans l’inconnue. En arrivant a la salle, le cours d’Aikido précédent venait de finir et quelques élèves et enseignants souhaitaient regarder. La camera est installée sur son pied, les chaises sont posées au bord du tatami, on se croirait presque a Bercy. Qu’a cela ne tienne, nous commençons a nous échauffer, 2-3 shiko et on rentre dans le vif du sujet : te-hodoki puis self souple suivi de nos exercices de contres et surpassements, et même quelques sutemis histoire de bien se réveiller.

Tout cela ne laisse manifestement pas nos spectateurs indifférents puisque plusieurs élèves se changent et nous rejoignent sur le tapis. Nous les invitons à nous rejoindre et commençons a pratiquer. Comme Fred a pu le dire, le panel technique a été particulièrement large, mais il s’agissait de montrer les différentes facettes d’une pratique et ses rapports avec l’Aikido. Les seules choses qui n’ont pas été tellement évoquées sont les atemis (même si présents dans les techniques) et les étranglements (qui présentent moins d’intérêt pour des aikidokas). Nous avons fait un travail de projection (tai otoshi, ippon seoi nage, o soto gari, hachi mawashi, do gaeshi) et de sutemis (uki waza, yoko wakare, yoko guruma) dans un premier temps, notamment en insistant sur la création du déséquilibre, nécessaire pour ne pas y aller comme un bœuf. Puis se sont greffés pêle-mêle clés de doigts, points de pression, techniques de contrôle ainsi que quelques amenées au sol en utilisant le haut du corps sur le bas du corps du partenaire (notamment celle du Tai Sabaki no Kata). Egalement quelques défenses au sol suite à une demande en ce sens.

Nos camarades ont semblé particulièrement intéressé, et ont voulu nous tester un peu (et ils ont bien raison), notamment sur des sorties de clés ou d’immobilisations. Fred a démontré a plusieurs reprises comment le relâchement pouvait aider à sortir de situations délicates, alors qu’il était très bien tenu.

Faute de langue commune, il est difficile de savoir ce que nos camarades ont pensé de ces 4h, mais les quelques commentaires sur facebook (je remercie par avance Google d’améliorer son traducteur depuis le Chinois…) semblent tres positifs et j’espère que nous serons encore plus nombreux la prochaine fois.

Apres cet excellent entrainement, le BBQ sur le rooftop a été plus qu’apprécié et j’avoue qu’a 23h j’avais déjà l’impression qu’il était 3h du matin… Dimanche matin j’ai eu la bonne idée de commencer par un peu de yoga pour me débarrasser des courbatures de la veille, notamment dans le dos, et dans la foulée j’ai pu repartir comme en 40 faire quelques tanren et poussées de mains dans le parc avec Fred. Un entrainement assez court cette fois, de l’ordre d’1h30, mais qui permet de revenir un peu aux fondamentaux, et notamment aux fameux push out qu’il nous est difficile de travailler sinon.

Ce fut donc un week end excellent et j’ai hâte de remettre ca début 2012. Je mettrai quelques photos et vidéos plus tard.


vendredi 11 novembre 2011

Rester neutre

Une discussion sur Kwoon au sujet de l’inertie (et du tristement célèbre Ju Jitsu Butokukai) m’a rappelé les remarques fréquentes auxquelles j’ai droit en Aikido lorsque, selon mes partenaires, je ne pousse pas ou ne mets pas d’intention.

Dans les principes énoncés du JJBu, il est dit : « On tire profit du fait que personne ne peut se passer de sa propre inertie ». Et pourtant, ca me semble non seulement faisable mais également souhaitable… Ne pas se passer de son inertie veut dire que chaque mouvement (frappe, saisie, poussée) implique de se mettre de soi même en déséquilibre en se lançant dans le mouvement, ou tout du moins de casser sa structure et la neutralité qui va avec. Comme pousser une porte de toutes ses forces avant qu’elle ne s’ouvre brutalement. En général, il s’en suit une belle chute. Tout simplement parce que le déséquilibre est compensé par la présence de la porte : quand la porte s’ouvre, la structure est brisée. Un principe de base consiste à utiliser ce phénomène d’action réaction pour faire chuter un adversaire. Mais honnêtement, si ca marche c’est que la personne en face n’est pas si avancée que ca… Et du coup on est en droit de se dire que le but est de déstructurer un mec qui tient debout pas un qui tombe tout seul.

La encore c’est la pratique d’Aunkai qui m’a donné les clés de compréhension, notamment par le biais des exercices de push out. Une erreur commune consiste à mettre le poids de son corps en avant, et dans ce cas si le partenaire se retire, on tombe. Une autre erreur est de pousser en mettant le ventre en avant, les conséquences ne sont pas les mêmes, mais le résultat n’est pas brillant non plus. La bonne manière consiste à pousser depuis une position neutre, verticale. A tout moment le partenaire doit pouvoir enlever brusquement les mains sans que cela change quoi que ce soit à sa propre structure. Ce principe me semble aussi se retrouver en Aikido, mais je n’ai pas l’impression qu’il soit toujours bien compris… mes partenaires me trouvant sans intention quand je me contente de pousser en essayant de conserver une certaine neutralité pour ne pas leur faciliter la tache.

Une idée de base dans les AM est de ne pas se mettre en danger, un bon début me semble être de tenir sur ses jambes.

mardi 25 octobre 2011

Rencontre a HK et premier cours de NTJ

J’ai été contacté la semaine derniere par un ancien pratiquant d’Aikido et de Kickboxing qui vit à HK depuis deux mois. Apres 2 ans et demi de disette martiale il souhaitait reprendre et nous sommes donc allés nous entrainer dans le célèbre Hombu Dojo d’Happy Valley. Tellement célèbre que quand je suis arrivé, les petits vieux de la réception sont immédiatement parti chercher les tatamis… pourtant notre dernier passage avec Fred remonte déjà a plusieurs mois.

J’ai donc introduit cette personne aux fondations du Nihon Tai Jitsu, notamment les te hodoki, tai sabakis et les deux premiers mouvements de base (atemi, clé, projection). Nous avions d’abord commencé par un peu de self pour me permettre de situer ou il en était. J’en ai profité pour montrer ce qui me semble important comme différences de méthode et de stratégie par rapport à l’Aikido. Les deux disciplines ont beau être passionnantes et présenter des similarités, elles n’en restent pas moins différentes, ne serait ce que du fait de leur objectif.

Malgré un passage a vide (du a une naissance), il a de beaux restes et la pratique a été très agréable. Il a manifestement été intéressé par ce que j’avais a proposer et il est donc probable que nous nous reverrons prochainement.

lundi 24 octobre 2011

Aikido avec Tominaga Shihan

Tominaga Shihan, 6eme dan Aikikai, était ce week end à HK avec 5 de ses élèves et nous a donné un stage pour l’occasion. 2x2h le samedi et 2h le dimanche, en ce qui me concerne, la coupe du monde de rugby ne m’a permis de participer que le samedi.

Ce fut extrêmement intéressant. Le style est assez direct, et j’aime particulièrement sa façon de faire Irimi Nage qui est plus facile pour moi que celle de mon enseignant habituel. Le travail du matin s’est concentré sur des techniques de base : Shiho Nage et Irimi Nage notamment, et un peu de travail en sensation de type Tui Shou. Le travail de l’après midi m’a semblé plus riche avec un gros travail sur le contact et le déséquilibre sans utiliser de leviers. La façon dont Ikkyo a été présenté ressemble d’ailleurs étrangement avec ce que j’avais pu voir chez Akuzawa : pas de levier sur le coude mais un déséquilibre venant tout simplement de sa propre structure. De même sur Kote Gaeshi qui a été démontré en tenant le poignet et sans faire de contrôle articulaire. La simple saisie lui permet de contrôler Uke et de l’amener ou il lui souhaite.

Un travail très fin donc. Peut être trop. En regardant mon partenaire ou les autres pratiquants autour de moi, j’ai remarqué que tous continuaient à travailler sur les contraintes articulaires. C’est un travail de longue haleine qu’il est probablement difficile de faire passer en si peu de temps.

vendredi 21 octobre 2011

La limite de la technique

Cet article fait écho à celui de Fred sur “Le chemin” ainsi qu’a une discussion récente sur Kwoon. Cette discussion a montré une incompréhension nette entre les pratiquants de « techniques » et ceux de « principes », i.e. ceux qui pensent que la technique est l’alpha et l’omega contre ceux qui la voient comme l’application d’un principe.

Mon choix est très vite fait : je me place (ou du moins j’essaie) du côté des principes. Pourquoi ? Parce que la technique ne peut être qu’un cas particulier. C’est ce qui explique pourquoi certaines écoles dénombrent 3000 techniques : kote gaeshi sur saisie d’un poignet direct, kote gaeshi sur saisie de poignet croisé... on peut effectivement aller loin comme ca. Est-ce que ca change fondamentalement les principes qui sous-tendent la clé ? J’en doute.

Je retrouve dans cette façon faire ce que je condamnais chez certains de mes camarades de classe prépa dans leur façon de faire des maths. Pour eux il s’agissait avant tout de faire toutes les annales possibles et imaginables. Admettons. Le problème, c’est que ca prend un temps considérable et qu’un exercice n’est qu’un cas particulier : savoir le répéter peut servir mais dès qu’un paramètre change, il n’y a plus personne. Comprendre les principes mathématiques qui sont derrière pour pouvoir appliquer à l’ensemble des cas particuliers est clairement plus pertinent à mon sens. Rien ne les empêchera de faire des annales après pour tester leur compréhension du principe.

Le même problème se retrouve avec le par-cœur, cher à certains enseignants. Finalement apprendre des centaines de techniques sans en comprendre le sens, n’est ce pas avoir un tête bien pleine plutôt qu’une tête bien faite ?

vendredi 14 octobre 2011

L’influence de l’âge sur la pratique

Suite à une discussion sur Kwoon au sujet d’un prétendu maitre de 78 ans, dont la pratique a la vue de ses vidéos et au contact pour avoir eu l’occasion de le rencontrer, n’est pas ce que je considère comme étant d’un haut niveau (pour rester poli). Un argument, facile, consiste a dire que c’est normal a son âge. Pourtant si on y regarde de plus près, d’autres maitres septuagénaires ne semblent pas voir ce problème…

J’ai eu la chance de rencontrer des pratiquants de tous niveaux, de divers arts martiaux et sur pas mal d’endroits du globe. Certains d’entre eux ont plusieurs décennies de pratique derrière eux, et clairement ca se sent. Bien sur, a un certain âge les techniques sont moins vives, moins athlétiques, et d’une certaine façon tant mieux ! Tous ont en commun une qualité de placement et une façon d’utiliser le corps plus fine que celle du pratiquant lambda. Sans être a l’image des experts de l’utilisation du corps tels que Sagawa, Hino ou Akuzawa, leur pratique diffère nettement de celle des jeunes loups, et j’ai envie de dire heureusement. Compter sur sa force physique mène forcement à une impasse alors que l’âge nous rattrape. C’est acceptable pour un sportif de haut niveau d’une part parce que la force athlétique est plus rapide à acquérir qu’une modification de l’utilisation du corps, d’autre part parce qu’un athlète de haut niveau prend sa retraite jeune, et donc en pleine force de l’âge.

Cette évolution dans la pratique est nécessaire et est le signe d’un véritable travail de fond. Voir que cette personne ne travaille qu’en force a près de 80 ans indique une pratique de mauvaise qualité, soyons honnêtes.

lundi 12 septembre 2011

De beaux sutemis de Judo

J'ai trouvé cette vidéo à l'instant et je la trouve intéressante. Quelques sutemis de Judo sont démontrés, de façon souple et didactique. Je ne sais pas qui est l'enseignant mais j'aime beaucoup, on est loin du "Godo" que je décriais il n'y a pas si longtemps

mardi 6 septembre 2011

Petite introduction au NTJ a Taichung

Fred a déjà fait un magnifique compte rendu et il va m’être difficile de l’égaler. Comme lui j’attendais ce week end avec impatience, en plus de l’amitié qui nous lie, la pratique du Jujutsu me manque cruellement. Entendons nous bien, j’apprécie énormément le travail propose par mon professeur d’Aikido ainsi que les tanren d’Aunkai, mais les spécificités de notre pratique (sa diversité technique, ses sutemis et son travail en contrainte notamment) me manquent et sont il faut le dire la ou je prends le plus de plaisir.

L’accueil de Sam et Wesley a été excellent et j’avoue avoir apprécié que Sam demande à découvrir ma pratique. Même si je ne suis pas le premier à enseigner et que j’ai tendance à pratiquer dans mon coin, on a son ego et savoir que ce qu’on fait intéresse des gens est toujours plaisant.

Il me semblait intéressant d’amener cette pratique en parallèle de l’Aikido pratiqué par nos hôtes. Apres tout, l’Aikido Yoseikan est de l’Aikido (même s’il est très spécifique) et le NTJ en descend directement. Je voulais montrer deux specificités que l’on ne retrouve pas réellement à l’Aikido : le travail en contrainte et les sutemis. Le premier parce que les techniques de l’Aikido sont finalement proches mais ces techniques montrent une différence claire d’était d’esprit. Le deuxième parce qu’il me semble conserver tout simplement le principe du cercle et la notion de prise de centre chers a l’Aikido, mais verticalement. Les sutemis amènent aussi cette notion de contre et de surpassement, si importante dans notre pratique.

Je dois rendre hommage d’une part a l’ouverture d’esprit de nos hôtes qui ont accepté avec enthousiasme nos différences et surtout ont eu le courage de se remettre en question et de chercher à comprendre quand leurs techniques ne fonctionnaient pas sur nous. C’est pour moi la richesse de ces échanges de se retrouver face à ses propres limites et de comprendre comment les dépasser. Tout le monde n’en est pas capable et je suis heureux d’avoir rencontre des gens qui ont cette démarche.

Mais surtout je tiens à remercier Fred, qui non content d’être un excellent pratiquant et un ami sincère a cette capacité incroyable de donner sans jamais rien attendre en retour. Je connais peu de gens qui auraient subi mes techniques pendant 4h30 non-stop sans broncher. A charge de revanche.

Toutes les techniques ont été filmées, je devrais donc en mettre un certain nombre sur youtube dans les prochains jours.

vendredi 26 août 2011

Judo, en attendant Godo

Comme beaucoup de pratiquants d’arts martiaux, j’ai une affection particulière pour le Judo. Déjà parce que c’est la seule discipline accessible aux jeunes enfants et que donc comme beaucoup j’y ai fait mes premières armes, même si ca n’a pas duré. Ensuite parce que j’aime l’esprit qui sous tend la discipline, a l’image de ce qu’on peut voir dans les vidéos de Mifune. Une pratique souple et fine, dans laquelle le combat n’est pas un simple fantasme.

J’aime en revanche moins son évolution, qui en fait pour moi plus un Godo qu’un Judo (Go/Dur, par opposition a Ju/Souple) et je ne prends même plus de plaisir a voir les combats d’athlètes tout en muscles, complètement penchés et qui travaillent tout en force. Plus bourrin tu meurs. J’ai en particulier du mal quand je vois les « victoires » des combattants. Dernier exemple en date Gévrise Emane, qui vient de gagner les championnats du monde (ce qui n’est pas rien, loin de moi l’envie d’enlever quoi que ce soit a la performance ou au travail effectué pour en arriver la) : victoire aux points en finale, victoire par yuko en demies. Il y a de quoi rester sur sa faim.

C’est une sensation de plus en plus fréquente, il est rare de voir de vrais ippons, nets et sans bavure. Tori qui projette Uke sur le dos sèchement. Au lieu de ca on voit souvent deux mecs qui s’accrochent l’un a l’autre et qui tentent de passer un croche pattes tout en force, avant de tomber lamentablement tous les deux au sol… C’est ca un ippon ? Je croyais que c’était une chute sur les deux épaules démontrant le contrôle de Tori tout du long et d’une amplitude suffisante. Mais admettons.

Minoru Mochizuki, pourtant élève de Kano et Mifune, avait pris ses distances du Kodokan pour ses raisons, regrettant cette dérive. Mais peut-on seulement lutter contre ce genre de dérives ? Ou doit-on se contenter d’espérer que tout le monde ne les suive pas ?

jeudi 18 août 2011

Un nouveau déclic lié a Aunkai

J’ai eu un déclic intéressant hier en tant qu’Uke pendant mon cours d’Aikido alors que nous pratiquions un exercice de relâchement. Le but de l’exercice est simple, Uke saisit le poignet de Tori à 2 mains et lui remonte, tandis que Tori doit se relâcher suffisamment pour annihiler l’action d’Uke et l’amener au sol.
Mon déclic a donc été en tant qu’Uke. Alors que mon partenaire commençait à m’amener dangereusement vers le sol, et que j’étais donc dans une position de squat, j’ai essayé de remonter de la même façon que dans Shiko ou TCJ, c'est-à-dire en étant tiré par la colonne vertébrale plutôt qu’en utilisant mes bras pour remonter le sien.
A en juger par le grognement immédiat de mon partenaire, ca fonctionne plutôt bien.

mardi 16 août 2011

Différentes méthodes d'utilisation du corps

Parmi les plus grands maitres actuels (Kono Yoshinori, Kuroda Tetsuzan, Hino Akira, Akuzawa Minoru pour ne citer qu’eux), il me semble que si la façon d’utiliser le corps est au cœur de leurs pratiques, les résultats obtenus sont très différents. Un point qui me semble notamment différer énormément entre Akuzawa et les 3 premiers est la perception par Uke (je précise que je n’ai touché qu’Akuzawa donc ma compréhension pour les autres se limite à ce que j’ai pu en lire).

En effet, Hino (par exemple) semble imperceptible par ses partenaires, qui tombent sans avoir réellement compris pourquoi. Akuzawa au contraire est, a mon sens, plus que perceptible. Se faire frapper par Akuzawa, c’est comme être percuté par un TGV : perceptible mais absolument irrésistible. La comparaison régulière avec une tornade me semble plus qu’appropriée.

A défaut d’avoir pu toucher Hino, Kono ou Kuroda, j’ai le sentiment qu’ils se situent dans un registre plus proche de mon enseignant d’Aikido mais à un niveau plus élevé. Son contact me semble toujours particulièrement intéressant parce qu’il est ferme et doux à la fois. Lorsque j’ai l’occasion de lui servir d’Uke, j’essaie continuellement de trouver une solution pour ne pas être projeté, pour absorber ce qu’il m’envoie. Non pas par « mauvais esprit » comme on peut l’entendre parfois mais pour comprendre ce qui se passe et progresser. A ce jour je n’ai jamais pu bloquer un seul de ces mouvements, ni même le perturber. Pourtant au contraire d’Akuzawa, je n’ai pas l’impression de tenir un roc d’une puissance phénoménale, mais plus une ficelle qui bougerait librement sans s’occuper de moi, de façon totalement relâchée.

Au final une méthode semble plus axée sur le vide et l'autre sur le plein, les deux faces d'une même pièce.


samedi 13 août 2011

Gyokushin-Ryu Aikido (2)

Les informations sur le Gyokushin Ryu Jujutsu sont rares, et le fait qu’il ne reste aucun représentant de la discipline n’aide pas. L’interview de Minoru Mochizuki par Stanley Pranin en avril 1983 ainsi que des articles écrits par David Orange Jr (notamment sur e-budo) permettent de comprendre un peu mieux les liens qui relient Minoru Mochizuki a cette école. Compte tenu du peu de sources disponibles, et même si elles se recoupent, je laisse le conditionnel. Je n’ai pas trouvé de sources en Français mais uniquement en Anglais, il est donc possible qu’il y ait des erreurs de traduction/interprétation de ma part.

En 1924, Mochizuki pratiquait le Judo au dojo de Tokusanbo sensei. C’est à cette époque qu’il a rencontré Sanjuro Oshima, un enseignant de Gyokushin-ryu Jujutsu, un ancien style de Jujutsu, qui vivait près de sa sœur. Cet enseignant souhaitait préserver l’héritage des écoles classiques, et proposa à Mochizuki de lui enseigner gratuitement son art. En plus des cours, un repas lui était offert (apparemment les gâteaux qu’il offrait aux dieux sur l’autel – le vieil homme étant un prêtre shinto).
Les premiers niveaux de l’entrainement du Gyokushin-Ryu étaient uniquement orientés katas, ce qui rendait la pratique particulièrement austère. Apres quelques temps, Mochizuki fut le seul élève. Il obtient le Shoden Kirishi Mokuroku (équivalent à un premier dan) après environ 6 mois de pratique et quitta l’école pour se concentrer sur le Judo, plus ludique. Sanjuro Oshima l’aurait prié de continuer la pratique, lui disant qu’il y avait énormément de sutemis par la suite. D’après David Orange Jr, Minoru Mochizuki n’aurait pas réellement appris les sutemis à cette époque, mais les katas et le poème de l’école (je precise que sa source est Minoru Mochizuki).

Dans l’interview de Stanley Pranin, Mochizuki sensei se remémore les paroles de son maitre : « Le nom de notre tradition est le Gyokushin Ryu. Les kanjis qui composent ce nom signifient « esprit sphérique ». Une balle qui roule librement. Peu importe de quel côté elle est poussée elle s’éloignera en roulant. C’est l’esprit que le Gyokushin Ryu cherche à transmettre à ses membres. Si vous faites cela, rien au monde ne pourra vous perturber ».Ces mots prirent réellement sens quelques décennies plus tard pour Mochizuki lorsqu’il atteint l’âge de 50 ans. Il chercha alors un représentant de l’école et découvrit qu’il en était le seul diplômé encore en vie. C’est ainsi qu’il se consacra a recréer cette école et redécouvrir ses techniques (en particulier les fameux sutemis).

Concernant le nom de l’école, Mochizuki considérait les sutemis qu’il enseignait comme « Yoseikan Ryu Gyokushin Jujutsu ». A la fin de sa vie, Minoru Mochizuki transmit son école à son fils Hiroo, fondateur du Yoseikan Budo. Ses anciens élèves se regroupèrent sous le nom de Seifukai, ne pouvant plus utiliser le nom Yoseikan. Lorsqu'il décida de quitter le Seifukai, Washizu sensei nomma sa pratique Gyokushin Ryu Aikido.

vendredi 12 août 2011

S’entrainer au Japon

Comme beaucoup de pratiquants, j’ai longtemps rêvé de m’entrainer au Japon. Le rêve (l’illusion ?) d’être Uchi Deshi et de s’entrainer sous la direction d’un maitre. Il m’aura fallu quelques années et de la persévérance pour y parvenir, aller s’entrainer au Japon n’étant pas forcement simple pour un Gaijin.

Plusieurs lieux peuvent accueillir les pratiquants, et pour chacun d’eux les formalités sont différentes. Une lettre de recommandation n’est pas toujours nécessaire, mais souvent recommandée.

Les Hombu Dojos des grandes associations
C’est certainement le plus simple. Le Kodokan, l’Aikikai, le Kyokushinkai, et d’autres sont ouverts aux étrangers qui souhaitent s’entrainer de quelques jours a plusieurs mois, ainsi bien entendu qu’aux résidents. Pour les pratiquants de ces disciplines, c’est bien évidemment le chemin le plus simple !

A ma connaissance, avoir une recommandation pour ces lieux n’est pas nécessaire mais elle peut ouvrir quelques portes. Si Christian Tissier vous recommande chaudement auprès de l’Aikikai, votre visite ne sera certainement pas la même.

Les disciplines plus confidentielles
La c’est tout de suite plus difficile et une recommandation sera vivement recommandée. Celle-ci ne peut pas être écrite par n’importe qui, et il n’est bien sur pas possible de recommander 50 personnes par an sans engager sa crédibilité…

Il m’aura fallu presque 2 ans entre mon arrivée en Asie et mon premier entrainement dans un dojo de ce type. J’avais alors rejoint un groupe de pratiquants du Nihon Tai Jitsu, recommandé par Roland Hernaez. L’entrée dans ces dojos est plus difficile, mais vous faites partie de la famille. Evidemment, pratiquer la discipline au préalable peut grandement faciliter, en particulier si votre prof fait partie des grandes figures.

Chez certains maitres, c’est au contraire beaucoup plus facile. Notre visite chez Akuzawa sensei a par exemple été permise par Kwoon Info, grâce a l’un des élèves avancés du maitre.

Une fois que les personnes sont connues, tout est immédiatement plus simple. Je peux ainsi repasser facilement chez Akuzawa sensei et j’ai tissé d’excellents liens avec le Seibukan lors de ma deuxième visite puis de leur passage a HK.

Plusieurs autres éléments sont à considérer pour pratiquer au Japon, notamment la barrière de la langue et le logement.

La barrière de la langue
Certains diront que dans une discipline corporelle, il n’est pas nécessaire de parler et que l’enseignant arrivera toujours à faire comprendre par les gestes. Ca me parait plus difficile que cela pour certaines disciplines. Par exemple, je ne conçois pas Aunkai sans explications, la force de la discipline réside dans la précision des explications d’Akuzawa et dans la générosité avec laquelle il les dispense. Au Daito Ryu, on pourrait penser que le geste aurait été suffisant, mais ils avaient embauché un traducteur. En plus de la facilité pour communiquer pendant le diner, les explications sont toujours les bienvenues.

Bien sur, si vous parlez japonais ca règle le problème et vous ouvrira également d’autres portes. Le Japon est un pays que l’on ne peut vraiment comprendre qu’en parlant la langue (a mon grand regret parfois, même si mes amis japonisants me donnent des pistes de compréhension).

Le logement
Dormir au dojo fait partie du rêve, mais comme on peut le deviner a la lecture de mon article précédent, ca n’est pas toujours possible, les associations étant souvent locataires.

Se loger au Japon a clairement un prix. Les hôtels sont chers, les chambres petites et les entrées de gamme n’existent pas réellement. Un hôtel convenable à Tokyo (pas du grand luxe) coute facilement 100 euros la nuit. Certains Ryokan comme le New Koyo par exemple sont tres peu chers mais nécessitent de réserver longtemps à l’ avance.

jeudi 11 août 2011

Les dojos au Japon

Le dojo (道場), littéralement le lieu où l’on étudie la voie, fait l’objet de nombreux fantasmes, en particulier de la part de pratiquants non japonais. Moi le premier, j’imaginais un lieu presque sacré, avec des tatamis en paille de riz et une ambiance particulière, appartenant a une école spécifique. En réalité, si ces dojos existent, ils ne sont probablement pas la majorité, l’immobilier au Japon étant une réalité bien connue.

J’ai eu l’occasion lors de mes séjours au Japon de voir différents types de dojos. Il en existe probablement d’autres, et si c’est le cas je serai ravi de les découvrir.

Les grandes associations
Des associations comme le Kodokan (Judo) ou l’Aikikai (Aikido) ont bien évidemment des dojos de très grande taille pour accueillir les étudiants locaux comme étrangers. Je n’ai pas visité l’Aikikai mais je suis passé au Kodokan. Celui-ci a plusieurs étages de tatamis, et comme vous pourrez le voir sur la photo ci-dessous, un étage est suffisamment grand pour accueillir plusieurs cours. Au Kodokan il est également possible de regarder les cours du dernier étage depuis les tribunes. Un bon moyen de découvrir la discipline sans servir de sac !



Les petites associations
C’est le cas du Seifukai (ex Yoseikan Aiki) de Shizuoka. Le dojo était le rez de chaussée de la maison de Minoru Mochizuki, aujourd’hui l’étage a été rasé et le Seifukai est locataire. C’est pour moi le type de dojo le plus marquant dans le sens ou il est intimement lié a une école. Bien que n’étant plus propriétaire et malgré le décès du Me Mochizuki, les murs sont couverts de photographies, de diplômes, de souvenirs. Ici une photo avec le Me Mifune, la un diplôme honorifique du NTJ. On y trouve également un autel au fond de la salle. Le lieu est chargé d'histoire.




Les salles publiques
Il est possible au Japon de louer des dojos magnifiques, mi-tatamis, mi-parquet. Ils peuvent être loués de façon exclusive (comme nous avons pu le faire avec le Daito Ryu Takumakai a Osaka) ou être partagés. Dans ce dernier cas, on peut voir différents petits groupes se partager la salle et pratiquer. Nous avons eu le cas lors de notre séminaire avec Akuzawa : nous avions a cote de nous du Shorinji Kempo (pas le SK « classique » mais une école de Karaté du même nom), un sabreur, des pratiquants de Wushu et des boxeurs thai. Amusant quand on connait la culture du secret propre aux AM Japonais !




Les autres lieux
Une autre surprise fut ma découverte du Seibukan. S’ils étaient dans un lieu équivalent au Kodokan il y a quelques années, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les cours de Kawano sensei se déroulent à Kyoto dans un jardin d’enfants. Il s’agit d’une salle de sport telle qu’on peut les voir en France, avec un sol en lino. Pas de tatamis. En guise de tapis, il est possible d’utiliser des tapis de gymnastique, de tailles/épaisseurs/duretés différentes et qui de ce fait ne s’emboitent pas parfaitement. Nous avions fait notre démonstration avec les pratiquants du NTJ a cet endroit, et c’est la que j’ai passé mon Sandan. Expérience intéressante puisqu’elle oblige a porter une très grande attention au sol pour ne pas se tordre une cheville.

Les entrainements d’Aunkai chez Minoru Akuzawa sont eux dans une petite salle de réunion à Fujimidai. Les tables sont rangées dans un coin et Sensei utilise parfois le tableau pour écrire des Kanjis et expliquer un principe. La encore on est tres loin de l’image d’Epinal que l’on peut avoir depuis l’étranger. Pourtant, comme au Seibukan, la pratique reste on ne peut plus sérieuse et de qualité.



Les lieux de Gala
Je ne sais pas si ces lieux servent aussi a des entrainements réguliers, mais ils permettent d’accueillir de nombreux pratiquants/spectateurs lors des galas. En septembre, Fred et moi étions passé au Butokuden/Budo Center de Kyoto, un lieu superbe qui ferait rêver plus d’un pratiquant.


Je n'ai pas eu l'occasion d'aller dans des dojos privés au Japon, seulement en Corée ou le dojang et l'appartement du maitre ne faisaient qu'un. Ces lieux existent forcement aussi au Japon, mais comme souvent la queston est de savoir comment y accéder.

mercredi 10 août 2011

Gyokushin-Ryu Aikido (1)

Comme promis, voici une photo de l'éventail qui m'a été offert au Yoseikan dojo de Shizuoka. Lionel a confirmé, les Kanjis correspondent bien à "Gyokushin Ryu Aikido".


J'ai malheureusement peu d'infos sur cette école, qui s'était faite une spécialité des sutemis. A noter qu'il y a aussi une école de Ninjutsu qui s'appelle Gyokushin Ryu.

mardi 9 août 2011

Aunkai / Akuzawa sensei - Tokyo Juin 2011

Profitant d’un voyage à Tokyo pour le boulot, je suis passé m’entrainer à Fujimidai. Pourquoi avoir attendu 2 mois pour en parler ? Tout simplement parce que c’était trop frais et qu’il m’a fallu du temps pour faire le tri. C'etait aussi mon premier passage depuis plus d'un an, mon corps a enormement changé depuis et j'avais besoin de corrections adaptées a mon nouveau corps. Besoin aussi de me faire recadrer apres un an de pratique solitaire.

L’entrainement chez Akuzawa sensei est tres différent de ce que l’on pratique en général chez soi, i.e. majoritairement Maho, TCJ et Shiko (plus Shintaijuku et autres Ashi Age). Et pour cause, ses élèves pratiquent également ces exercices chez eux, pas au dojo (ou du moins tres peu). A noter que nous n’avons pas non plus fait de push out, ni d’autres exercices de poussées. Mais alors que reste-t-il ?

Il reste beaucoup, énormément même. D’où mon indigestion et mon silence. Comme les fois précédentes, la première heure s’est concentrée sur des exercices avec gants et pattes d’ours, pour apprendre à sortir et a recevoir la force, dans différentes positions. Ensuite nous avons travaille de nombreux exercices de tsuki en déplacement (que je ne décrirai pas) ainsi qu’un exercice qui ressemble a du Xin Yi et qui permet de sentir l’enfoncement dans les kuas et le « rebond » pour renvoyer la force. Nous avons fini par les exercices type Tui Shou, comme lors de mes précédents passages.

Au final j’ai vu beaucoup de nouveaux exercices, mais peu que je garderai, tout simplement parce que je n’ai pas suffisamment compris les autres. Aunkai est une pratique fine, et il me semble préférable de faire moins de tanren et les faire correctement que le contraire. J’essaierai de travailler regulierement les quelques uns que j’ai compris. J’ai été impressionné par la progression de tous les élèves. La plupart étaient déjà solides il y a un an, mais rien de comparable avec ce que j’ai vu et touché cette fois. Difficile de suivre le rythme en étant aussi loin de la source.

Pour finir, un grand merci a Eric qui m'a aidé tout a long de la soirée a comprendre les explications d'Akuzawa!

Sutemis

Une des fortes spécificités de l’école de Minoru Mochizuki, l’Aikido Yoseikan, et de ce fait des écoles qui en découlent (telles que le NTJ) est l’utilisation des sutemis. Considerant le passif de Minoru Mochizuki en Judo et Aikido, beaucoup considèrent que ces sutemis viennent du Judo… après tout la fameuse « planchette japonaise » (Tomoe Nage) est une technique de Judo.

En réalité, et on peut remercier Internet qui facilite l’accès a l’information, ces sutemis viennent du Gyokushin Ryu Jujutsu (étudié sous la direction d’Oshima Sanjuro). Le nom Yoseikan appartenant maintenant integralement a Hiroo Mochizuki, fils du précédent et fondateur du Yoseikan Budo, les anciens eleves de Minoru Mochizuki, regroupés sous le nom de Seifukai, utilisent si j’ai bien compris le nom de Gyokushin Aikido. J’ai d’ailleurs un superbe éventail ou ce nom est calligraphié. A l’occasion j’en posterai une photo et les japonisants pourront confirmer.

Une interview de Shimizu sensei sur le blog de Leo Tamaki, indique également qu’à l’époque ou Minoru Mochizuki était Uchi Deshi chez Morihei Ueshiba, ce dernier montrait régulièrement des sutemis.

Les sutemis de la méthode présentent quelques spécificités qu’on ne retrouve pas à ma connaissance ailleurs, notamment le balancier de la jambe qui ajoute une très forte inertie a la projection. Le rendu acrobatique ou pas me semble en réalité un détail à condition que les autres critères d’exécution soient bien appliqués.

L’intérêt du sutemi est que bien exécuté il ne requiert aucune force, mieux il n’est pas réellement possible d’utiliser de force. En ce sens le sutemi me semble un excellent outil de compréhension. Le timing et la prise de centre sont essentiels : ne pas prendre le centre de son partenaire/adversaire l’amène a coup sur à nous tomber dessus ou met Tori au sol en laissant Uke debout.

Contrairement à ce qui se dit, le sutemi est une technique peu exigeante physiquement dans le sens ou elle demande de se laisser tomber pour entrainer son adversaire. Bien sur le risque de se casser le coccyx, ou l’effort de se relever existe. Mais si l’on regarde les pratiquants du Gyokushin Ryu, Washizu sensei en tête, il n’est pas nécessaire d’avoir 20 ans pour pratiquer les sutemis.

mardi 21 juin 2011

Aikido: la forme ou le fond?

Au risque de faire hurler les aikidokas, plus je pratique l’Aikido et plus je crois que les formes pratiquées ne le sont pas dans le but d’être appliquées en tant que telles. La façon de travailler en elle-même me semble trop éloignée de la réalité. Qui attaque par une saisie de poignet sans l’accompagner de la moindre frappe ? (déjà qui attaque par une saisie de poignet ?). Les attaques et les réponses en Aikido sont particulièrement codifiées, a l’exact opposé d’un affrontement.
Mais si ces techniques ne sont pas travaillées pour être appliquées telles quelles, elles n’en ont a mon avis pas moins d’intérêt pour autant. Ce que je comprends de l’Aikido est qu’il est essentiellement un travail sur les principes : bouger de façon relâchée, « centrée » et être capable de prendre le « centre » de l’autre (donc contrôler sa structure). Tout un programme ! Les différents exercices réalisés me semblent avant tout servir à former le corps pour atteindre ce but. Créer un déséquilibre par un simple age-te, relâcher ses membres sous la contrainte, travailler avec son corps plus qu’avec ses épaules, etc. Une fois ces qualités acquises, la technique me semble importer au final assez peu.
Cette approche me semble malheureusement présenter deux inconvénients. Tout d’abord je crois que beaucoup de pratiquants se contentent de l’aspect technique (la forme) en croyant pouvoir étaler Mike Tyson d’un Ikkyo… L’autre problème est la capacité à comprendre et assimiler ces principes, ce qui présuppose d’avoir un enseignant qui les maitrise et qui sache les transmettre. Honnêtement, sans Aunkai je crois que je passerais a coté d’une très grosse partie de ce que mon prof d’Aikido essaie de nous donner à chaque cours. Je ne crois pas a la formule magique qui veuille qu’en faisant le même mouvement 10,000 fois on finisse par le comprendre. Il faut savoir ce que l’on cherche pour être capable de le trouver.

samedi 28 mai 2011

Avant - Après

Comme promis à Kiaz, voici les vidéos de TCJ en avril 2010 et mai 2011. Le mouvement est toujours loin d'être bon en 2011 et ne doit pas être pris comme une référence. Ce qui est intéressant ici c'est surtout l'évolution, en particulier dans la position des pieds qui m'a permis d'obtenir plus de sensations

Avril 2010


Mai 2011

vendredi 27 mai 2011

Une progression personnelle (suite)

En janvier, j'avais posté cet article.

Et hier pour feter ca apres plusieurs mois, Fred m'a gentiment filmé sur Shiko et TCJ. Alors certes le resultat n'est pas extraordinaire et se voir en video ne fait jamais plaisir, mais la difference par rapport aux videos de l'an dernier est tres nette.

La position des pieds lors de la descente me semble le point le plus marquant parce qu'il a des implications enormes sur l'ensemble du mouvement et des sensations. Avoir les pieds a 180 degres implique en effet d'ouvrir plus les hanches et de faciliter la descente, en revanche il devient plus difficile de s'asseoir dans ses kuas. il est egalement impossible de travailler l'axe de desequilibre avant arriere de cette facon, l'axe devient au contraire lateral. La perte de sensations est donc enorme: perte de l'assise, perte de la notion de déséquilibre controlé. A se demander ce qu'il reste.

La premiere video de Shiko m'a aussi permis de me rendre compte de certaines erreurs. Notamment le fait que je perds la tension dans mes bras a la descente. J'ai meme l'impression d'etre gene par mes bras et mon corps... En prenant ces elements en consideration, la deuxieme video etait deja mieux avec des sensations tres interessantes.

La video reste plus que jamais pour moi un element de progression particulierement efficace, puisqu'il permet de se confronter a soi meme et d'evaluer objectivement sa progression.

lundi 23 mai 2011

Ego mal placé

J’ai honte. J’ai bossé avec un gros bourrin hier a l’Aikido, du genre 100 kgs, je résiste tout ce que je peux et j’essaie de te casser le bras quand je fais la technique. Le genre de moment ou tu sais que personne n’en retirera rien. Tout ce que j’aime.
Ego mal placé ou envie de donner une leçon ? (mais qui suis-je pour donner une leçon honnêtement?), j’ai décidé de tester ma structure pour voir si a défaut de réussir à le bouger, un gros costaud de 100 kgs pouvait bouger un moucheron de moins 70. Le problème c’est qu’un bourrin, ca ne comprend pas et ca insiste, c’est limite si ca se prend pas pour un lutteur et ca serait prêt a n’importe quoi pour te faire tomber et gagner… Bref j’ai craqué et alors qu’il me bourrinait dans tous les sens, j’ai fini par le balancer 2m plus loin.
Le problème dans tout ca ? Lui n’a pas compris qu’il faisait n’importe quoi, par contre il n’est pas passé loin de s’éclater sur quelqu’un. Tout ce que j’aurais pu y gagner c’est de blesser un pratiquant qui travaillait tranquillement dans son coin et qui n’avait rien demandé.
Rentrer dans ce jeun n’est pas une bonne chose, et ca n’est clairement pas malin. Je me contenterai de chuter la prochaine fois. Ca ne vaut vraiment pas la peine de blesser quelqu’un.

vendredi 20 mai 2011

Connaitre au toucher

Par le travail au contact qu’ils offrent, les Arts Martiaux en général (et je trouve l’Aikido en particulier du fait de sa recherche) permettent d’apprendre à connaitre les gens. Sans avoir à dire un mot, la pratique à elle seule permet de se faire une idée sur ses partenaires d’entrainement. Il m’est d’ailleurs arrive récemment, après avoir pratiqué plusieurs fois avec quelqu’un, de me rendre compte quelques semaines plus tard qu’il était français… De même, j’avoue ne pas connaitre les prénoms de la plupart de mes partenaires, et malgré tout ca ne me semble pas être le plus important.
Il est ainsi courant de rencontrer des « bourrins », des mecs qui « veulent gagner » (gagner quoi, je n’en sais rien). De même qu’on croise parfois des gens profondément excessifs, à qui on aimerait gentiment conseiller de respirer et de prendre un peu de recul. Le simple contact permet de ressentir cette instabilité.
Parfois, on ressent plutôt une certaine mollesse, comme au contact d’un narcoleptique, et la on regrette presque le bourrin de la technique précédente…
Au contraire, il arrive de tomber sur des partenaires dont l’on sent la générosité, voire la gentillesse. C’est le cas par exemple de mon professeur d’Aikido, dont le toucher est très doux, bien que ferme. Presque paternel. Akuzawa sensei est a part, le contact généreux, mais je n’oserai pas le qualifier de gentil ! Il se dégage à son contact une impression de solidité, de poids. Mais encore une fois, le toucher indique quelque chose sur l’homme.
Cette sensation n’est pas liée à un niveau de pratique. On sent chez certains débutants une vraie envie d’apprendre, de donner et de recevoir, alors que la crispation se retrouve chez certains gradés. C’est une des choses que j’aime dans la pratique, ce lien tout simple avec la vie.

mercredi 13 avril 2011

Pour ou Contre l’Aikido?

Derrière ce titre volontairement dénué de sens se cache, je trouve, le paradoxe le plus intéressant de l’Aikido. Car l’Aikido est par certains cotés une discipline passionnante, et de l’autre elle représente parfois un véritable gâchis.
Les raisons d’aimer l’Aikido ne manquent pas. En ce qui me concerne, le point le plus important est son focus sur le « Comment » plus que sur le « Quoi », i.e. le panel technique proposé est limité mais l’essentiel du travail est de comprendre des principes (relâchement, centrage, etc.). Un travail très riche à condition qu’il soit fait de la bonne façon, et c’est malheureusement la que le bat blesse en général…
Travailler correctement implique notamment une honnêteté intellectuelle et une certaine intelligence de la part de Tori et Uke. Intelligence parce que les principes ne sont pas accessibles au premier bourrin venu, et que le simple fait de comprendre ce qu’ils signifient demande déjà une vraie recherche intellectuelle. Honnêteté parce qu’il faut savoir accepter que l’on n’a pas compris afin de pouvoir comprendre. Savoir mettre son ego de coté pour comprendre que si ca ne marche, ca n’est pas la faute de Uke mais bien celle de Tori est une étape difficile que beaucoup ne souhaitent pas franchir.
J’attends toujours de mes Uke qu’ils m’opposent une résistance, pas une résistance infranchissable mais suffisante pour m’aider à comprendre quelque chose de nouveau. Or, il faut bien avouer qu’il est plus fréquent de se retrouver face a un soit Uke végétatif soit au contraire bien éveillé mais dont le seul but est de « gagner ». C’est sur qu’a la fin du cours, certains doivent sentir qu’ils ont progressé.
Je regrette toujours , et je l’entends dans mon club dont je trouve pourtant la pratique très agréable, que l’on dise qu’Uke « doit » suivre le mouvement. Si Uke suit, c’est parce qu’il n’a pas le choix. S’il ne suit pas, c’est qu’on est passé a coté…

mardi 15 mars 2011

Toutes nos prieres vers le Japon

En tant qu'etre humain, pratiquant d'AM Japonais et amoureux du Japon, je ne peux qu'etre désolé de ce qui se passe en ce moment dans l'archipel, et bien que n'étant pas croyant j'adresse toutes mes prieres vers le Japon (ou tout du moins toutes mes pensées). C'est d'ailleurs comme cela que commencent actuellement nos cours d'Aikido, par une minute de recueillement pour les disparus et ceux qui souffrent actuellement.

A defaut de pouvoir faire grand chose de bien concret pour aider, j'ai fait une donation a la Croix Rouge. On dira que c'est mieux que rien et j'espere que malgre tout cet argent aidera a la reconstruction. Je ne peux qu'inciter les personnes qui en ont la possibilité à faire de meme



Pour finir, je tiens a rendre hommage au peuple Japonais qui fait preuve d'un calme incroyable (a l'exception des marches boursiers). J'ose a peine imaginer comment les gens reagiraient ailleurs...

vendredi 11 mars 2011

Des sensations nouvelles

Je voulais écrire un article depuis un moment, mais depuis que j'ai recommencé a travailler je dois avouer que mon temps libre en a pris un sacré coup!

Comme je le disais dans un article précédent, conscient de l'importance de Maho au sein de la méthode Aunkai, j'ai décidé de consacrer plus de temps sur cet exercice quitte a rogner un peu sur le reste.

Pour l'instant, les résultats sont concluants. Au bout d'une semaine ou deux, j'ai commencé à ressentir le déséquilibre avant-arrière de manière plus nette. Je continue à avoir du mal à descendre sur mes kuas et à conserver la verticalité du tronc, mais la tension dans la colonne est bien présente ainsi que l'axe du déséquilibre. J'arrive egaleemnt a tenir ls position un peu plus longtemps qu'auparavant, de l'ordre de 3 minutes environ. On est encore loin d'un exploit, mais les sensations se font sentir et c'est le principal.

Côté applications, il est encore un peu tôt pour voir les résultats, mais je sens d'ores et déjà une différence dans ma capacité à absorber les forces.

jeudi 17 février 2011

Une question surprenante

J'ai eu droit à une question surprenante hier après le cours d'Aikido, et j'avoue que je ne m'attendais pas à ça: un des pratiquants, actuellement blessé et qui vient donc regarder le cours, vient me voir et me demande "tu fais de l'Aunkai?". Si les pratiquants au Japon et en France tendent à considérer que personne ne connait Aunkai chez eux, vous imaginez facilement qu'à Hong Kong la question a de quoi surprendre!

Je confirme donc, et il me dit que ma façon de bouger lui avait penser à Aunkai (si seulement...), et là un autre pratiquant arrive et me dit: "Tu connais Fred?". Ça sent le piège tout ça, qui sont ces gens et comment en savent-ils autant? Et bien c'est facile, ils ont tous les deux fait du Tai Chi avec Fred, et ont notamment fait des Tui Shou avec lui et testé un peu Aunkai de ce fait. de plus l'un d'entre eux s'exerce à la méthode grâce aux DVDs.

On vit définitivement dans un tout petit monde, et j'ai vraiment trouvé ça très marrant. Ça explique aussi pourquoi ils trouvaient que ma façon de bouger faisait penser à Aunkai, à force de travailler ensemble, Fred et moi avons forcément acquis quelques éléments communs, je ne peux pas dire qu'ils soient représentatifs du travail d'Akuzawa sensei, mais certainement de la façon dont nous avons pour le moment compris sa méthode.

A l'occasion, j'essaierai de pousser un peu les mains avec eux!

vendredi 11 février 2011

Prendre du plaisir

Une question récurrente dans les arts martiaux est celle de la raison de la pratique. Et j'avoue que la dernière fois qu'elle m'a été posée, je n'ai pas su quoi y répondre. Pratiquer fait juste partie de ma vie et l'abstinence crée clairement un manque. Plus récemment en lisant Kwoon, un membre disait que l'Aikido c'était avant tout prendre du plaisir. Et je crois qu'il a raison, après seulement quelques cours d'Aikido, je prends un réel plaisir à participer aux cours, à pratiquer avec des gens différents et à essayer de progresser.

Après avoir critiqué l'Aikido pendant de nombreuses années, j'avoue que le travail proposé (en tout cas là où je pratique) est particulièrement intéressant, et se rapproche beaucoup de ce que nous avions l'habitude de travailler: structure du corps, relâchement, contrôle du partenaire. Un travail simple, mais qui demande une certaine sincérité dans la pratique. Notamment pour accepter lorsque l'on est bloqué et pour en comprendre les raisons. J'avoue avoir eu quelques doutes sur ma capacité à suivre à nouveau un enseignement en club après notre pratique libre, mais par chance j'ai pu trouvé un enseignant dont le travail semble correspondre au notre.

Bien entendu, tout n'est pas tout rose, et je n'ai pas complètement retourné ma veste non plus. Certaines techniques par exemple auxquelles je ne croyais pas jusqu'ici ne me semblent toujours pas « réalistes », la différence est probablement qu'aujourd'hui le « réalisme » des techniques n'est pas ma motivation première et que j'ai compris que l'important n'était pas dans les techniques mais dans ce qui se cachait derrière.

Maho

De l'avis de tous les aficionados de la méthode et d'Akuzawa lui même, Maho est au coeur de l'Aunkai et est probablement l'exercice le plus important. Par esprit de contradiction, c'est également l'exercice que j'ai le moins travaillé au cours de cette dernière année et celui dans lequel j'ai le moins de sensations... Dommage.

Pourquoi avoir moins travaillé cet exercice? Au début, m'asseoir dans mes kuas était tout simplement impossible, faute de souplesse au niveau des jambes. Ensuite malgré les progrès effectués sur ce point, j'ai toujours eu du mal à sentir le déséquilibre avant-arrière propre à Maho. Problème qui ne se posait pas avec Shiko et qui fait aujourd'hui que je suis plus stable sur une jambe que sur deux...

Depuis quelques jours, je travaille donc plus spécifiquement Maho. Alors que jusqu'ici j'expédiais l'exercice en 2-3 minutes, je fais maintenant plusieurs fois 2-3 minutes, parfois en Maho haut, parfois en Maho bas pour alterner les sensations. Je sens déjà plus de relâchement dans ma colonne vertébrale et dans mes bras, pas encore dans les kuas et les jambes. J'ai bon espoir que me focaliser sur Maho me permette de passer un cap.

dimanche 30 janvier 2011

L'ironie du sort...

A l'instar de Fred, j'ai souvent critiqué l'Aikido, ou tout du moins les Aikidokas, en particulier pour leur capacité à tomber tout seuls, même lorsque Tori effectue mal sa technique. Je n'ai pourtant aucun problème avec la discipline en elle même, que j'aime bien, et j'apprécie même beaucoup le travail de certains Aikidokas (à l'instar de Christian Tissier ou de Leo Tamaki), pour lesquels je n'ai pas de doute sur le fait que ce qu'ils font marche.

L'ironie, c'est que j'ai fait aujourd'hui mon premier cours d'Aikido. Fred étant parti, il semblerait que je sois la seule personne à HK intéressée par le Jujutsu et un travail avec partenaire me semble essentiel. Je suis donc allé à un cours d'essai avec un enseignant japonais, Nagai Sensei, élève de Endo sensei (lui même uchi deshi d'O Sensei), et j'avoue avoir apprécié. La structure du cours est relativement simple, avec un enseignant qui montre la technique plusieurs fois sans explication, avant que les élèves la travaillent. Il y a peu d'élèves (nous étions 7 aujourd'hui), mais un bon esprit et des choses vraiment intéressantes dans la façon de bouger. Au contact, Nagai sensei a un toucher très doux bien que ferme, très différent de ce que l'on peut ressentir au contact d'Akuzawa sensei mais vraiment intéressant.

Un gage de qualité est pour moi également la présence d'un élève japonais, Sandan en Yoshinkan, qui a remis une ceinture blanche et fait le trajet depuis Shenzhen pour s'entrainer le week end.

Je vais donc y retourner pour confirmer, mais il me semble de toute façon voir des choses intéressantes.

samedi 15 janvier 2011

Shit happens

Ce soir, j'ai reçu un email de mon club de Yoga que j'ai d'abord cru être un email promotionnel, comme souvent. Il s'est avéré être en fait une annonce de la fermeture du studio... Comme de nombreux autres avant lui, et probablement de nombreux après, le studio a fermé ses portes ce jour pour des raisons probablement financières. Bien entendu, a moins qu'il ne rouvre (sait-on jamais), les élèves qui ont payé leur année ne reverront pas leur argent. Et dire qu'il y a un mois j’étais content d'avoir pu renouveler mon abonnement.

Bref, les clés de ma progression sont désormais, comme toujours finalement, entre mes mains et le périple en solitaire semble reparti pour un tour. Comme dirait Fred, et un autre avant lui: "j'aime quand un plan se déroule sans accroc", seulement il semblerait que ça ne soit pas le genre de choses qui arrivent...

vendredi 14 janvier 2011

Une progression personnelle

Dans toute activité, et en particulier dans les activités physiques, je crois qu'il est assez logique de se comparer inconsciemment aux autres, et pourtant quand on y pense ça n'a pas grand sens... Chacun a son propre corps avec des caractéristiques qui lui sont proches et faire exactement la même chose que le voisin n'a aucun sens.

Mais même si ça n'a pas de sens, je dois avouer qu'en voyant les photos du premier stage national Aunkai je n'ai pas pu m'empêcher de me dire: "merde alors, il a une super forme... la mienne elle a ceci, cela, etc.". Ben oui, ma forme est loin d'être celle de Léo Tamaki, c'est quand même fou qu'il m'ait fallu des photos pour m'en rendre compte!

Du coup pour me remonter le moral, j'ai essayé de me comparer à moi même, ou plutôt à moi même au mois d'avril. Là c'est tout de suite plus positif! Je me souvenais que j'avais les pieds à quasiment 180° lors de la descente, mais le voir m'a fait un choc. Voir cette vidéo plusieurs mois après m'a permis de mettre en lumière ma progression et l'évolution de ma compréhension, alors qu'à l'époque elle ne m'apportait pas grand chose.

A l'occasion, il faudra que je me re-filme sur les Tanren pour les regarder dans quelques mois

mercredi 12 janvier 2011

Hiver...

La vague de froid qui s'est abattue sur HK (oui, des fois on a froid à HK) a je l'avoue une influence très négative sur ma pratique et m'encourage à pratiquer plus souvent le Yoga qu'Aunkai, du fait d'être à l'intérieur. Le climat reste pourtant relativement clément par rapport à la France, mais malgré tout je sens parfois que le froid perturbe ma concentration et mon exécution, au point de limiter l'utilité des Tanren. Malgré tout je conserve au minimum un entrainement par jour, quel qu'il soit, mais je reste un peu frustré. J'ai en revanche d'autant plus de respect pour Kiaz qui arrive à pratiquer quotidiennement, seul, et quelles que soient les conditions!

En revanche, je suis allé retrouver mon ami Aikidoka sur son ile lundi pour 2h d'entrainement, qui se sont finalement en grandes parties sur Aunkai. Il ne connaissait pas la méthode, mais son niveau de compréhension et de pratique (Akido & Yoga) fait qu'il a rapidement pigé les exercices. Connaissant sa recherche, je ne doute pas que la méthode ait des clés intéressantes à lui apporter et que nous pourrons continuer à échanger régulièrement sur ces points là.

Et sauf erreur de ma part, Fred repasse à HK dans une semaine, ce qui nous promet de beaux entrainements très prochainement.