mardi 14 février 2017

Perwez, Belgique - février 2017

Dernière étape de cette tournée, j'ai passé deux jours en Belgique chez mes amis du Budokan Kazoku. Nous avions passé un tres bon moment ensemble l'an dernier et c'est avec grand plaisir que je les ai retrouvés. 

Malgré des nuits que je qualifierai de courtes suites à quelques problèmes personnels, j'ai essayé de proposer un travail relativement avancé à mes amis de Perwez, ainsi qu'au groupe de Libramont qui nous a rejoint le samedi. Au menu utilisation du corps et de la gravité, sutemi, kaeshi waza, et travail sur l'intention pour comprendre la notion de sensen no sen. 

Comme l'an dernier ce fut un excellent moment, tant sur les tatamis qu'en dehors. Quelques extraits vidéos ont brillamment été édités par Thomas, je vous invite à les regarder ici.

dimanche 12 février 2017

Dépasser la forme du Kata

Le Nihon Tai Jitsu comme de nombreuses disciplines japonaises contient un certain nombre de Kata, qui servent, avec les techniques de base, de grammaire à l'école. 

Ces Kata sont au nombre de 13, 3 de base pratiqués seul, 6 de Nihon Tai Jitsu pratiqués avec partenaire, 4 de Nihon Jujutsu pratiqués avec partenaire. Si les Kata de base sont étudiés dès le départ, les autres arrivent au fur et à mesure dans la progression. 

Le but de cet article n'est pas de détailler ces Kata, il existe des ouvrages et des vidéos qui le font très bien mais de comprendre leur utilité dans la pratique, en particulier à un niveau avancé. J'ai personnellement beaucoup de mal avec la vision chorégraphiée des Kata, i.e. se contenter de répéter une forme extérieure le mieux possible sans recherche supplémentaire. C'est pourtant quelque chose de relativement commun, et je trouve ça personnellement dommage. Pourquoi? Parce qu'arrive à un niveau où recopier des techniques dans leur forme extérieure devrait être relativement évident. Bouger de la bonne façon en utilisant les principes spécifiques mis en avant par le Kata l'est moins. C'est pourtant ce qui a le plus d'importance. 

Un Kata est construit pour un ensemble de raisons, qui dépassent le fait de donner quelque chose à présenter pour tel grade en examen. Si ça n'est pas le cas... allégez vos examens et concentrez vous sur l'essentiel. Il peut s'agir de façon d'utiliser de corps, de travail sur l'intention, de certains principes stratégiques, ou de choses plus simples pour des Kata basiques, comme une compréhension des axes. 

Prenons deux exemples: le Hyori no Kata et le Nihon Tai Jitsu no Kata Sandan. 

Le Hyori no Kata est un Kata créé par Minoru Mochizuki et qui simule un combat en armure. Il est effectué au ralenti et se compose uniquement de Kaeshi Waza. Si la chorégraphie est relativement simple à mémoriser, ce Kata contient un certain nombre d'éléments beaucoup plus profonds sur la façon d'utiliser le corps: comment recevoir la technique et l'absorber avec son corps pour pouvoir renverser la situation. C'est un Kata que je n'avais typiquement pas compris avant de débuter l'Aunkai mais qui prend pour moi tout son sens aujourd'hui. 



Le Sandan est également un Kata qui se concentre sur les Kaeshi Waza, à la différence que Tori effectue systématique la première attaque en réaction à l'arrivée imminente d'une attaque de Uke. Dans les faits, l'intention de Uke est marquée par une attitude agressive et un mouvement des poings en garde. Il s'agit d'une forme donc l'attitude est évidemment formalisée, cela ne veut pas forcément dire qu'il faut s'arrêter là. Ma compréhension est que ce Kata propose un travail sur le sensen no sen, et donc sur le fait de percevoir l'intention de Uke et d'agir avant qu'il ne lance son attaque. Ça implique qu'Uke ne montre pas son intention en brandissant ses petits poings et que Tori cherche à travailler sa perception pour agir avant le lancement de l'attaque. Ça ne veut bien sûr pas dire qu'il ne faut jamais pratiquer le Kata dans sa forme académique, évidemment, juste qu'il est proposé pour un certain nombre de raisons et qu'il importe de trouver quelles sont ces raisons. 



Pendant mes premières années j'avais une sainte horreur des Kata ou du travail des techniques de base. Je les voyais comme un travail purement académique, ennuyeux, qui n'avait qu'une valeur limitée par rapport au travail libre. Aujourd'hui si j'aime toujours profondément le travail libre parce qu'il me permet d'exprimer ma pratique, le travail formel est devenu une part essentielle de ma pratique et de mon enseignement, parce que c'est lui qui donne les clés pour aller plus loin.

samedi 11 février 2017

Aire sur Adour - janvier 2017

Lors de mon passage à St Loubès l'an dernier, Emmanuel Pirot m'avait gentiment proposé de venir dans son club donner un stage. Des raisons personnelles me poussant à venir dans les Landes lors de mon séjour, c'est donc avec joie que j'ai proposé ce stage à Emmanuel. 

Une joie qui est restée tout le week-end, superbement organisé par le club d'Aire sur Adour. Excellent accueil, une équipe vraiment sympa, la présence de représentants des dojos de Gemozac, St Loubès et Ambès, et la participation de mon Uke favori, Fred, le dimanche matin. 

C'était aussi avec un peu d'inquiétude que je venais parce que je devais pour la première fois animer un cours enfant. Chose que je n'ai jamais faite auparavant et qui s'éloigne assez nettement de ma façon de pratiquer et enseigner un Bujutsu. L'occasion de se renouveler finalement et d'essayer de trouver des exercices accessibles à ce nouveau public. Ils se sont finalement bien amusés, et c'est le principal. 

Les cours adultes se sont articulés autour de trois thèmes principaux: Irimi le samedi matin, l'utilisation du poids du corps l'après midi, kaeshi waza le dimanche matin, comme toujours articulés autour de la façon d'utiliser le corps. 

Merci à tous les participants pour cet excellent week-end, avec évidemment une mention spéciale à Emmanuel pour l'organisation et à tous ceux qui ont fait de la route pour venir.


mercredi 8 février 2017

Découverte du Kokodo Jujutsu avec Eric Anfrui

Cela fait maintenant quelques années que j'entends parler du Kokodo Jujutsu, ce descendant du Hakko Ryu fondé par son ancien directeur technique, Irie sensei et j'ai pu profiter de mon récent séjour en France pour aller rendre visite à Eric qui représente l'école.

Dès le premier abord j'ai trouvé Eric très sympathique, impression qui n'a fait que se confirmer pendant le cours puisqu'il a eu la gentillesse de venir me faire sentir les techniques et m'en expliquer les points clés, mais aussi de nous faire travailler des techniques de niveaux shodan, nidan et sandan pour que je vois la structuration pédagogique de l'école.

Je ne rentrerai pas dans le détail exact des techniques, parce qu'il est assez certain que j'en oublierai. En revanche je peux dire que j'ai trouvé l'approche particulièrement intéressante, avec un travail très fin de connexion à l'autre (difficile de proposer un travail sans force sans avoir un nombre incalculable de détails à prendre en compte).

Toutes les pratiques ne me parlent pas, en dépit de leur qualité puisqu'il s'agit évidemment d'un avis subjectif, mais j'ai ici été absolument comblé par le travail proposé et j'espère avoir l'occasion de revenir pratiquer sous la direction d'Eric, voire d'Irie Soke si l'occasion se présente, rapidement.

Si vous ne connaissez pas le Kokodo, la video ci-dessous d'Eric et ses élèves vous en donnera un très bon aperçu.


jeudi 2 février 2017

Retour de la presse italienne sur le stage à Imola

Suite au stage d'Imola, un article a été publié dans le journal sportif de la ville. Le texte ci-dessous en est une traduction et l'original peut être trouvé ici.   Je précise que le terme "maître" n'est pas de moi et que je ne l'ai gardé que pour rester fidèle au texte d'origine.



Maître Xavier Duval à Imola
31.01.2017 13:03 Charles Dall'Aglio
Source: CSI Imola




Le maître Luca Iacobone, en collaboration avec le CSI à Imola, a organisé un événement très important au Centro Sportivo Montericco, avec la présence de l'enseignant Xavier Duval, Hong Kong, déjà 4ème Dan à juste 34 ans.

Hier soir, la salle d'arts martiaux de la CSI a accueilli le stage qui a impliqué plusieurs fans de Nihon Tai Jitsu Ju Jitsu.

Le maitre Xavier Duval est déjà bien connu internationalement, tant en raison de son jeune âge que pour ses compétences en tant que professeur: «Je ne cherche pas à enseigner des techniques, mais des principes. J'utilise quatre, peut-être cinq principes, qui permettent de réaliser une quantité presque infinie de techniques. Parfois, il peut suffire d'utiliser un seul principe, parfois deux ou plus. Le point central est de savoir comment nous utilisons notre corps efficacement, sans se reposer sur la force musculaire. Il suffit d'utiliser correctement notre structure, pour utiliser la force de la gravité. "
Ce concept a été la pièce maîtresse du stage organisé par le Maître Luca Iacobone: "laisser la gravité remplir le corps et circuler à travers, sans gaspiller d'énergie qui l'en empêcherait".

Le maître Luca Iacobone révèle que «la chose étonnante est que tout au long de la leçon, à aucun moment je n'ai senti Xavier utiliser la force. C'est une question de mouvement, de gravité, d'équilibre ".

En observant les exercices de l'extérieur, on peut voir que la base de travail de Duval est une profonde perception de son propre corps et la vitesse du mouvement. Personne ne peut lui résister et tous finissent au tapis.

En outre, le parcours de Duval parle pour lui-même: après avoir commencé à pratiquer les arts martiaux en France en 1998 avec le Nihon Tai Jitsu, qui il enseigne depuis 2012, il a en parallèle pratiqué de nombreuses autres disciplines, telles que le Hankido, un sorte de Ju Jitsu coréen, l'Aunkai, un "Tai Chi" japonais et le Jiu Jitsu brésilien. Un ressortissant français, vivant et travaillant à Hong Kong, où il a pu se spécialiser dans la pratique des arts martiaux. Il voyage régulièrement pour poursuivre son étude, notamment au Japon et en Corée du Sud. Parler trois langues (français, anglais et chinois) et être constamment immergé dans une confrontation entre les différentes cultures lui a permis de cultiver un esprit ouvert et "aux multiples facettes".

Cette initiative du maître Luca Iacobone est certainement un stimulus pour tous les fans d'arts martiaux et l'espoir est que d'autres stages de ce niveau pourront être organisés. 

mercredi 25 janvier 2017

Nort sur Erdre - janvier 2017

Parmi les moments qui marquent mes années, le stage de Nort sur Erdre tient une place particulière. Parce que je sais que la pratique y sera de qualité, parce que j'y retrouve des amis qui me sont chers et qu'au final je sais qu'on passera tout simplement un bon moment.

Je m'y rendais en janvier pour la quatrième fois pour un stage de deux jours et comme à chaque fois je n'ai pas été déçu. Romain et ses élèves ont une progression fulgurante. Si la progression de Romain peut paraître moins flagrante à l'œil nu, il suffit de pratiquer un peu avec lui pour voir à quel point ses recherches s'approfondissent et le chemin qui s'ouvre devant lui. Enseignant d'une discipline relativement confidentielle pour laquelle les référents ne sont pas si nombreux, Romain a malgré tout réussi à trouver les moyens d'avancer à une vitesse qui n'a rien à envier à personne.

Mais être un bon pratiquant ne fait pas tout et nous connaissons tous d'excellents pratiquants dont les élèves n'arrivent pas à capter l'essence de la pratique. C'est loin d'être le cas ici et je suis toujours stupéfait de la vitesse de progression de ses élèves. Il suffit de les regarder pour voir à quel point leurs corps changent d'année en année. L'an dernier j'avais été particulièrement frappé par Alex et Olivier, cette année ce sont Kilian et Valentin qui m'ont le plus impressionné.

Sachant que la plupart des élèves me connaissent depuis déjà quelques années, j'ai choisi d'orienter ce stage d'une manière un peu différente des autres en l'axant principalement sur l'utilisation du corps, choix d'autant plus pertinent à mon avis que le stage s'adressait majoritairement à un public ne venant pas de mon école. J'ai donc divisé les deux jours en quatre parties:
1. "Le salut, la première rencontre avec la gravité" qui a permis à partir d'exercices de base à genoux et debout de comprendre comment la façon de saluer a un impact sur la façon dont nous bougeons et comment elle peut être utilisée pour transférer son poids de manière optimale sur l'adversaire
2. "Kaeshi waza", les techniques de renversement, en travaillent d'abord sur la notion de recevoir la force dans le corps et de regagner sa structure pour appliquer un contre
3. "Savoir laisser tomber" où l'idée était de comprendre comment laisser tomber le corps pour passer certaines techniques, mais aussi savoir mentalement laisser tomber pour concentre son attention sur autre chose
4. "Travail aux armes" que je réserve traditionnellement au dimanche après midi, cette fois nous avons uniquement utilisé le jo pour comprendre un certain nombre de principes (génération de force, leviers, laisser tomber, frappes, etc.)

Ces deux jours m'ont laissé un goût différent de l'an dernier. J'ai probablement fait un peu moins de blagues, le décalage horaire n'aidant pas, et j'ai l'impression d'avoir été plus doux. Personne n'avait mal partout le dimanche matin d'ailleurs, ce qui n'était pas le cas l'an dernier. Je vieillis sans doute. Mais comme chaque année, c'est avec le sourire que je suis reparti, heureux de ce bon moment, et je dois dire un peu triste que ça soit déjà fini


lundi 2 janvier 2017

Bilan 2016

Dans mon bilan 2015, j’évoquais les stages à venir tout début 2016 et à quel point cette année semblait partir de la meilleure des façons. Un an après, et si tout n’a pas été aussi rose et fluide que j’aurais pu le souhaiter tant martialement que dans d’autres pans de ma vie, je dois reconnaitre que 2016 a apporté son lot d’expériences positives et de satisfaction.

Ca a aussi été une année de changements puisque j’ai décidé de mettre en pause l’Aikido en mars pour me concentrer d’avantage sur mes recherches. J’ai au final fini l’année avec 16 sessions d’Aikido, 81 de NTJ, 349 d’Aunkai et 186 de Yoga, pour un temps de pratique probablement légèrement supérieur à celui de 2015.

Des stages et des rencontres

Ca a probablement été le gros changement de 2016. Là où je donnais seulement jusqu’ici un stage annuel à Nort-sur-Erdre, j’ai cette année eu l’opportunité d’en faire beaucoup plus. En Belgique d’abord où j’ai été très chaleureusement accueilli par le Budokan Kazoku et le Sakura Dojo, à Challans et à Saint Loubès. Ca a été l’occasion de rencontrer beaucoup de pratiquants talentueux et sympathiques avec qui je n’avais pu jusque là qu’échanger en ligne ou pour un grand nombre d’entre eux que je ne connaissais pas encore, et évidemment comme toujours de tester mes idées et de les affiner.

Mais les stages ne se sont pas limités à l’Europe, ce qui n’était pas arrivé depuis quelques années et le départ de Fred de Taiwan. Le rendez vous manqué avec Akuzawa sensei en mars à Hong Kong, m’a malgré tout permis de rencontrer Filip et mes amis singapouriens Terry et Sherman, ce qui permettra deux mois plus tard d’organiser un stage d’Aunkai à Singapour avec 50 participants. Dans la foulée j’ai eu l’opportunité de me rendre à Ho Chi Minh Ville au Vietnam pour une introduction au NTJ dans un dojo d’Aiki Jujitsu issu de Mochizuki sensei.

Et puis les déplacements professionnels faisant parfois bien les choses j’ai eu l’occasion de pratiquer rapidement avec Ka Beom Seok de GNK Core à Séoul. Sans compter le passage de Fred en Asie, qui nous aura amenés à nous voir trois fois cette année (Bordeaux, Taiwan, Hong Kong), un plaisir immense de se retrouver.

Les impondérables ont aussi finalement décidé de jouer en ma faveur après la déception du stage avec Akuzawa sensei lorsque Manabu s’est retrouvé coincé à Hong Kong. Une bonne nouvelle pour moi, moins pour mes amis néozélandais qui l’attendaient…

Enfin, et je garde le meilleur pour la fin, Filip a organisé en novembre la première Formation Intensive d’Aunkai hors de France, ce qui m’a permis à la fois d’aller enfin découvrir la Nouvelle Zélande, un pays qui m’a toujours attiré mais que je n’avais jamais visité à cause de la distance, et de passer 10 jours en compagnie de sensei et d’autres passionnés. Un moment magique qui m’aura sans aucun doute donné un certain nombre de clés pour avancer.

Développement du Seishin Tanren Dojo

Jusqu’ici mes cours attiraient un nombre très limité d’élèves, avec un maximum à 4-5 les bons jours. En Septembre la dynamique s’est soudainement accélérée et il n’est pas rare d’avoir 10 personnes au cours du dimanche soir. Parmi eux des gens très motivés et talentueux qui me laissent présager le meilleur pour l’avenir.

Mon arrêt de l’Aikido m’a également libéré des créneaux horaires, ce qui m’a permis d’ajouter un cours régulier d’Aunkai le mercredi. Même si celui-ci reste encore relativement désaffecté, il permet aux quelques courageux de progresser plus vite.

Cette année Hugh a également atteint son 1er kyu, dernière étape avant la ceinture noire, ce qui me permet de lui confier plus facilement les cours en mon absence sans perturber la continuité de la progression du groupe.

Plus de Yoga


Ne plus aller à l’Aikido m’a libéré du temps mais également réglé mon problème de tendinites au coude de façon définitive, ce qui m’a permis d’aller beaucoup plus au Yoga. Malgré un grand nombre de déplacements pro cette année (presque toutes le deux semaines sur la première moitié de l’année) j’ai donc pu augmenter assez nettement ma présence aux cours pour monter à 5-6 fois par semaine quand j’étais effectivement présent à Hong Kong.

Nous sommes maintenant en 2017 et l’année se présente déjà bien avec des stages prévus en Europe dans seulement quelques semaines, mais aussi probablement de nouveaux stages dans la région et le développement du dojo à HK, sans compter quelques autres surprises prévues pour le courant de l’année.