lundi 8 juin 2009

Sentir les tensions

Hier encore à L’Arnis, j’ai eu l’occasion de travailler avec un partenaire qui s’acharne à travailler en force (et surtout a ne pas écouter quand on lui dit que ca ne sert a rien). Il faut être clair, utiliser ses muscles superficiels ne sert à rien : si vous faites votre technique en utilisant uniquement vos bras et qu’elle passe, ça pourra être pour deux raisons :
- le bonhomme en face est mauvais
- vous faites 20 kgs de plus que lui

Dans les deux cas, c’est un pari risqué (a fortiori pour un chinois qui fait une tête de moins que moi). Si vous voulez embarquer un mec vers le sol, qu’est ce qui sera le plus simple : forcer avec vos gros bras ou l’entrainer avec votre corps. Personnellement 70kgs de corps contre peut être une dizaine de kgs de bras, j’ai fait mon choix.

Chose intéressante par contre, je peux maintenant non seulement sentir ses tensions quand il utilise ses muscles, mais du coup le contrer facilement. En effet, quand on utilise sa force contre quelqu’un, on ne peut pas le faire de façon multidirectionnelle, les vecteurs de force se dirigent dans un sens et non plusieurs. En partant de la on arrive a des choses passionnantes : sentir une tension et la direction qui l’accompagne permet de s’engager directement dans une autre direction, profitant du fait qu’un corps tendu réagira moins rapidement qu’un corps relâché. Le temps que mon partenaire dirige sa force dans ce nouvel axe il est déjà trop tard. D’un cote, je lui suis même reconnaissant d’essayer de travailler comme une brute, ca me permet d’accéder a de nouvelles sensations !

Les tensions donnent donc des indications très claires sur le partenaire : son placement, comment il génère sa force, dans quelle direction, quelles sont ses ouvertures. Qu’en est-il lorsqu’il n’y a pas de tensions ? C’est simple : déjà sans tensions le cerveau de la personne d’en face prend plus de temps à réagir. Pas d’agression, pas de réaction, tous les voyants restent au vert. Ensuite, s’il n’y a pas spécifiquement de tension au moment du contact, on ne sent pas une direction dans la force, donc pas non plus une direction pour la dévier. Enfin, en étant relâché il est beaucoup plus facile de passer d’une position a une autre et de « sentir » : rien ne bloque le message nerveux, quand il y a contact je peux agir directement sans être paralyse par le fait d’être trop contracté.

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