samedi 16 juin 2018

Yashima, le trimestriel des Budoka

Yashima est le premier magazine spécialisé sur la culture et les arts martiaux japonais. Initié par Léo Tamaki, il a pour vocation d’apporter un contenu de qualité aux pratiquants passionnés par l’archipel et ses pratiques martiales.


 

LA GENESE D’UN PROJET

Quand Léo m’a proposé de rejoindre le projet, ses contours étaient déjà bien définis. Un magazine haut de gamme, tant dans la qualité de son contenu, que dans le papier choisi et le design, qui répond à une demande des plus passionnés d’entre nous.

Je pratique depuis maintenant deux décennies. C’est évidemment peu en comparaison de beaucoup de mes aînés, mais suffisant pour avoir eu le temps de parcourir avidement un très grand nombre d’ouvrages, magazines, blogs, forums et vidéos sur le sujet, sans compter mes très nombreux séjours dans l’archipel. A mes débuts, je me ruais régulièrement sur les derniers magazines d’arts martiaux disponibles, mais ceux-ci ne m’ont que trop rarement comblé. Trop vastes parfois, trop superficiels souvent, et s’adressant à un public sans doute plus attiré par le spectaculaire.

Le Japon est un pays à part, c’est un fait difficile à nier. C’est le cas de ses arts martiaux, de sa gastronomie, mais aussi de sa culture au sens large. Nombreux parmi nous écument les blogs et les ouvrages spécialisés à la recherche d’informations de qualité, d’entretiens avec des adeptes du plus haut niveau, des avis d’experts, ou encore des informations sur l’histoire de l’archipel en lien avec nos pratiques, et Yashima est là pour répondre à cette demande.

C’est tout simplement le magazine auquel j’aurais voulu avoir accès ces vingt dernières années, et c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai accepté de participer au projet et de prendre la charge de rédacteur en chef.






LE CONTENU


Le contenu sera donc de qualité et se concentrera sur le Japon et ses arts martiaux. Mais encore ?
Chaque numéro contiendra les rubriques suivantes :

Le grand entretien

Une interview fleuve avec une légende du monde martial

Calligraphie

Une calligraphie commentée de Pascal Krieger

Histoire des arts martiaux

La présentation d’une école ou d’une discipline martiale

Thème central
Un sujet traité par cinq ou six experts issus de différentes disciplines martiales

Personnage historique
Légendes des arts martiaux, daimyo, moines, cette section présentera les personnes qui ont compté dans l’histoire du Japon

Rencontres
Des interviews avec les plus grands adeptes de notre époque

A découvrir
Agenda culturel, nouveautés, mais aussi incontournables et œuvres cultes

Spiritualité
Religions et pratiques spirituelles de l’archipel

Santé
Interviews de praticiens et présentation de méthodes de santé

Voyage
Découverte d’une ville à travers son histoire et ses attractions  mais aussi ses liens avec le passe martial de l’archipel

Gastronomie
Interviews de grands chefs japonais installés en France ou de chefs français inspirés par le Japon

Histoire
Eclairage sur une période ou un évènement fort de l’Histoire japonaise

Lexique
Un glossaire répertoriant et expliquant tous les termes importants






Pour développer ce contenu, je suis entouré par une équipe de choc, tous passionnés du Japon et pratiquants d'arts martiaux. Photographes, journalistes, adeptes de haut niveau, blogueurs, réunis autour d'un projet commun. Alors que le premier numéro est en train d'être finalisé, je peux déjà vous dire à quel point je suis heureux que la qualité soit déjà au rendez vous et je n'ai pas de doute que vous aurez autant de plaisir que moi à feuilleter les pages de Yashima.

YASHIMA A BESOIN DE VOTRE SOUTIEN


Lancer un projet de cette ampleur demande des fonds. Si je crois très profondément que Yashima a une réelle utilité et un rôle à jouer dans le monde francophone des arts martiaux, ce projet ne pourra se pérenniser que grâce à ses lecteurs.

Vous pouvez dès aujourd’hui nous soutenir et vous pré-abonner via la plateforme de crowdfunding Ulule. Vous pouvez non seulement vous abonner dès maintenant mais aussi recevoir les magnifiques contreparties que nous vous avons préparées, qu'il s'agisse de places VIP pour la NAMT, de DVDs, ou de Tenugui et Furoshiki "Yashima" fabriqués spécialement pour l'occasion.

Ces fonds nous aideront nous seulement à pérenniser le projet et à continuer à vous fournir un magazine du plus haut niveau chaque trimestre, mais également à :
  • Produire encore plus de contenu original avec des photos exclusives
  • Augmenter le  nombre de pages de Yashima (la version « Classic » sera de 88 pages et disponible en kiosque, alors qu’une version « Exclusive » de 96 pages avec des photos originales et une couverture semi-rigide sera disponible sur abonnement)
  • Financer le site internet qui proposera un contenu complémentaire à celui du magazine

Le premier numéro sortira en kiosques fin juin, et sortira ensuite chaque trimestre, au début de l’automne, l’hiver, le printemps et l’été.

Pré-abonnez vous dès maintenant au premier magazine sur la culture et les arts martiaux de l'archipel nippon


mercredi 6 juin 2018

Premier stage Aikido/Aunkai à Hong Kong


 Le 3 juin, nous avons organisé un premier stage commun Aikido/Aunkai à Hong Kong avec le nouveau dojo Aikido Honto Ryu dirigé par Jerald Tai, 3e dan Aikikai et moi-même.



J'ai toujours regretté le manque d'ouverture de la plupart des dojo hongkongais et le refus de se confronter à d'autres pratiques, et c'es donc avec d'autant plus de plaisir que j'ai travaillé avec Jerald pour organiser cette session et réunir nos deux groupes pour échanger.

Pendant la première partie de la séance, Jerald nous a fait travailler certains mouvements de base de l'Aikido, sur katate dori, en prenant soin d'expliquer les principes de chaque mouvement, ainsi que le rôle de Uke. Sachant qu'une petite partie des pratiquants n'avaient jamais fait d'Aikido, il était très intéressant de les voir s'y essayer pour la première fois.

Dans la seconde partie, j'ai donc présenté quelque principes de base d'Aunkai, sur des mouvements statiques. N'ayant qu'une heure il me semblait cavalier de partir directement sur des exercices en mouvement ou pire des applications avant de voir un peu plus précisément la base. Comme je le dis souvent, Aunkai est un retour en profondeur sur les bases, qui nous permet de comprendre notre corps en profondeur et ainsi d'avoir un effet plus profond sur notre partenaire. Le gros avantage de la méthode étant qu'elle est indépendante des styles martiaux, et qu'il est donc possible à des pratiquants d'autre chose de s'y épanouir sans forcément rejeter leur pratique habituelle.

Le Budo est une école de vie dans laquelle s'isoler ne peut être bénéfique. C'est en allant à la rencontre des autres et en acceptant que l'on ne sait pas tout que l'on peut progresser et avancer. J'ose croire que ce premier stage, qui sera suivi d'autres, jouera un rôle bénéfique de ce point de vue.





vendredi 1 juin 2018

Aunkai à Tōkyō

Revenir à Tōkyō pour pratiquer l'Aunkai est toujours un moment que j'apprécie particulièrement, car ce sont des occasions rares de voir Akuzawa sensei et ses étudiants, de ressentir comment leur pratique a évolué et d'essayer de saisir un peu plus la complexité des principes biomécaniques utilisés en Aunkai.Aunkai est simple. Pas facile. C'est le meilleur résumé de ce que l'on ressent lorsqu'on pratique l'Aunkai. La plupart des arts martiaux se concentrent sur le fait d'ajouter: l'ajout de techniques, l'ajout de puissance, la construction vers la complexité. Au fur et à mesure que les élèves progressent, ils apprennent de nouveaux katas, de nouvelles formes, de nouvelles techniques. Aunkai prend le chemin inverse, et il est avant tout question d'enlever: enlever les tensions, enlever la force, enlever tout sauf l'essentiel. C'est simple en effet, car il suffit de faire ce qui est nécessaire. Mais ce n'est clairement pas facile car cela nécessite de re-câbler profondément notre cerveau et notre corps, de la même manière que vous changeriez le système d'exploitation de votre ordinateur ou de votre téléphone.

Pour ce séjour, j'étais accompagné par mon ami aikidōka, Christian et je suis heureux d'avoir pu lui permettre de ressentir en direct la pratique de sensei. Si je peux donner une idée du potentiel d'Aunkai, et si Rob a déjà donné plus de précisions lors de ses stages à Hong Kong, toucher directement sensei est une expérience qui marque quelqu'un, car seule une poignée d'adeptes peut montrer ce niveau de qualité corporelle.Le contenu a a été relativement intense. Séminaire avec sensei et les élèves de Rob le samedi matin, cours réguliers le soir, cours particuliers le dimanche, cours réguliers le jeudi soir, entraînement avec Rob et ses élèves le samedi matin et retour au Hombu le samedi. C'était tout simplement génial, sensei nous a montré certains éléments que nous n'avions pas vus auparavant, ou du moins pas de cette façon, et qui mettent en lumière bon nombre d'autres choses qu'il fait.  

Un accent particulier a été mis sur les atemi le premier week-end. Les coups de poings et de pieds en Bujutsu diffèrent beaucoup de ce qui est couramment pratiqué dans les sports de combat ou dans la plupart des pratiques martiales actuelles. Dans un contexte de Bujutsu, frapper consiste à transférer son poids et sa force au corps de l'adversaire. C'est très différent d'un jab qui vise à maintenir la distance, atteindre une cible éloignée, ou percuter. Le dernier samedi s'est concentré beaucoup plus sur le travail au corps à corps, avec beaucoup d'exercices avec partenaire (kuzushi ou des exercices de push out en libre).



Aller à Tōkyō est toujours une expérience formidable qui me permet de m'entraîner avec sensei, mais aussi avec ses élèves, dont certains s'entraînent sous sa direction depuis déjà de nombreuses années, deux fois par semaine, et sont donc une incroyable source d'idées nouvelles. Comme déjà mentionné, Aunkai est loin d'être facile. Akuzawa sensei a une qualité de mouvement que seule une poignée d'adeptes a, et cela va avec une conscience du corps extrêmement aiguë. En tant que simples mortels, nous en comprenons des bouts.  Mais pas toujours les mêmes en fonction de notre corps, de notre état d'esprit ou de notre parcours martial, et avoir l'opportunité d'échanger avec les élèves avancés de sensei tels que Rob, Miyakawa-san, Gernot , Murata-san est toujours pour moi une grande source d'inspiration.


mercredi 30 mai 2018

Visite du Yoseikan dōjō à Shizuoka

Etant au Japon la semaine dernière, j'en ai profité pour aller à Shizuoka et m'entraîner au mythique Gakunan dōjō (mieux connu sous le nom de Yoseikan dōjō) avec Washizu sensei. Ce dōjō, jadis le dōjō et lieu de vie du célèbre Mochizuki Minoru est pour moi l'un des lieux qui comptent dans les arts martiaux japonais. C'est l'endroit qui a vu la création de Yoseikan Aikidō et qui a conduit à la naissance de Nihon Taijutsu, du Yoseikan Budō et de l'Aikibudō. C'est l'endroit où Ueshiba Morihei, fondateur de l'Aikidō, rendait si souvent visite à son élève lorsqu'il revenait du Kansai.

Pour ceux qui s'entraînent dans un style descendant du Yoseikan, cet endroit signifie quelque chose. Vous l'avez probablement vu des centaines de fois sur des vidéos, avec sa tête de dragon sur le shomen. Être là n'est jamais neutre: on peut sentir les décennies d'entraînement, de sueur, de sang et de larmes que cet endroit a vu. C'était mon deuxième voyage là-bas, huit ans déjà après le premier, et j'ai l'impression que c'était hier.




Voir Washizu sensei est toujours un plaisir. C'est un excellent pratiquant et enseignant, bien sûr, et il est certainement une légende quand il s'agit de sutemi waza, mais surtout, il est extrêmement sympathique, accessible, et juste ... cool. Idem pour les membres de son dōjō.
Le premier soir, nous avons commencé par travailler des exercices de conditionnement à partir de la position seiza, avant de passer en tachi waza pour commencer la partie technique proprement dite. Le format diffère ici légèrement de ce qui se fait dans la plupart des dōjō où l'enseignant montre les techniques pour avant que les élèves tentent de les reproduire par paires. Ici Washizu sensei montre d'abord la technique une fois sur tout le monde, suivi par les étudiants qui répéteront cette même technique, une fois sur tout le monde, en commençant par sensei, une bonne occasion de s'adapter immédiatement à votre nouveau partenaire. Cela signifie également que vous n'avez pas la chance de faire les mêmes techniques cinquante fois, vous aurez 6-7 chances, peut-être un peu plus s'il y a du monde ce jour là.





Les techniques étudiées incluaient évidemment des sutemi waza. Je ne surprendrai personne en disant combien j'aime pratiquer ces techniques. J'ai passé des années à faire des recherches sur le sujet, avec Fred comme cobaye au tout début, et essayer de les comprendre aussi bien que possible. J'ai encore découvert de nouveaux sutemi ce soir-là, ainsi que des variations de certains que je pratiquais. De nouveaux détails sont apparus, et dans l'ensemble, c'était juste une excellente expérience.
Mardi matin, j'ai eu la chance d'avoir une séance presque privée avec Washizu sensei, Norio san et Kajiyama san. Sensei a commencé à nous expliquer comment Mochizuki sensei avait étudié les anciennes techniques des koryū, en étudiant notamment les makimono d'anciennes traditions martiales et en essayant avec ses élèves de leur donner un sens. Il nous a expliqué sa pédagogie et comment il a toujours eu à coeur de replacer les techniques dans leur contexte, ce que je crois être particulièrement important.
Nous avons ensuite commencé à travailler les kata, et plus précisément le kime no kata et le shime no kata, deux kata qui sont extrêmement similaires dans leur déroulement et qui se concentrent respectivement sur les immobilisations et les strangulations. Comme sensei m'a offert un livret qu'il a fait sur ces deux kata, il ne fait aucun doute que nous les explorerons plus en détails au dōjō prochainement. Nous sommes ensuite passés aux défenses contre tanto et bokken, un exercice plutôt périlleux car il n'en faut pas beaucoup pour qu'un adversaire armé inflige des dégâts critiques.


Ces deux séances resteront certainement dans ma mémoire pendant longtemps et je suis extrêmement reconnaissant à Washizu sensei, à ses étudiants ainsi qu'à Philippe qui m'accompagnait de Tōkyō pour le moment. C'était une occasion fantastique d'en apprendre plus sur l'ancien Yoseikan, ses waza bien sûr, mais aussi son histoire, son état d'esprit et sa culture. Washizu sensei a répondu à toutes mes questions avec le sourire, même sur les sujets les plus délicats et je lui en suis vraiment gré. 







 

samedi 26 mai 2018

Paroles d'experts - Serge Rebois

Serge Rebois est expert en Nihon Tai Jitsu et Kyusho, pratiquant avancé de Judo et praticien de Shiatsu. Chercheur infatigable il continue aujourd'hui de progresser en suivant notamment l'enseignement de Paolo Bolaffio. Il est également l'auteur de nombreux DVDs sur le Shiatsu et le Kyusho



1. As tu une routine matinale (liée ou non aux arts martiaux) ?

Oui, le matin après le petit déjeuner, je fais environ 3/4 d'heure de yoga et 15 à 20 minutes de méditation et d'exercices respiratoires. Je commence par une série de salutations au soleil version kalari, ensuite salutations à la lune, étirements et relâchements du dos. Mes séances varient en fonction de ce que m'a montré ma prof de yoga.

2. Si tu avais seulement 10 minutes pour pratiquer, que ferais-tu ? 

Je pense que je ferais soit une salutation au soleil soit une forme de chi qong assez courte mais très complète que m'a montrée un enseignant de shiatsu.

3. Quel est le meilleur investissement que tu aies fait sur toi-même? Sur d'autres? 

Dans un premier temps, faire venir mon professeur et ami Leeroy Roder en France pour des stages de kyusho, et dans un deuxième temps, ma formation en shiatsu. Elle m'a permis de comprendre qu'on n'est pas obligé d'être en opposition ou en compétition ni avec soi-même ni avec les autres comme le veut le sport la plupart du temps. Au contraire, on est dans l'entraide et l'empathie et mes débuts en yoga n'ont fait que confirmer ce ressenti.

Depuis j'ai un peu de mal avec l'idée de performance. Pourquoi vouloir absolument se mettre en rivalité avec quelqu'un ou avec son propre corps? On a acquis la certitude que dépasser ses limites était le gage d'un engagement et d'un mental d'acier en sport, le tout en fracassant notre corps, qui au bout d'un moment dit "stop". Moi je respecte mon corps, j'essaie d'être à l'écoute et d'aller là ou mon corps a envie d'aller de lui même. Ca ne veux pas forcément dire rester dans sa zone de confort mais juste écouter ce que ton corps a à dire pour y arriver. Ayez de l'empathie pour lui. Si votre corps vous demande du repos, reposez vous pour éviter de puiser dans l'énergie des reins, l'huile de la lampe qui doit brûler tout au long de votre vie.
 4. À ton avis, quelles sont les principales erreurs que font les gens lorsqu'ils pratiquent? Au contraire quels sont les éléments que tu penses être faciles pour les gens dès le début de la pratique ?

Je crois que les principales erreurs que font les gens c'est de s'attarder sur des détails qui n'ont aucune importance au détriment de choses qui sont fondamentales, et ceci est du au fait qu'ils oublient que nous n'avons pas tous le même corps, la même corpulence. Le professeur démontre la technique avec son propre corps, son propre ressenti , sa personnalité et son propre vécu.

Pour exemple, il y a quelque temps, un groupe de pratiquants s'acharnaient lors d'un kata, à positionner l'annulaire de leurs mains légèrement plié alors que le reste des doigts restaient tendus, parce qu'ils avaient vu le professeur faire ainsi. Quand celui-ci leur a demandé "mais pourquoi faits vous cela", évidement ils répondirent "c'est ainsi que vous l'avez montré". Le professeur répondit "effectivement mais c'est parce que je me suis cassé le doigt il y longtemps et qu'aujourd'hui je ne peux plus le tendre entièrement".

Il est important de reconnaître quels sont les principes qui sous tendent la technique et qui font que celle-ci marche et de pas se concentrer sur  des détails inutiles. D'un autre côté, j ai remarqué que certain professeurs  s'attardaient sur ces détails pour se donner une certaine contenance, une légitimité technique, et ceci est une grosse erreur de leur part à mon avis.


5. Est-ce qu'une situation d'échec que tu as rencontrée dans le passé t'a aidé à devenir meilleur dans ce que tu fais? As-tu un échec préféré que tu pourrais partager ? 

Difficile à dire, tous les échecs te font avancer en quelque sorte à condition d'accepter ta "part" de responsabilité et ne pas accuser quelqu'un d'autre, même si dans certain cas ce "quelqu'un d'autre" fait partie des impondérables dans les conditions d'examen par exemple (le jury,les partenaires...). Je ne sais pas trop quoi répondre, en fait ce n'est pas forcément l' "échec"qui m'a rendu  meilleurs mais les différentes rencontres que j'ai pu faire avec des gens comme mon ami Richard Folny, Leeroy Roder, Lionel Froidure ou Paolo Bolaffio

6. Quand tu atteins une période de stagnation, ou un plafond dans ta pratique, comment passes-tu ce cap ? 

Quand je sens une stagnation ou un plafond, je ne me focalise pas dessus. Par contre je sens qu'il est temps "de touiller la sauce" donc je regarde qui pourrait, par sa pratique, m'apporter un nouveau souffle dans ce que je fais. J'essaie de faire une nouvelle rencontre. C'est ce qui s'est passé dernièrement avec Sensei Bolaffio. Ensuite, et bien... je bosse

7. Quelle est la question qu'on ne te pose jamais et que tu aimerais qu'on te pose ?

Mais d'où te vient cette grâce naturelle???? non je déconne:-)

Crois-tu en l'homme?

L'humanité me déçoit, l'homme me surprend. Je ne crois pas en la foule, la masse, "les gens", au macrocosme humain qui détruit cette planète par avidité, stupidité, lâcheté alors qu'elle pourrait être un paradis. Par contre je crois en l'individu, celui qui réfléchit, qui pense au delà des poncifs que t'impose cette société, qui ne croit pas que l'argent est au centre de tout, celui qui fait sa part, comme le colibri, celui qui pense changer le monde en plantant un arbre. En fait, en tous les gens de bonne volonté qui essaient de rendre cette "masse" plus intelligente et réfléchie

lundi 23 avril 2018

Que peuvent nous apprendre les maitres du passé?

Cet article a été publié dans Dragon Spécial Aikido en janvier 2018.


L’apprentissage d’un art martial traditionnel venu d’extrême orient n’est pas anodin. Il nous place dès le départ dans une lignée, une tradition dont nous ne sommes finalement qu’un rouage. Dans le cadre de cette transmission il est fréquent de se référer à deux types de personnes : notre professeur ou nos référents techniques, et les maitres du passé. S’il semble évident de se référer à nos référents techniques, contemporains qui nous transmettent leur savoir, on peut en revanche se demander ce que peuvent nous apporter des maitres décédés depuis plusieurs années quand ce ne sont pas plusieurs siècles.

Je disais que le choix d’un art extrême oriental n’est pas anodin car il est souvent lié à une certaine image que l’on a du Japon, de la Chine, ou du pays d’origine quel qu’il soit. La légende du Samurai vertueux, prêt à jeter son sabre à terre après avoir désarmé son ennemi sur le champ de bataille pour continuer le combat à armes égales a la peau dure, comme l’ont d’autres images d’Epinal. Pour le pratiquant d’Aikido, la référence la plus universelle sera évidemment le fondateur, Morihei Ueshiba, auquel s’ajouteront les référents plus proches à l’ origine de la lignée choisie. Chaque école a ses fondateurs et piliers auquel il est de bon ton de se référer. Les Judoka s’intéressant à la tradition parleront de Jigoro Kano et Kyuzo Mifune avec émotion, les Karateka Shotokan de Gichin Funakoshi et probablement de Taiji Kase s’ils sont en France. De manière plus générale les pratiquants de Budo se réfèreront assez facilement à des adeptes d’exception comme Miyamoto Musashi ou Munenori Yagyu dont les ouvrages sont parvenus jusqu’à nous.

Jigoro Kano and Kyuzo Mifune



Pourquoi se référer aux adeptes du passé ?
 

Ayant des enseignants vivants et capables de nous enseigner, on peut se demander quel est l’intérêt de se référer à des adeptes ayant vécu il y a des décennies et dont nous ne pourrons malheureusement jamais sentir la technique. C’est pourtant logique dans le cadre qui nous intéresse, celui d’une tradition martiale, puisque nous cherchons à marcher dans les pas de ceux qui nous ont précédés et qu’il semble donc utile, à défaut d’être nécessaire, de comprendre ce que furent leurs pratiques. Avec les limitations que l’on connait parfois.

 Loin de moi l’envie de tirer sur l’ambulance, mais la référence à O’Sensei par exemple peut facilement prêter à sourire quand elle justifie des choix de pratique aussi divers qu’opposés. Il est évident que la pratique du fondateur a évolué avec le temps et que ces différentes pratiques peuvent légitimement s’y référer malgré leurs grandes différences, de même que l’on peut facilement accepter le fait qu’il est difficile de justifier sa pratique en la faisant reposer essentiellement sur le ressenti d’une personne que nous n’avons pas connue.

Morihei Ueshiba and Minoru Mochizuki


Les arts asiatiques ne sont d’ailleurs pas les seuls dans ce cas. Les Arts Martiaux Historiques Européens (AMHE) s’ils ne se réfèrent pas forcément a des individus mais plutôt à des Codex font face à un problème similaire puisqu’il s’agit avant tout d’interpréter les sources disponibles tout en acceptant qu’une interprétation n’est qu’une interprétation et que sans machine à voyager dans le temps il sera impossible d’obtenir une confirmation que notre compréhension est la bonne. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille ignorer les écrits et paroles qui sont parvenues jusqu’à nous, bien au contraire.


Les maitres du passé : entre légende et inspiration 

De nombreuses informations parviennent jusqu’à nous et si elles sont évidemment partielles, elles contiennent aussi de grandes sources d’inspiration pour peu que l’on puisse séparer la légende de la réalité. La légende a évidemment son intérêt, et je ne crois pas trop m’avancer en disant que beaucoup d’entre nous ont commencé les arts martiaux grâce à ses légendes. Qui n’a pas eu l’espoir secret de voir les trajectoires des balles comme O’Sensei ou de battre des taureaux à mains nues comme Mas Oyama ? Au-delà de la réalité parfois améliorée des faits, chercher à comprendre ce que fut la pratique d’un homme, sa façon de s’entrainer ou d’enseigner, peut être aussi sa façon d’être au quotidien sont autant de clés de compréhension pour nous, modestes pratiquants sur la voie.

Mas Oyama


Des ouvrages de qualité existent d’ailleurs qui nous permettent d’avoir une idée plus juste de ce qu’était la pratique des anciens. L’excellent ouvrage « Aikido : Les maitres d’avant-guerre » de feu Stanley Pranin est de ceux-là, et c’est personnellement un ouvrage que j’ai plaisir à lire et relire car il livre des informations croisées sur ce qu’étaient les premiers pas de l’Aikido, à travers des interviews des grands pratiquants de l’époque. Plus récemment, le blog Aikido Sangenkai de Christopher Li est également devenu une source au contenu considérable qui permet de se faire une meilleure idée de ce qu’était l’Aikido des débuts et de l’évolution qu’il a subie au fil des années. Comprendre ce qu’était ce point de départ, le point où nous sommes aujourd’hui et le chemin qui les relie est je pense extrêmement positif pour comprendre la richesse de notre pratique, quelle qu’elle soit.

Les pratiquants s’intéressant au principe Aiki et aux origines du Daito Ryu auront surement aussi regardé du côté des ouvrages de Tatsuo Kimura sur Sagawa sensei, contemporain d’O’Sensei réputé pour sa maitrise de l’Aiki et bien connu des pratiquants d’Aunkai puisqu’il fut l’un des enseignants d’Akuzawa sensei. En tant que pratiquant d’Aunkai, je reconnais que ces ouvrages ne sont jamais bien loin de ma table de chevet et que je me réfère aux citations du maitre régulièrement. Si celles-ci avaient peu de sens à ma première lecture, elles en gagnent au fur et à mesure que j’avance dans ma pratique et que ma compréhension s’affine. Encore une fois quand on parle des maitres du passé et en l’absence de contact direct tout est affaire d’interprétation. Rien ne nous empêche en revanche, au contraire même, d’aller à la rencontre de personnes ayant côtoyé ces maitres pour obtenir des informations de première main quand cela est possible.

Si la légende tient de la mystification (ou du marketing), l’inspiration en revanche est beaucoup plus positive. Les retours de pratiquants ayant côtoyé O’Sensei sont par exemple unanimes et laissent percevoir une pratique d’un niveau exceptionnel. Les personnes ayant reçu sa technique se font bien sûr de plus en plus rares mais les pratiquants qui auront été considérés comme contemporains par les plus avancés d’entre nous deviennent à leur tour des « maitres du passé » pour les nouvelles générations arrivées trop tard pour les rencontrer.

Yukiyoshi Sagawa
 
 

Les maitres du passé : des précurseurs qui nous ouvrent la voie

Les images et propos de ces maitres sont une invitation à explorer la pratique avec la plus grande conviction, pas à faire un travail d’archéologue pour comprendre comment reproduire à l’identique ce qui fut la pratique d’un homme à un instant T. Une chose que les plus grands adeptes nous ont apprise est que leur pratique a sans cesse évolué. Quand je regarde ceux à l’origine des arts que je pratique, Mochizuki sensei (Yoseikan Aikido) et Sagawa sensei (Daito Ryu Aikijujutsu), je vois des hommes qui n’ont eu de cesse de chercher, d’approfondir, de modifier l’enseignement qu’ils ont reçu, et qui auraient continué à le faire si le temps n’avait pas eu raison d’eux. C’est ce refus d’une pratique figée qui leur fait traverser les décennies pour arriver jusqu’à nous. Si Morihei Ueshiba avait simplement enseigné le Daito Ryu tel qu’il l’avait reçu de Sokaku Takeda, parlerait-on de lui aujourd’hui ?

Forts de ce constat, nous devons nous appuyer sur l’exemple de ces maitres, leur volonté d’aller plus loin, pour nous même chercher à les dépasser et non juste à les copier, et peut-être un jour devenir nous-mêmes des « maitres du passé ».



vendredi 13 avril 2018

Paroles d'experts - Lionel Froidure

Lionel Froidure est le fondateur d'Imagin'Arts et d'En Terre Martiale. Né dans une famille de Karateka, Lionel est tombé dans le chaudron quand il était petit et il partage aujourd'hui sa passion à travers ses cours mais aussi ses nombreux DVDs et documentaires, ainsi que ses articles que vous pouvez retrouver sur le blog d'Imagin'Arts. 6e dan de Karate et 4e d'Arnis Doblete Rapilon, Lionel est un pratiquant acharné et travailleur dont la qualité du travail n'a d'égale que sa gentillesse et son ouverture d'esprit. 

J'ai eu la chance en 2013 de rencontrer Lionel lors d'un stage à Paris avec Washizu sensei et de passer une bonne partie de la soirée à discuter avec lui et cela reste pour moi une de mes plus belles rencontres. Je ne peux que vous inviter à rencontrer Lionel si vous en avez l'occasion et à défaut à suivre son travail.




1. As tu une routine matinale (liée ou non aux arts martiaux) ?

Tous les matins, je me lève plutôt tard la plupart du temps, mais je me couche tard. Cela peut expliquer. Debout à 8h et tous les matins je m’occupe de mon fils. Le soir je suis en cours, donc je profite de toutes les matinées pour être avec lui, lui donner une bonne énergie pour qu’il commence bien sa journée. Ces moments avec lui, me rappellent les choses importantes : la famille. Sans ma famille qui me soutient dans tout ce que je fais, je ne pense pas que je pourrais le faire. Pour l’instant il est trop petit pour comprendre que papa n’est pas là comme les autres papas, mais j’espère qu’il le comprendra, l’acceptera et pourquoi pas, partagera la même passion que moi du tatami.

Après l’avoir déposé, mon autre routine, avant de commencer à travailler, je prends 10 minutes pour me faire un réveil articulaire et musculaire. Relâchement, décontraction, auto-massage. Tout pour mettre le corps en route et en même temps cela me permet de faire le point sur la journée qui commence : Point urgent et important, point urgent mais pas important, point pas urgent mais important et bien sur les pas importants et pas urgents. Cela me permet de mieux gérer mon temps et d’être plus efficace.  Ce n’est qu’ensuite, que j’ouvre mon ordinateur, me connecte aux réseaux, regarde mes emails et commence mes montages (pas forcément dans cet ordre 😃)

2. Si tu avais seulement 10 minutes pour pratiquer, que ferais-tu ?

Si j’avais, en fait des fois je n’ai pas 10 minutes mais le peu que j’ai ces jours là, je fais de la visualisation ou je relis mes notes.

3. Quel est le meilleur investissement que tu aies fait sur toi-même? Sur d'autres?

Se nourrir sans attendre d’être nourri. Je pense que c’est une façon peu orthodoxe de pratiquer pour la plupart des pratiquants mais pour beaucoup de mes amis et frères d’armes, c’est la seule manière de réellement investir à très long terme dans sa pratique. Ne pas attendre d’être digne de recevoir tel enseignement, ne pas attendre que l’on donne une réponse à la question que tu ne peux pas poser, ne pas rester en arrière et attendre que l’on te dise, mais viens donc devant petit, tu verras mieux. Je vais de l’avant, je glane les informations, je pose mes questions à tous ceux qui veulent bien me répondre, peu importe l’art martial. Le but étant de trouver d’abord ce qui nous manque dans notre pratique puis d’aller le chercher auprès de ceux qui connaissent la réponse. Une fois la réponse acquise, savoir s’entraîner seul avec comme objectif d’implémenter ce nouveau savoir.

Sur d’autres : J’ai formé un certain nombres d’élèves et la vie à fait qu’ils sont partis dans une autre région. On le sait très bien, les élèves ne nous appartiennent pas. Il est donc important à mon sens de leur donner les outils pour qu’ils puissent un jour continuer leur chemin, leur apprendre à s’entraîner seul, à comprendre analyser décortiquer tout ce qu’il les entoure. Ce qui en fera peut-être des pratiquants libres qui pourront s’intégrer partout et se nourrir dans les cours, les stages et trouver ce dont ils ont besoin. Le pire, pour un avancé, est je pense, de toujours attendre que l’enseignant vous donne les informations que vous avez besoin. Vous devez aller au devant, ne pas attendre.


Lionel au Yoseikan Dojo à Shizuoka, Japon, lors d'un documentaire En Terre Martiale

4. À ton avis, quelles sont les principales erreurs que font les gens lorsqu'ils pratiquent? Au contraire quels sont les éléments que tu penses être faciles pour les gens dès le début de la pratique ?

Ils veulent aller plus vite que la musique. Nous vivons dans un monde où l’on doit arriver à tout faire dans l’instant sinon on passe à autre chose. C’est bien malheureux, car on oublie la nécessité de prendre du temps pour y arriver. Demandez à un forgeron de vous faire une lame dans l’heure, vous verrez ce qu’il vous dira. Du temps, du temps. Il me faut plus de temps pour faire une lame de qualité. Sinon tu peux aller au supermarché et en acheter une.

Mais le temps ne fait pas tout, il faut qu’il soit associé à un dur labeur et une introspection personnelle sur son évolution et sa compréhension. Il faut du temps et beaucoup d’entraînement pour pouvoir avancer. Seul ceux qui s’entraînent beaucoup et constamment réussissent à progresser. Et plus on avance, plus on rentre dans de la motricité fine et plus cela prend du temps. Comme quand on passe de la forge au polissage. Les premières années de pratique nous forgeons, les années suivantes on s’affute, on polit, on enlève le superflu en ne gardant que l’essentiel.

Une chose facile quand on débute est d’aller s’entraîner. Régulièrement n’est plus très simple de nos jours mais avec de la volonté, et une bonne gestion de son planning c’est réalisable. Ensuite rien n’est simple pour un débutant, il arrive dans un monde dont il ignore tout : techniques, culture, étiquette, vocabulaire… Il doit tout apprendre. Pour cela il peut faire une chose encore très simple : écrire ce qu’il a retenu des cours dans un carnet et le relire avant chaque cours.

Dernier point et je dirai qu’il est crucial : laisser son ego, son histoire, ses croyances sur l'art au vestiaire. Nul ne peut remplir un verre si celui-ci est déjà plein.

5. Est-ce qu'une situation d'échec que tu as rencontrée dans le passé t'a aidé à devenir meilleur dans ce que tu fais? As-tu un échec préféré que tu pourrais partager ?

Je pars du principe qu’un échec, quel qu’il soit, permet de s’améliorer. Gagner, réussir ne nous remet jamais en cause, pour sûr, on a réussi. La gestion de l’échec est primordiale dans ma façon d’aborder les choses. Je suis un insatisfait né. Je n’aime pas me regarder réaliser des techniques, pourtant je les partage sur internet. Même si j’adore partager ma passion avec d’autres enthousiastes, et internet est un superbe outil, cela me permet surtout de figer un instant et de revenir dessus, de le décortiquer pour pouvoir faire mieux la fois suivante.

Un échec cuisant fut quand j’ai loupé par deux fois ma ceinture noire, le premier dan. Je n’étais pas prêt car je ne m’entraînais pas à faire des katas, kihon… Je m’entraînais au combat car j’étais en équipe de France. Au Shodan, j’ai échoué. Je pensais que ce n’était pas de ma faute. Je l’ai donc repassé sans changer mes entraînements. Résultat identique. Même si j’étais un combatant aguerri, je n’étais pas assez technique. Depuis ce jour, je n’ai jamais échoué à mes passages de grade, j’étais prêt car j’avais fait bien plus en amont que ce que l’on pouvait me demander. J’ai appris de mon échec, j’en retiens toujours la leçon et j’essaye de la transmettre à mes élèves. Comme tu le sais, certain échecs doivent être vécus pour qu’ils puissent nous faire grandir.

6. Quand tu atteins une période de stagnation, ou un plafond dans ta pratique, comment passes-tu ce cap ?

Elle est assez marrante ta question 🙂 Je m’entraîne tout simplement. On pense souvent qu’il faut trouver la technique, le moyen pédagogique pour parvenir à passer ces caps. En pensant ainsi on oublie une chose : le temps. Chaque chose que l’on crée prend du temps, certaines plus que d’autres. Le temps vient à bout de tout mais pour cela il faut persévérer.

Si j’ai conscience d’un point faible et que je connais un sensei qui pourra me le transmettre, je vais le suivre sans cesse et chercher dans son travail ce qu’il me manque, de trouver les points clés et principes qui me permettront dans le futurs d’y arriver. Le plus complexe, c’est quand on a le savoir mais pas le savoir faire. C’est frustrant. Il faut donc relever les manche et aller s’entraîner et parler de ce problème avec des frères d'armes. Des fois, les stagnations ne sont pas physiques mais mentales.



Lionel est également pratiquant d'Arnis Kali

7. Quelle est la question qu'on ne te pose jamais et que tu aimerais qu'on te pose ?

Quel futur pour Lionel ?

Je n’ai que peu de vision, de futur planifié, martialement parlant. Beaucoup se projettent et font des plans sur la comète en pensant à demain. Si j’avais fait ça il y a 10 ans, jamais je ne me serais vu là où je suis aujourd’hui. La vie est pour cela magique, elle nous surprend toujours. Il faut s’adapter et suivre le flow. Je pense plutôt à aujourd’hui, à demain, aux projets que j’aimerais réaliser dans un futur proche mais je ne pense pas à comment je serai dans le futur. J’aimerais juste que sur mon lit de mort je me dise que j’ai eu une belle vie, que j’ai aimé, que l’on m’a aimé, et que j’ai été un homme passionné, comme disait Paulo Coelho : un guerrier de la lumière. Des choses simples pour un homme qui veut vivre une vie remplie de simplicité. Comme dans les arts martiaux, toute la complexité réside dans sa simplicité. 

8. Quels conseils donnerais-tu à une version plus jeune de toi-même ?

Je pense que lui donnerais plusieurs conseils, en voici quelques uns qui me viennent à l’esprit.
1. Continue à bien prendre soin des tiens et de ceux qui comptent pour toi, car sans eux, aucun chemin que tu parcourras ne te comblera
2. Ecoute tes ainés
3. Remets toujours en question les paroles de tes ainés, compare, teste et garde que ce qui marche pour toi (mais ne bois pas les paroles comme de l’eau bénite)
4. Avance sans te soucier des autres car on est toujours le con de quelqu’un
5. Fais confiance à ton instinct plus qu’au jugement des autres
6. Ne lâche rien, soit persistant mais pas têtu
7. Crois en tes rêves et fais tout ce qu’il faut pour y arriver sans pour autant délaisser ceux qui sont à côté de toi.