lundi 29 août 2016

Les hanches de la colère

Dans mon CR de l’excellent stage de Yoga Ashtanga par Kino McGregor, j’avais noté le lien fait entre les émotions et certaines postures.

“La session du vendredi est focalisée sur les backbends. Nous sommes tout de suite prévenus que lors de certains postures, des émotions peuvent nous envahir: la tristesse, la rage, accessoirement même l’impression que la mort va venir nous cueillir.”

Si la remarque m’avait marquée, c’est en revanche quelque chose que je n’avais jamais ressenti. Jusqu’ici la plupart des asana visant à ouvrir le corps me donnaient surtout l’impression d’une sorte de nettoyage, comme si mon stress sortait progressivement de ma tête et de mon corps. Mais hier il n’en a pas été de même et j’ai pour la première fois ressenti une emotion monter et m’envahir pendant les quelques minutes que nous avons passées sur l’ouverture des hanches à partir d’une position en squat. Et… c’est la colère qui est venue.




Je me sentais bien jusque là, d’autant que c’est un cours auquel je vais régulièrement et que j’apprécie tant par les mouvements proposés que par la pédagogie de l’enseignante. Si ça n’est pas un cours particulièrement facile, je n’y ai clairement jamais eu d’émotions négatives. Et c’est surement pour ça que quand la colère est montée, j’ai été plutôt surpris. Passée la surprise, je me suis demandé pourquoi, et je me suis dit que vue la souplesse de mes hanches et le fait qu’elles soient considérées comme l’une des poubelles du corps, il ne fallait peut être pas aller chercher bien loin l’explication.

Comme recommandé à l’époque par Kino, j’ai essayé d’observer le changement d’émotion, sans jugement, et surtout sans céder (personne n’a été blessé, promis), et j’ai attendu de rentrer à la maison pour faire quelques recherches sur cette théorie.

Aussi surprenant que cela puisse donc paraitre à toutes les personnes qui trouvent mon caractère exécrable, il semblerait donc que j’enfouisse depuis longtemps une bonne partie de ma colère dans mes hanches. Vous avez de la chance, allez savoir où elle serait allée sinon…  Plaisanterie mise à part c’était une expérience intéressante et je vais continuer à explorer cette zone dans les semaines qui viennent.

lundi 22 août 2016

Où placer son niveau d’exigence?


Lors de sa venue à Hong Kong, Fred a évoqué brièvement avec un de mes élèves mon niveau d‘exigence (après m’avoir dit d’y aller mollo sur ce que je leur demandais de faire). J’avoue ne pas avoir écouté l’ensemble de la conversation mais juste grappillé quelques bouts ici et là.

En (très) résumé, je montre quelques trucs absolument impossibles (pas complètement vrai puisque j’arrive à les montrer) et je demande souvent des choses d’un niveau relativement avancé corporellement parlant à des débutants. Fred a précisé en revanche que si j’étais exigeant envers les autres, je l’étais au moins autant envers moi-même, précision qui a son importance. 




Re-conditionner le corps

Mes cours sont axés sur un reconditionnement du corps, nécessaire pour passer les techniques correctement. Une approche qui dépasse le simple cadre technique/angle/timing pour incorporer une certaine façon de se tenir et de bouger, de faire entrer et sortir la force, mais aussi de comprendre plus précisément notre corps et celui de notre partenaire. C’est un travail de longue haleine et je suis conscient que pour un débutant il puisse être particulièrement frustrant. En revanche, si je tiens à mettre en place ces idées dès le premier jour, je ne demande pas qu’elles soient maitrisées, tout au plus il s’agit de comprendre la direction choisie, de donner les outils pour y arriver et surtout de partir sur des bonnes bases.

Partir sur de bonnes bases est le point essentiel pour moi. Il m’a fallu des années pour nettoyer mes mauvaises habitudes de pratique et ce changement a été difficile et possible seulement après d’innombrables heures de pratique. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’y passer autant de temps si on évite dès le début de travailler en force. Les qualités que j’essaie d’enseigner sont certes longues à mettre en place, mais moins que de ce devoir changer du tout au tout une pratique acquise pendant des années. 

Il y a aussi bien sur une part d’égoïsme dans ma façon d’enseigner. J’ai commencé à enseigner faute de partenaires, et enseigner me permet d’avancer. En testant mes nouvelles idées d’une part, et en formant des gens capables d’être des bons partenaires et d’être capables de m’aider à avancer d’autre part. Pour ces deux raisons, il est clair que je ne souhaite pas proposer une version édulcorée de ma pratique. Je suis conscient qu’elle ne parlera pas à tout le monde et que cela limitera de fait le nombre de mes élèves. En contrepartie je crois que ceux qui restent sont conscient du travail nécessaire et de la sincérité de la démarche.

Fred avait cependant tout à fait raison sur le fait de ne pas trop en demander non plus. Sur l’exercice incriminé (un exercice d’Ukemi), je reconnais qu’il était hors de portée. C’est d’ailleurs pour ça que je les ai laissé essayer mais que je n’ai pas insisté sur ce que l’exercice impliquait. Il était suffisamment ludique pour que tout le monde  puisse essayer sans danger et en s’amusant. Je n’ai pas essayé de frustrer le groupe en leur disant qu’effectivement ils étaient passés à côté. Je pense en revanche continuer à leur faire faire et voir si leur sensibilité s’affine.

Etre juste dans ses exigences

Si je suis relativement exigeant, j’ai personnellement l’impression d’être souvent trop laxiste et je connais un certain nombre d’endroits où le niveau d’exigence est bien supérieur au mien. J’essaie cependant de tirer mon groupe vers le haut du mieux possible, en leur proposant un travail autant que possible de qualité.

Nous venons tous avec un vécu différent, une motivation différente, des corps différents, des objectifs différents, et même simplement des niveaux différents. Ce que j’attends de chacun est donc nécessairement différent, et il en va de même évidemment envers moi-même.

Si je prends l’exemple de mes élèves, il est clair que j’attends de Hugh plus que des autres sur un certain nombre de points, parce qu’il est le plus gradé et aussi mon assistant. Je ne suis pas en revanche exigeant sur ses chutes car je prends son âge en considération ainsi que ses soucis d’épaule. Dans le cas de Jonathan, plus récent dans le groupe mais également plus jeune et très en forme physiquement, je suis plus demandeur en termes d’Ukemi car je le sais en capacité de recevoir et que je crois que c’est utile à sa progression.

Envers moi-même, c’est presque un autre sujet. Fred sait à quel point je suis un éternel insatisfait et si je suis conscient des progrès réalisés ces dernières années, je le suis tout autant de la route qui me reste à parcourir et du travail nécessaire pour aller plus loin.

samedi 20 août 2016

[CR] - Cours Seishin Tanren Dojo - 14 août 2016

Fred ayant supprimé son blog, il a gentiment accepté d'écrire malgré tout un compte rendu de son entrainement dans mon dojo la semaine dernière et de le publier ici. Merci à lui pour ce compte rendu et son passage à Hong Kong.


Xavier et moi n'avons pas trop l'occasion de nous rencontrer depuis mon départ de Taïwan il y a 3 ans. Nous essayons donc de saisir chaque opportunité qui se présente et nous nous sommes donc rencontrés début juillet vers Taitung où je passe mes vacances. Une possibilité d'aller à Hong Kong s'est présentée et, même pour un court passage, j'avais envie de revoir Xavier et ses élèves dont certains sont aussi mes amis.

Je ne pratique plus depuis 1 an et demi et je suis en surpoids avec une condition physique assez faible, des douleurs lombaires même si j'essaie cet été de limiter les dégâts. J'étais donc un peu réticent à remonter sur le tatami mais Xavier m'a poussé à pratiquer un peu.
Après mon arrivée à HK et une de nos longues discussions pendant l'après-midi, Xavier m'a prêté tenue et ceinture pour que je me joigne au cours qu'il donne à la SCAA. Ce fut donc l'occasion de découvrir certains de ses élèves et de revoir mes amis Chris et Hugh.

Arrivés en avance, nous avons fait quelques push out et échauffement ensemble afin que je me remette doucement dans le bain. Puis les élèves ont commencé à arriver ainsi que des visiteurs venus assister au cours. Le cours a commencé avec des exercices corporels pour appréhender le sol et préparer les ukemi pour les débutants. Quelques sorties de saisie des poignets en suwari waza puis nous sommes entrés dans la phase technique. Celle-ci comprenait parfois 2 versions de la technique, avec des exercices préparatoires pour les débutants et des versions complètes pour les plus avancés. Xavier a à chaque fois insisté sur le travail du corps dans sa globalité, les connexions et l'absence de force excessive pour appliquer la technique. Nous avons travaillé notamment (et pas tout à fait dans l'ordre) Sankyo (Yuki Chigae), Ude Kime nage (Tenbin nage), O soto gari, Shiho nage (dont une version avec projection), un éducatif de type Irimi Nage pour préparer Hachi Mawashi et des sutemi parmi lesquels Yoko Guruma.

À défaut de pratiquer en souplesse (quelques flagrant délits de "bourrinage" à mon actif), je sais encore chuter et j'ai donc servi de uke à Xavier mais aussi à Hugh, l'élève le plus avancé, afin qu'il puisse exécuter les techniques sans restriction et sous l'oeil de Xavier. Pratiquer avec Hugh est une expérience intéressante car il est à la fois l'élève le plus gradé et sans bagages martial précédent. Un pur produit du dojo Seishin Tanren donc. Hugh est bien structuré et sait travailler intelligemment avec un usage modéré de la force et s'il lui manque encore un peu de fluidité (son gabarit costaud n'aide pas forcément), il mérite amplement son 1er kyu.  Les autres élèves débutent pour la plupart mais ont montré de l'enthousiasme et de la curiosité, l'échange était studieux avec une très bonne ambiance. On dit que l'esprit du dojo correspond à celui de l'enseignant. Xavier fait sentir et subit la technique avec tous ses élèves. Il insiste régulièrement sur la bonne structure et la bonne connexion plutôt que sur l'emploi de la force. Utilisation du poids du corps, relâchement permettent d'optimiser les techniques. Quand il le fait ça a l'air simple, quand j'y arrive par hasard, de temps en temps, je suis content mais je mesure bien la distance qui nous sépare.

La fin du cours a été orientée sur des exercices corporels comme en début, afin de faire travailler l'appropriation du corps via le sol. J'étais épuisé car 2 heures de cours étaient un peu trop longues pour moi, j'ai donc seulement regardé.


Après cet entraînement, intense pour moi, nous avons partagé un bon moment dans le bar de l'association avec des discussions comme toujours animées sur les arts martiaux. Les courbatures ont duré 2 jours... ça aurait pu être pire.

Au final j'ai passé, comme toujours, un très bon moment avec un échange technique intéressant et le plaisir de retrouver ses amis.

mardi 16 août 2016

Fred à Hong Kong


Ce weekend, Fred m’a fait l’amitié de venir à Hong Kong et par la même occasion de venir participer à mon cours. C’est la deuxième fois qu’il s’entraine avec le groupe, et contrairement à la première fois il y a 4 ans, le dojo était « plein » : 9 personnes sur les tatamis, plus quatre observateurs sur le banc.

Au-delà du plaisir de se voir pour la troisième fois cette année, j’étais vraiment heureux de pouvoir à nouveau pratiquer avec lui sur les tatamis et… de lui faire quelques sutemi. C’était aussi l’occasion comme toujours de lui montrer mes dernières évolutions et d’avoir ses retours dessus, tant au niveau technique que pédagogique. Enfin, j’étais curieux d’avoir son retour sur mes élèves. Ayant peu de visites de pratiquants avancés, les retours sont forcément rares, et donc forcément d’autant plus précieux. Fred étant l’une des personnes qui comprend le mieux ma pratique, et de loin celui qui m’a le plus subi, son retour était d’autant plus important à mes yeux. J’étais content aussi de voir que même si Fred a mis sa pratique en suspens depuis 1.5 an, ses acquis sont bel et bien toujours là.

Je ne parlerai pas pour lui et s’il le souhaite je publierai un CR de sa part ici. D’ici-là, je vais détailler un peu plus le contenu du cours de la soirée, l’un des meilleurs depuis la création de notre dojo il y a 4 ans à mon humble avis.
Ma vision du Bujutsu, on le sait, est principalement corporelle et non technique. La pratique telle que je la conçois doit apporter une meilleure compréhension de son corps, des différents éléments qui le composent, des axes du corps, du mouvement en général. Dans ce cours à travers un certain nombre de techniques et d’exercices nous avons abordé le travail de la colonne vertébrale et du sternum, ainsi que la notion d’axes : bouger selon les axes du corps, transmettre son poids au partenaire, déstructurer au contact. Plusieurs techniques ont servi de véhicule à ces idées. Sur Dosokute Dori (Hai Hanmi Katate Dori) avec Kote Gaeshi, Kote Kudaki (Nikkyo), O Soto Gari, un exercice preparatoire a Hachi Mawashi, Tembin Nage (Ude Kime Nage), Shiho Nage et quelques sutemi, avec des versions variables selon les niveaux de pratique. Puis sur Jyunte Dori (Gyaku Hanmi Katate Dori) avec Sumi Otoshi, O Soto Gari et Yuki Chigae (Sankyo).

Les dix dernières minutes, l’ensemble des pratiquants commençant à fatiguer, nous avons mis de cote les techniques pour travailler différents exercices préparatoires aux Ukemi, au sol. Si chuter n’a jamais été un problème pour moi, je dois dire qu’il n’en est pas de même pour tous mes élèves et il est clair que lorsque l’on débute à un âge plus avancé, l’appréhension du sol ne va qu’en augmentant. Le but de ces exercices était donc de jouer avec le sol et de prendre un peu plus conscience de son corps, tout en étirant la colonne pour finir l’entrainement en douceur.

Pouvoir pratiquer avec Fred dans ces conditions, avec un groupe plus gros que d’habitude et qui a travaillé très sérieusement était un véritable plaisir. Ce dojo étant la suite logique de nos entrainements de la belle époque, où notre « dojo » se limitait pendant plusieurs années a deux personnes, je suis heureux d’avoir pu partager ce moment avec Fred, mais aussi que le groupe ait eu l’occasion de le rencontrer et de pratiquer avec lui.
 

jeudi 4 août 2016

Yoga et Aunkai – 6 ans après

En mars 2010, alors que j’étais tout jeune pratiquant dans ces deux disciplines, j’avais écrit un article sur les similitudes qu’elles présentaient. Dans leur travail sur le corps, le relâchement et les alignements d’une part, mais aussi sur les similarités entre certaines postures, ne serait-ce que visuellement.

Aujourd’hui, alors que mes recherches avancent, je trouve intéressant de revenir un peu sur le sujet, avec deux idées supplémentaires. Idées évidemment simplifiées et peut être parfois simplistes tant du fait de ma propre compréhension que du fait qu’il y a de grandes diversités entre les différents courants de Yoga.

Mettre du poids dans les mains

Depuis quelques mois maintenant je m’essaie aux handstands (équilibre sur les mains) en Yoga. Si un certain nombre restent inaccessibles à mon niveau, certains sont malgré tout abordables et permettent déjà de sentir un élément que je trouve intéressant : transmettre l’intégralité de son poids de corps dans le sol à travers la structure et les mains.

En effet, pour tenir en équilibre sur les mains sans forcer, il est nécessaire de transmettre le poids de son corps le plus parfaitement possible. Lorsque l’alignement correct est trouvé il devient dès lors possible de garder la posture pendant un temps certain sans éprouver de fatigue musculaire. Mais trouver cet alignement est plus difficile qu’il n’y parait puisque cela suppose d’une part un grand contrôle corporel pour en bouger les bonnes parties, et d’autre part d’avoir l’espace nécessaire dans le corps pour pouvoir déplacer ces éléments. Deux points cruciaux et à mon avis pas vraiment éloignés de notre recherche corporelle en Aunkai.


Si on prend l’exemple de Push Out par exemple, l’exercice consistera notamment à aligner le corps convenablement, en en bougeant les différents éléments pour organiser la structure,  et à faire passer le poids de cette structure dans le partenaire ({et non plus dans le sol} à travers les mains. Bien sûr Push Out ne nécessite ni souplesse particulière ni des postures tordues comme on peut les retrouver en Yoga mais on peut également penser que cette approche permet juste d’augmenter sa propre sensibilité.


Connecter les chaines myofasciales

Un autre point que je trouve intéressant en Yoga est le travail sur les chaines myofasciales, qui sont également une des clés du système en Aunkai. Dans ce que je comprends du Yoga on cherche à garder le corps actif dans chaque posture (à l’exception du Yin Yoga). Sur chaque posture c’est donc tout le corps qui participe au mouvement et pas uniquement des muscles isolés. Depuis que je fais des recherches sur les fascias via Aunkai, j’ai « importé » mes idées dans ma pratique du Yoga et les résultats ont été intéressants. Nombreux sont les mouvements qui typiquement visent à étirer une ligne de fascia de bout en bout, comme par exemple le SBL (Superficial Back Line) ou le SFL (Superficial Front Line), mais lors des Vinyasa l’utilisation des fascias permet également de faciliter les transitions d’une posture a une autre. Un exemple parmi tant d’autres est la transition de la posture Lunge a Warrior III en mobilisant (je dirais presque en « chargeant ») le SFL.

Upward Dog, un excellent exemple d'étirement du SFL

Les deux disciplines proposent un travail postural dans lequel on travaille en extension, j’entends par là qu’il n’y a pas de notion de traction, mais plutôt la cohabitation d’ouvertures et de fermetures dans le corps de façon équilibrée. Cette extension peut se pratiquer de façon élastique dans plusieurs directions simultanément : haut/bas, avant/arrière, droite/gauche. Tous les axes ne sont pas nécessairement le point de focus sur toutes les postures et on se retrouvera souvent avec deux axes principaux : Warrior II par exemple se focalisera surtout sur haut/bas, avant/arrière. Il en va de même en Aunkai où on retrouve cette notion de corps élastique et d’un sentiment d’extension dans toutes les directions.



Eliminer les tensions parasites

Le Yoga et l’Aunkai ont tous les deux des effets extrêmement bénéfiques quand il s’agit d’éliminer les tensions dans le corps, voire dans l’esprit, mais avec des méthodes différentes.

En Aunkai il s’agit d’un reconditionnement corporel, notamment via le travail de la posture : mettre en place une structure en alignant de manière efficace les os/articulations et en utilisant de façon optimale les chaines myofasciales pour diriger les forces dans le corps. Une structure optimale permet ainsi d’utiliser tout le corps dans le mouvement et ainsi de ne pas se reposer sur une force musculaire localisée, génératrice de tensions.

En Yoga, l’élimination des tensions passera aussi par la respiration, soit dans les Vinyasa/Asana, soit via des exercices respiratoires particuliers (Pranayama). En complément de la respiration, les Asana proposent de nombreux étirements, et notamment un certain nombre de torsions qui permettent d’étirer les chaines myofasciales et d’en libérer certaines tensions.

Encore une fois ma compréhension de ces deux disciplines reste limitée et ces quelques idées ne sont comme toujours sur ce blog qu’un ressenti personnel, maladroitement couché sur le papier.
 

lundi 1 août 2016

1er Kyu

Mon dojo à Hong Kong reste relativement jeune (4 ans) et donc évidemment pas rempli de gradés (pas rempli du tout d'ailleurs). Si nous avons selon les périodes quelques pratiquants expérimentés venus d'autres écoles, je suis heureux d'avoir maintenant un 1er kyu, purement issu de notre travail.

Hugh a débuté la pratique martiale par le Nihon Tai Jitsu sous ma direction à l'ouverture de mes cours. A plus de 50 ans il peut être délicat de démarrer un art martial, mais Hugh s'est profondément engagé dans la pratique, du Nihon Tai Jitsu d'abord, puis rapidement après de l'Aunkai et a fait des progrès rapides, au point qu'il est devenu évident qu'il me remplace lors de mes absences.

Toujours présent sur les tatamis malgré un travail qui l'occupe 7 jours par semaine, près de 360 jours par an avec des horaires que beaucoup d'entre nous ne supporteraient pas, il est aussi celui qui s'est le plus accroché, a le plus travaillé, et donc forcément le plus progressé.

Mon but premier en ouvrant un cours était d'avoir des partenaires avec qui travailler, et qui pourraient le cas échéant me mettre en difficulté et m'aider à avancer. La puissance physique naturelle d'Hugh, sa compréhension de la structure et ses progrès techniques en font maintenant un partenaire de choix pour moi, et un sempai de qualité pour le reste du groupe.

Il nous reste encore beaucoup de travail pour le Shodan, probablement deux ans, mais je suis certain que cela nous promet d'excellentes heures de partage sur les tatamis.

Pour ceux que ça intéresse, j'en profite pour partager une petite vidéo avec quelques extraits du passage de grade



vendredi 15 juillet 2016

Densité

Depuis que j’ai réorganisé ma pratique il y a quelques mois, j’ai augmenté de façon importance mon temps passé à pratiquer Aunkai et le Yoga et pu explorer un certain nombre d’idées que j’ai en tête depuis le stage de mars avec Filip.

L’un des premiers résultats intéressants de ces derniers mois est un changement de « densité ». Je mets le terme entre guillemets car je doute que la densité réelle de mon corps ait changé, en revanche la sensation au contact est différente, plus lourde, pour un gabarit identique. Cette sensation m’a d’ailleurs été confirmée par plusieurs depuis.

Je ne saurais honnêtement pas très bien comment expliquer concrètement ce changement et je vais donc lancer quelques idées en vrac, pas forcément pertinentes pour autant.


Le travail du sternum

Le Kyokutsu (kanji, sternum) tient une place importance dans l’alignement du corps. Il est directement relié au menton (quand on ramène le menton vers l’arrière, le sternum a tendance à pointer en diagonale vers le haut, encourageant le bas du dos à se cambrer), mais aussi aux coudes.

Plusieurs exercices d’Aunkai (si ce n’est tous) utilisent le travail du sternum, mais Tenchijin est peut être celui dans lequel ce travail est le plus clair, puisqu’il permet d’approcher son ouverture et sa fermeture dans l’axe horizontal ET dans l’axe vertical. Ce travail d’ouverture/fermeture est particulièrement riche à mon avis parce qu’il permet de transmettre son poids à son partenaire au contact.

Encore une fois, TCJ n’est pas le seul exercice à permettre d’approcher ce travail : Maho et Shiko pour ne citer qu’eux n’ignorent clairement pas cette partie du corps. Les armes encore une fois permettent ce travail avec une certaine contrainte de poids, permettant de sentir comment la force rentre et sort selon la position du sternum. Tsuki avec un bo en est un bon exemple mais c’est également le cas des suburi avec bokken/furibo.


Une sensation différente dans le haut du corps

Depuis quelques jours, je ressens en plus du reste une sensation différente dans le haut du corps et en particulier dans la poitrine. Comme si celle-ci était plus lourde, plus compacte. Ça n’est ni désagréable ni le contraire, c’est simplement une sensation de poids. C’est intéressant parce que sentir ce poids me permet plus facilement de le transmettre.

Comme toujours en Aunkai, il est difficile de savoir si on est dans la bonne direction, mais les changements récents sont en tout cas intéressants et lors de mon passage à Tokyo en juin Akuzawa sensei a semblé heureux de mon évolution, j’en déduis que même si la direction n’est pas parfaite, je ne suis pas complètement hors-sujet. Reste donc à creuser pour voir ou cette route mène.